La revanche des communs

(YES! MAGAZINE GRAPHIC, 2007)

Et si, en dix ans, les communs, s’appuyant sur les dernières technologies digitales, mais aussi investis par une conscience mieux partagée de la justice sociale et de l’écologie politique, avaient gagné la bataille contre les anti-communs. En renvoyant les bureaucraties au siècle passé, peuvent-ils conduire aussi à supprimer la plupart des intermédiaires et des bullshit jobs?, Peuvent-ils même à terme réduire le pouvoir des Etats à n’être plus qu’un “Etat-partenaire” des communs ? Le pouvoir se redistribuerait alors entre des coalitions, des coopératives et des communes de toutes formes, communautés de personnes multiformes qui s’associent pour faire avancer les communs.

L’histoire prospective ci-après ne se veut pas très éloignée dans le temps, on pourrait même l’imaginer se dérouler dans dix ans seulement. Il suffit de considérer la rapidité avec laquelle notre économie et nos sociétés se transforment au rythme des innovations digitales. Celles qui sont citées ici sont toutes inspirées d’application qui existent dès à présent, comme le crowdsourcing à l’instar de InnoCentive, les plateformes de micro-jobbing comme Taskrabbit, les crypto-monnaies comme le Faircoin et des systèmes de contrats décentralisés comme Ethereum. Cette prospective est aussi inspirée de diverses lectures sur les communs de Pierre Dardot et Christian Laval et plus récemment de Benjamin Coriat et notamment du chapitre de Michel Bauwens, sur la troisième révolution industrielle de Jeremy Rifkin mais plus encore sur l’économie circulaire vue par la fondation Ellen MacArthur d’où est tirée notamment la prospective technologique présentée ci-après.

2025, des communs en chantier

Chaque jour des chantiers sont lancés, certains pour la journée, d’autres pour des projet d’un mois ou d’un an voire certains plus, d’autres encore sont des tâches récurrentes qui se modifient peu mais quand même régulièrement. Pour chaque chantier, celui, celle ou ceux qui le proposent estiment un nombre de jour total de travail, intégrant aussi le temps nécessaire lorsqu’il faut se procurer des matières premières ou autre. Un vote doit avoir lieu et il faut réunir un minimum de voix pour déclarer le chantier recevable pour le marché du travail.

Une fois voté, le, la ou les responsables du chantier précisent les tâches à faire et les compétences attendues et mettent en ligne leur annonce. Généralement pour des chantiers de plus d’un mois, cela se fait en plusieurs temps : une première phase de prédéfinition qui réunit un petit groupe et qui travaille plusieurs jours pour réfléchir à l’organisation d’une phase suivante qui sera à nouveau soumise au vote sous forme de chantier. Cette nouvelle phase pourra elle-même être préparatoire à un chantier plus important. Mieux vaut prendre le temps de bien préparer. Les chantiers qui ne se déroulent pas du tout comme prévu doivent être soumis au vote, et si l’erreur était manifeste, il est beaucoup plus difficile d’obtenir la confiance d’un nombre suffisant d’électeurs.

Un chantier élu signifie qu’une quantité de travail est mise sur le marché, c’est-à-dire que tous ceux qui y contribueront pourront être rémunérés en jobcoins à la hauteur des “salaires” prévus et du temps passé sur ce chantier. Les jobcoins sont d’une certaine manière “créés” dès qu’une communauté a jugé que le travail associé au chantier méritait la rémunération de la collectivité.

La valeur du travail naît de l’intérêt commun

Une fois l’annonce du chantier publiée, des offres de travail sont affichées auxquelles tout le monde peut postuler. La procédure est rapide: le descriptif est facile à lire, un clic pour postuler et automatiquement le CV crypté du postulant est mis en rapport avec la fiche du chantier. La communauté qui a développé ce système d’appariement a jugé qu’il était prioritaire de lutter contre toute discrimination à l’embauche et qu’il fallait donner sa chance à chacun de prendre des postes différents sur un chantier. Ainsi quand plusieurs postulent en même temps avec un CV appariable à la tâche attendue, l’algorithme affecte les personnes au hasard. D’autres applications d’appariement laissant plus de choix aux responsables de chantier avaient été développées, mais elles ont été finalement abandonnées car beaucoup ont jugé que les dérives arbitraires étaient trop fréquentes.

