Une salade connectée dans votre bureau ? En marche !

C’est un vieux rêve qui se réalise. La salade et ses comparses les légumes sont sur le point de nous envahir. Un outil de “végétalisation massive” de nos vies se prépare. Et rend possible une grande vague de reconnexion au végétal pour tous les urbains grâce à la technologie et à de nouveaux entrepreneurs qui remettent le règne végétal au centre de nos vies et … de nos assiettes.

Vous souvenez-vous de ce passage dans “La faim du tigre” où Barjavel, avec sa prose poétique inimitable, nous invitait à s’assoir dans la terre et écouter les salades pousser, s’étirer et craquer à chaque fois qu’on les arrose d’un peu d’eau ? Non ? Voici le texte retrouvé dans la GNBAI (Grande Nouvelle Bibliothèque d’Alexandrie Internet)

“Écoutez-les vivre. Retenez votre respiration. Les feuilles s’étirent, se défroissent dans la fraîcheur qui s’accentue. Oui, vous les entendez vivre, vous sentez leur odeur vivante. Ce sont des êtres vivants… Asseyez-vous au milieu d’elles, à même la terre, qui sous vos paumes est curieusement tiède alors que l’air qui coule du cerisier sur vos épaules est de plus en plus frais. Ne bougez plus, respirez moins. Lentement, encore plus lentement. Paisible. Passif. Essayez de vous sentir salade…”

Végidair ou la salade connectée dans votre cuisine

J’avoue je l’ai fait, on n’a pas tous les jours 13 ans. Et puis j’ai oublié … l’urbanisation massive, avant l’ubérisation sélective, est passée par là. C’est la rencontre avec un entrepreneur, Yannick Ircha, qui a concrétisé ce rêve : je l’ai accompagné pour la réussite d’une première start-up (YouSpeakIt.com qui fait de la transcription automatique et traduction pour les réunions, les CE, les conseils d’administration, les vidéos pour du content automatique … ). Et l’idée plus universelle est venue de créer l’équivalent du frigidaire mais pour des légumes vivants, de la culture hors-sol mais disponible pour tous et surtout toutes les bourses. Car les dispositifs existent mais sont hors de prix pour le revenu médian français qui est de 1800 euros faut-il le rappeler. La cible visée et atteinte était de produire un nouvel appareil ménager à moins de 500 euros.

http://www.vegidair.com

Mais attention, pas simplement 3 planches et 3 bacs … non … un vrai système hydroponique (c’est le nom pour culture hors-sol et c’est un mot amusant à placer dans un diner) optimisé. De quoi ont besoin la salade ou la carotte ou le radis ou le persil ? De solutions nutritives, de lumière et d’eau. L’azote ? Pris dans l’air directement ! Le système mis en place fait donc cette régulation automatique mais donne aussi accès à l’accélération si on le souhaite (pourquoi se limiter à un rythme circadien après tout : ). Et bien sûr, le monitoring est fait à distance des paramètres vitaux de ce nouvel être végétal vivant, comme placé dans une couveuse … végétale. Une nouvelle phrase peut donc apparaître bientôt et il va falloir se préparer à ce genre de dialogues quand vous allez voir quelqu’un au téléphone sans qu’il ne parle : “Que fais-tu avec ce sourire béat ?

J’écoute ma salade se préparer pour ce soir

Et vous allez découvrir en la regardant pousser que le règne végétal a une caractéristique que l’animal n’a pas : la vie infinie. En effet, un arbre n’est pas programmé pour mourir à un moment où un autre, ce sont les insectes, la maladie, l’érosion … ou l’homme qui provoquent cette fin prématurée. Eh bien la salade, c’est pareil. Vous coupez 3–4 feuilles, ne l’arrachez surtout pas, et elle continue son chemin toute seule. Ce pourquoi elle s’entraine depuis 1 milliard d’années : pousser vers le haut et la lumière. Posez la question autour de vous, c’est étonnant de voir comment autant de personnes sont loin des pratiques naturelles de la campagne : )

Le nom de la société ? Là aussi, un joli saut créatif pour faciliter la mémorisation et l’intégration à venir dans notre environnement : Végidair (http://www.vegidair.com).

La salade connectée sur votre lieu de travail

Mais ce serait dommage de s’arrêter en si bon chemin et de limiter l’explosion végétale à la cuisine. Le bureau est la surface suivante à “végétaliser”. Après tout, si le chef d’entreprise ou la RH a choisi ou plutôt imité sans trop de réflexion de mettre des plantes vertes ornementales, pourquoi ne pas faire un nouveau pas et rendre cette plante utile et conviviale (au sens littéral d’ailleurs à ce moment-là : ). Beau sujet de focalisation et d’échange dans les étages mais aussi de valorisation de l’esprit vert (au double sens de écologique et “frais”) de la boite. Ajoutons que la propagation de l’information, au delà des maintenant classiques buzz sur les réseaux sociaux, va se faire au cours de toutes les soirées des employés. Et des nouveaux dialogues hors du temps et mariages de goût innovants sont en vue entre convives ou collègues qui se retrouvent à une soirée :

J’apporte mes tomates Apple.
D’accord, moi ce sera de la salade Orange.
Et moi du radis Microsoft !

