Penser n’est pas aisé

Penser, réfléchir est peut-être devenu aujourd’hui plus difficile qu’hier. L’accès aisé et quasi-instantané aux données, aux data, fait croire que cet accès constitue ipso-facto un savoir, alors qu’il n’en est rien. Cette facilité et cette idée répandue qu’il suffit de savoir se déplacer sur la Toile pour accéder au savoir, nous rend plus difficile le temps de l’effort intellectuel. Précédemment, l’effort cognitif consistait non seulement à réfléchir, mais aussi à collecter les informations, les savoirs, les data, et à les mémoriser. La mémorisation est un acte nécessaire à la réflexion par les analogies qu’elle pourra produire entre les « choses » mémorisées. L’effort de collecte est moins intense que celui de la réflexion propre, mais il lui permet de respirer, de prendre son temps, son rythme. Aujourd’hui, la réduction du temps de collecte et de mémorisation intensifie le temps de la réflexivité. Cette exigence se révèle sans doute excessive pour nos intelligences réflexives, et nous avons tendance à regimber à nous y consacrer. Par ce côté, l’internet, en affaiblissant nos capacités de mémorisation, peut diminuer celles de réflexion et partant d’apprentissage.

Pensée du mois d’août 2016, Olivier Frérot

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