Le système d’appariement automatique facilite aussi la recherche de travail. Une première liste apparaît avec les emplois appariables en fonction d’une liste de critères et de préférences (proximité, contraintes horaires, type de travail…) que chaque postulant peut modifier à sa guise. Une deuxième liste d’emplois non appariables est aussi accessible où à chaque fois sont précisées les raisons d’un non-appariement, c’est-à-dire ce qui ne convient pas dans le CV crypté pour pouvoir postuler à cette tâche.

Se former et travailler, des chantiers communs

La construction d’un CV se fait par de multiples interactions. Il est constitué d’innombrables compétences de savoir, de savoir faire, de savoir être. Ces compétences peuvent être acquises à différents degrés, à la fin d’un chantier, sachant qu’un chantier peut être une année de formation, un cours en ligne, et toute autre forme de travail. Chaque chantier prévoit une méthode d’évaluation. Certaines sont très simples et adoptée quasiment automatiquement. D’autres font l’objet de délibération et doivent être approuvées, de la même manière qu’un chantier, par un nombre de votes minimal. Des évaluations peuvent ainsi associer l’ensemble des participants du chantier ainsi que des personnes qui en sont bénéficiaires. Il est rare, même pour un cours donné par un professeur que la notation d’une compétence soit octroyée par une personne seule. La procédure d’évaluation peut aussi conduire à abaisser la note sur une compétence donnée si le travail fourni par l’un ou l’autre n’a pas donné satisfaction.

Un postulant qui constate qu’il y a non appariement sur un chantier qu’il aurait souhaité faire peut postuler à un autre qui lui permettra de gagner en compétence. Il peut même être à l’origine d’un chantier pour acquérir des compétences par exemple en faisant simplement appel à un professeur particulier. Là encore plusieurs communautés de développeurs ont affronté différents modèles d’application pour valider l’acquisition de compétences.

Les typologies de compétences nécessaires sur le marché du travail évoluent vite. Certaines mal définies sont rapidement abandonnées et remplacées par d’autres qui nécessitent à tous ceux qui veulent postuler de disposer des nouvelles compétences. Grâce à des MOOC, formations en ligne, le renouvellement peut aussi se faire très vite, mais les nouvelles compétences s’acquièrent aussi à travers des chantiers adhoc.

Ce système de recrutement s’est peu à peu généralisé et est employé aussi bien pour une aide à domicile que pour un chantier de construction de voiture autonome ou la réhabilitation d’un bâtiment.

La robotisation au service de l’économie des ressources et de la protection des communs environnementaux

Dans le même temps, différentes formes de robots et de systèmes automatiques ont rapidement pris place dans le quotidien. Les innovations se sont accélérées avec l’émergence de chantiers collaboratifs rassemblant des centaines, voire des milliers de développeurs autour d’un projet d’innovation robotique pour répondre à un enjeu nouveau identifié/voté par une communauté. Les résultats sont devenus le plus souvent publics, en opensource, une condition pour obtenir un nombre de voix suffisamment important pour le lancement d’un chantier d’innovation complexe. Et régulièrement en fonction des besoins, toujours lorsque ceux-ci rencontrent le vote d’une communauté, des chantiers de construction d’un nouvel équipement se lancent en profitant des innovations disponibles en opensource.

De nombreux chantiers conduisent à de véritables communs : ils ont obtenu suffisamment de voix pour ne pas avoir besoin de faire l’objet d’une prestation commercialisée. La voiture autonome est ainsi rapidement devenue un service quasi “gratuit”. Cependant elle reste un service à payer en taxcoins, la taxe sur la pollution ajoutée.

Cette taxe s’est généralisée progressivement à toutes les pollutions et toutes les consommations de ressources non renouvelables. A chaque service, est associé un passeport environnemental qui intègre sur l’ensemble de son cycle de vie toutes les informations liées à des émissions de polluants ou à la consommation de ressources non renouvelables, de matière, d’eau mais aussi de sols.

La quantité de taxcoins par type de pollution est fixée régulièrement pour faire baisser les pollutions en fonction des objectifs fixés soit dans le cadre d’engagements internationaux lorsqu’il s’agit de pollutions mondiales comme les gaz à effet de serre, soit au niveau d’une communauté territoriale limitée lorsqu’il s’agit d’une pollution localisée.