En effet la “carotte Chanel”, le “céleri LVMH” ou le “radis Hermès” étaient à inventer. C’est fait ; ) Je sais, il y aura des laissés-pour-compte … Vous ne voyez pas ? Voyons ! Persil Areva, Oignons Marlboro, Blé Monsanto … par exemple.

Si vous avez un peu de chance, vous pouvez même tomber sur un patron extrémiste qui va vous transformer en indien de forêt amazonienne, je vous rassure sans les mygales. Ce patron existe et l’entreprise japonaise qui a sauter le pas s’appelle Pasona. Un reportage de France 2 vous permet de découvrir ce siège revisité dont on parle à 12 000 kilomètres de là : ))

http://dai.ly/x3aibc3

http://dai.ly/x3aibc3

Bizarrement, la société, spécialisée en prestations de RH, n’utilise pas cette singularité mondiale sur son site. C’est pourtant, 16 000 m2 (plus d’un hectare) qui ont été mobilisés.

Votre salade à vous dans votre hypermaché: InStore Farming

On a vu l’installation possible chez vous, dans votre lieu de travail … mais l’hypermarché est un superbe lieu pour l’implantation de surfaces hydroponiques. J’entends déjà des cris de “concurrence des agriculteurs”, mais rassurons-nous vu le temps que mettent les salades à croître et les volumes consommés par jour, les ordres de grandeur ne sont pas là pour mettre en danger une quelconque profession. En revanche, comment imaginer une meilleur relation qui peut être tissée avec des clients en leur permettant de cueillir leur salade, montrer cela à leur enfants qui n’ont jamais vu une salade “vivante” … et inciter à consommer des produits frais. Allons plus loin, j’ai ma carte Carrefour, pourquoi ne pas avoir mes 64 cm2 dédié dans mon hyper à MA salade que je viens cueillir une fois par semaine. Si vous avez un meilleur outil de rétention et de travail sur la fréquence d’achat … je dis wow ; ) Un cran plus loin et c’est l’utilisation d’une connexion LoRa comme Objenious le propose pour avoir une image envoyée tous les jours de la croissance de votre légume préféré …

Un supermarché allemand a fait cette installation hydroponique à Berlin et le succès est au rendez-vous. InStore Farming est l’appellation générique et Kraüter Garden (potager) la marque choisie et visible par tous dans le magasin. En voici le film qui résume en 3 minutes le concept, le montage, l’impact, l’utilisation … Simple et non connecté pour l’instant. La cuisine de Végidair reste en avance ; )

Votre salade everywhere : mairie, ministères, Impôts, restaurants …

En lachant un peu la bride à notre imagination si fertile, on ne peut s’empêcher d’étirer le concept et se poser la question : pourquoi pas partout après tout ? Et les lieux à conquérir ou reconquérir sont légions. A commencer par les lieux publics qui pourraient se transformer en nouveau jardins ouvriers chers à certaines villes françaises. Cet espace, après tout, appartient à tous les citoyens et il y a peu de raison à objecter à l’utilisation des parties délaissées pour faire pousser ses légumes sur une surface partagée. Là encore le coût d’installation est clé est c’est pour cela que Végidair a travaillé à la culture pour le plus grand nombre. Et quel meilleur moyen qu’a un maire pour faire venir ses administrés et électeurs, leur montrer que les taxes locales servent aussi à cela … et permettre aux plus démunis d’avoir une nourriture peu onéreuse et de qualité.

Un cran plus loin et ce sont à terme tous les restaurateurs qui vont pouvoir faire montre de l’origine garantie de leurs produits. Et même, quelque soit leur localisation, proposer l’exceptionnel à ses clients et

servir un plat avec une salade cueillie 30 secondes plus tôt.

Et le fast-fooding de se transformer en Straight-fooding ; ) Et les gentils enfants de nos appartements en futurs Martiens comme autant de Matt Damon qui a basculé dans le film “Martian” en mode survie ou plus exactement, et avec toute l’humilité que cela requiert, est retourné à l’époque de l’émergence de l’homo sapiens sapiens, environ 10 000 ans. 6 mois de voyage dans l’espace pour revenir 10 000 ans en arrière, la confrontation des périodes ressemble soudainement à une friction de silex.

En synthèse et conclusion, le règne végétal est en train, à sa manière — très discrète, de nous rappeler notre position dans la chaine alimentaire et son rôle central pour l’espèce humaine … et nos cuisines ; )