Les taxcoins sont devenus aussi des taxes sur le patrimoine physique privé : en considérant qu’un bâtiment ou un équipement privé constituait une mobilisation de ressources, celles-ci devaient faire l’objet d’une taxcoin, remplaçant alors progressivement toutes les autres formes de taxation du capital.

Monnaies communes pour monde commun de plein emploi

Les jobcoins sont convertibles pour payer les taxcoins. Ils sont aussi convertibles dans les monnaies résiduelles utilisées pour une encore grande part des services qui ne sont pas considérés comme communs. Initialement il y avait plusieurs jobcoins territoriaux. Leur niveau, ainsi que le nombre de jobcoins qui peuvent être votés, est fixé pour viser le plein emploi sur un territoire donné. Et chaque habitant du territoire reçoit régulièrement un nombre de votes correspondant une part du total de jobcoins qui peuvent être votés pour chaque période.

La disparition progressive des frontières associée à des migrations de plus en plus importantes liées aux catastrophes climatiques dans de nombreux endroits, ont conduit à la fusion des jobcoins, dont la valeur est fixée pour favoriser un plein emploi global. C’est principalement vis-à-vis des taxcoins que cette valeur a pris de l’importance dans la mesure où presque plus rien ne peut être acheté dans d’autres monnaies alors que les contraintes environnementales ont renchéri de nombreux services.

Ainsi les technologies d’avion propre n’étant pas encore matures en 2025, le coût d’un vol sur un avion volant au traditionnel kérosène s’est envolé avec le coût des émissions de CO2, restreignant énormément le nombre de vols, compensés toutefois par une mobilité terrestre devenue moins chère et aussi par l’amélioration des outils de téléconférence et des applications de visites virtuelles. La plupart des touristes internationaux trouvent aussi finalement des activités locales diversifiées qui leur permettent d’obtenir des jobcoins pour prolonger leurs voyages plusieurs mois.

Des biens aux services, des services aux communs

L’achat d’un service, que ce soit l’achat de pain, l’appui d’une aide à domicile, l’accès à un service de mobilité automatique ou encore la location d’un logement fait l’objet d’un paiement qui doit couvrir le coût en taxcoins et en monnaie résiduelle.

Néanmoins, de plus en plus de services ne coûtent plus rien en dehors de la taxe sur la pollution ajoutée. Ainsi à certains endroits, le pain ne coûte que quelques taxcoins. En effet, les activités de paysans-boulanger ont fait de nombreux émules et beaucoup se pressent pour les exercer de temps en temps soit dans les champs soit au fournil. Dans le même temps, les chantiers de travail au champ et de boulangerie reçoivent suffisamment de votes couvrant le temps de travail octroyé. Chacun peut alors consommer du pain devenu commun, sous réserve de payer les taxcoins correspondant aux résidus de pollutions associées.

Le calcul des taux de change et du nombre de voix qui peuvent être octroyées sont devenues automatiques par un algorithme dédié. Des communautés de développeurs régulièrement lancent un chantier pour proposer des algorithmes de régulations alternatifs. Lorsque ceux-ci modifient en profondeur les règles de fonctionnement collectives, un vote général est alors organisé.

Le contrôle par les communautés

Des chantiers sont ouverts régulièrement pour mener une enquête sur la bonne application des règles, la lutte contre le travail illégal ou des pollutions cachées. L’analyse des blockchains, la technologie au cœur du système que ce soit des jobcoins ou des taxcoins, permet d’identifier des fraudes sans cependant accéder aux données individuelles. De nombreuses applications automatiques ont été développées dans ce cadre mais des missions d’enquêtes réalisées physiquement restent régulièrement nécessaires et sont votées par différentes communautés.

La police et la justice ont vu aussi l’essentiel de leur activité progressivement disparaître faute d’utilité démontrée. Les communautés assurent beaucoup plus de prévention et quand il y a délit ou crime, elles peuvent juger par elles-mêmes des mesures de réparation. Généralement, il existe toujours sur le marché du travail des tâches qui ne sont jamais choisies. La punition en général consiste à imposer à ceux qui ont été punis un certain nombre de jours dans certaines tâches.

De la centralisation aux communs en réseaux

De nombreuses infrastructures centralisées disparaissent progressivement. Elles n’avaient plus de sens économique et plus personne ne voulait payer pour elles. C’est le système électrique centralisé qui connaît la régression la plus rapide. Lorsque les manuels opensource de fabrications de photovoltaïque ou de batterie à base de graphène ou encore de microéolien et de microhydraulique ont permis à des fablabs de s’en emparer, très rapidement des chantiers ont généralisé leur utilisation. Les véhicules autonomes bénéficiant de ces technologies et d’algorithme de mobilité opensource ont aussi pu rapidement conquérir le marché, devenant des systèmes de transports collectifs dès lors que l’infrastructure ne supposait pas une lourde bureaucratie de maintenance.

Bien sûr, tous les réseaux ne disparaissent pas mais certains comme les infrastructures ferroviaires très lourdes sont plus difficile à prendre en main par des communautés qui par contre se sont plus facilement organisées pour le maintien d’infrastructures routières, en utilisant de plus en plus des ressources recyclées faisant encore gagner en compétitivité des mobilités propres sur route. De même, les réseaux d’énergie et de communication décentralisés ont rapidement pu être maintenus par des petites communautés. Les algorithme et les multiples solutions de stockage ont rendu les réseaux à haute tension inutiles.

Economie circulaire au service de communs

Quant aux réseaux d’eau et d’assainissement, ils ont connu de profonds bouleversements. Le coût environnemental très élevé du tout à l’égout a conduit à faire émerger des solutions alternatives pour favoriser un retour à la terre plus immédiat des excréments ainsi que des déchets alimentaires, en lien avec une agriculture de proximité qui a été largement plébiscité par toutes les communautés désireuses de retrouver une alimentation plus saine. L’automatisation n’a cependant pas été rejetée dans l’agriculture car elle a permis aussi dans les champs de réduire des tâches pénibles et surtout de réduire sensiblement des coûts environnementaux qui sinon auraient conduit à des taxcoins exhorbitantes sur l’alimentation.

La construction de bâtiment a aussi été de plus en plus gérée dans une logique communautaire, que ce soit des immeubles en habitat et activités partagées mais aussi un habitat individuel qui a su se fondre dans la nature. Les technologies de fabrication 3D de parties de bâtiment ont favorisé des réductions de coûts en temps passés sur les chantiers. Des logements individuels totalement intégrés à l’environnement naturel et ne consommant que très peu de ressources fossiles ont pu aussi émerger et ont commencé à remplacer les lotissements pavillonnaires devenus coûteux en taxcoins.

Un équilibre de l’habitat entre les villes denses et les périphéries éclatées s’est maintenu en raison d’un côté d’une meilleure qualité de vie en ville et d’un plus grand choix d’activités au quotidien, notamment dans des fablabs d’innovation qui nécessitent des rencontres physiques, de l’autre par la possibilité d’une mobilité peu coûteuse et l’accès malgré tout à des activités diversifiées dont beaucoup par du télétravail.

Comptabilité commune

Sauf exception, les chantiers totalement immatériels n’existent pas. La planification d’un chantier doit donc tenir compte de toutes les consommations intermédiaires nécessaires à sa réalisation, comptabilisées en partie en jobcoins, en taxcoins et aussi en monnaies résiduelles nécessaires en particulier pour l’achat d’intrants de production qui n’ont pas encore été “commonisés”. Seule la part en jobcoins peut faire l’objet du vote. Le reste devra être payé. Le coût en taxcoins ou en monnaies résiduelles peut cependant être couvert à travers du crowdfunding spécifique lorsqu’une communauté souhaite que la gratuité soit totale pour un bien réellement public.

La comptabilité de chaque chantier est accessible à tous par la combinaison des blockchains dont une partie des informations individuelles restent cryptées. On peut ainsi connaître quels ont été les intrants et leurs coûts en jobcoins, en taxcoins et en autres monnaies résiduelles, combien de temps a été passé sur le chantier et combien a-t-il été rémunéré en jobcoins, combien enfin de recettes ont été reçues pour couvrir les coûts associés.

La dette et l’accumulation au pot commun

Si l’endettement est encore possible et souvent nécessaire dans les monnaies résiduelles, la rémunération en jobcoins limite de plus en plus ce besoin d’endettement puisqu’une partie croissante des coûts d’investissement, celle liée au travail, est créé ex nihilo par le vote de la communauté.

La responsabilité d’un chantier entraîne des responsabilités lourdes, néanmoins cela reste attractif : proposer un chantier c’est prendre l’initiative d’un projet et en définir les modalités qui devront cependant être adaptées pour assurer un vote suffisant. Parmi ces modalités, il y a aussi la rémunération de celui qui est responsable du chantier. Cette rémunération est cependant transparente car fait partie du vote.

Très rapidement des prix d’équilibre se sont généralisés avec des rémunérations qui varient en fonction de l’ampleur du chantier mais avec un écart limité entre les revenus les plus faibles et les plus élevés. L’écart de revenus s’est rapidement réduit en-deçà d’un facteur 5.

Le désir d’accumulation s’est également réduit. La rétribution en jobcoins ne permet de faire des bénéfices dans cette monnaie. Cela est uniquement possible sur la monnaie résiduelle, qui voit son champ de plus en plus réduit.

L’accumulation de capital physique s’est également trouvée de moins en moins intéressante du fait de l’augmentation des taxcoins qui incite à rechercher la productivité de chaque actif physique. S’il est encore possible d’acheter son logement et d’autres équipements, les possibilités d’y avoir accès dans le cadre d’un service issu d’un chantier se sont multipliées et la location est partout de plus en plus fréquente.

Tous les biens physiques qui ne sont pas devenus des biens privés restent associés au chantier qui a permis leur création. Rien n’empêche cependant le ou les responsables de chantier d’en tirer un revenu qui les rémunère eux ou des personnes qui restent associées au chantier. Ils restent cependant dépendant d’une demande qui peut aussi plus aisément trouver service ailleurs notamment en faisant émerger un chantier concurrent.

Liberté d’entreprendre, libertés gagnées par les communs

Le travail indépendant (indépendant des chantiers) s’est maintenu dans ce système avec une part qui s’est réduite au fur et à mesure que des robots les ont remplacés, sans cependant rendre inutiles de très nombreuses activités de service. Bien que ces travailleurs indépendants ne soumettent pas leur activité à un vote, la comptabilité s’est progressivement calée sur celle des chantiers et ils doivent équilibrer taxcoins, jobcoins et autres monnaies par la vente de leurs services. Si une partie de la comptabilité est cryptée, les éléments clés utiles pour les usagers et la communauté sont disponibles librement.

Des activités comme l’assurance ont quasiment disparu quand des communautés de développeurs se sont réunies pour produire des systèmes de remplacement compétitifs. Plus besoin d’intermédiaires pour définir les biens assurés et le remboursement des dommages. Certaines applications d’assurance prévoit même de remplacer les constats réalisés auparavant par l’assureur par des constats partagés par plusieurs personnes tirées au sort dans la communauté.

De nouvelles activités de service qui améliorent la vie quotidienne, reposant pour l’essentiel sur des algorithmes qui facilitent des décisions collectives, sont régulièrement mises en place par des communautés de développeurs et rapidement adoptées lorsqu’elles remplissent leurs promesses.

Du travail encore et toujours pour préserver nos communs

Certains ont pensé que cette nouvelle économie allait rapidement tarir le besoin en emploi et qu’il deviendrait impossible de garantir un plein emploi. Néanmoins, les besoins d’innovations restent nombreux notamment pour accélérer les investissements dans les régions en développement et en reconstruction. Par ailleurs, les dégradations climatiques se sont accélérées, la fonte des glaces polaires a été beaucoup plus rapide qu’annoncée et plusieurs villes et des millions de logements doivent être déplacés et reconstruites autrement. De nombreux projets de remédiations voient aussi le jour, soutenu par des taxcoins négatifs pour restaurer la biodiversité et pour stocker les excédents de gaz à effet de serre de l’atmosphère. Restent aussi les déchets nucléaires et la remédiation de territoires contaminés par les explosions. Les projets de réflexions pour des solutions innovantes sont nombreux. Il reste encore tant de travail à faire pour préserver nos communs !

Parvenir à reconstruire déjà autant de communs dans un monde marqué par la propriété capitaliste ne s’est pas cependant fait en un jour. La transition qui a permis une telle transformation radicale de l’économie reste à écrire !

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