Energisme : l’IoT (internet des objets) de l’entreprise

Pierre Paperon
Jul 30, 2017 · 5 min read

paru le 9 juillet 2014

Le rachat de Nest pour plus de 3 milliards de dollars par Google a fait les gros titres de la presse et du web. Pour rappel, Nest s’est positionné sur la fabrication de dispositifs pour la maison que l’on peut résumer comme des thermostats intelligents qui déclenchent une série plus ou moins continue d’actions.

Ils captent l’information (CO2, température, hydrométrie, fumée, électricité …), la transmettent à un serveur par wifi pour l’interpréter, générer une alerte en cas d’anomalies ou franchissement de seuils prédéfinis, informer visualiser les données, …

Une PME française est le “Nest de l’entreprise”

J’ai la chance d’accompagner depuis maintenant 3 ans une entreprise qui fait la même chose mais pour l’entreprise. Une petite entreprise tellement caractéristique du tissu innovant des PME françaises. Son métier ? Comme Nest mais appliqué au monde industriel.

Pourquoi le monde industriel ? Tout simple. Si on est sensible en tant que consommateur quotidien à l’énergie domestique comme l’électricité ou le fuel, la perception est très différente quant à l’entreprise et à sa dimension énergétivore. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : le résidentiel et tertiaire ne “pèse” que 25% de la consommation totale d’environ 150 Mtep (150 millions de tonnes équivalent pétrole) ou 1800 TWh (terra watt heure).

Cette société s’appelle Energisme.

Son fondateur, Christian Aymé, a travaillé avec les équipes d’EDF à la mise au point du compteur “intelligent” Linky. Une fois le projet finalisé, Christian s’est focalisé sur le réel besoin que pouvait avoir les entreprises tant privées que publiques dans le domaine de l’énergie. Et son expérience croisée avec les retours terrain a été décisive pour définir une position nouvelle sur ce marché encombré de “l’énergie” : permettre le suivi des consommations à distance et surtout rendre cette information utilisable tant pour des alertes, pour de simples visualisations que pour des réalisation de benchmarks.

Le principe est simple. De multiples installations peuvent être monitorées : écoles, hopitaux, batiments, usines, patinoires, piscines … avec quelques capteurs principaux : température de fluides, température d’ambiance, niveau de consommation … que l’on peut installer aux endroits les plus pertinents : chaufferie, cuve de fuel, distribution de gaz, boitiers électriques, pièces de références, alimentation en eau …

Et les modes d’utilisation parmi les 10 000 capteurs et 200 clients existants sont multiples. Quelques exemples les plus courants parmi tous ceux qui peuvent être paramètrés :

  • simple surveillance de la consommation et suivi budgétaire de ce poste “énergie” de plus en plus conséquent
  • alerte en cas de dépassement ou dérive de consommation énergétique
  • alerte sécurité par exemple pour une fuite d’eau
  • benchmark de bâtiments au sein du même client ou bien avec d’autres du même secteur ou de la même région
  • sensibilisation quotidienne des équipes à ce point important du budget de l’entreprise ou de la commune

La liste des clients est disponible sur le site http://www.energisme.com. A noter par exemple la Grande Galerie de l’évolution. Et la liste des prospects n’est pas moindre avec Notre Dame de Paris (mais oui, imaginez les volumes à chauffer tout au long de l’année) ou la Tour Eiffel …

Et vient se rajouter l’obligation récente pour toutes les écoles de contrôler la qualité de l’air dans les écoles …

La question légitime : quel est l’impact ?

Il est en fait assez rapide car comme toujours, la visualisation de quelques chose d’immatériel rend cette chose tout de suite très tangible. C’est le cas de l’énergie. C’est le cas d’une dérive de température. C’est le cas d’une fenêtre laissée ouverte un week-end et qui va approcher d’un mégawatt-heure envolé en un week-end. La deuxième effet de l’installation de ces dispositifs de suivi est la rapidité de correction apportée par la disponibilité immédiate de l’information. Une vanne non fermée pendant une nuit pour une piscine en cours de renouvellement et ce sont quelques milliers de m3 d’eau chauffée et traitée qui “s’évaporent”. Le troisième effet est l’opportunité de mettre en place une fourniture plus flexible de l’énergie au moment où l’on en a besoin.

Les expériences client semblent formelles : l’économie de 20 à 30 % est possible d’une année sur l’autre. Ce qui permet de rester à iso-coût énergétique sur les 5 ans à venir pour le poste énergie d’une entreprise ou d’une collectivité.

Une étape plus loin : un label pour les Collectivités Eco-Responsables ?

Contexte :

Comment respecter les obligations issues du Grenelle de l’environnement pour cette année 2014 ? Et les contraintes imposées par l’Europe …

L’enjeu

Les collectivités locales dépensent 10 milliards d’euros par an pour l’énergie et l’eau dans les bâtiments publics . Les réalisations récentes d’Energisme, corroborées par les études menées dans les pays occidentaux, ont montré que des mesures simples permettent de réaliser des économies supérieures à 15% pour les dépenses d’énergie (eau, gaz, électricité, fuel …). Un tiers de la capture de ces gisements d’économie pourrait donc générer environ 500 millions d’euros.

Les 3 volets du développement durable générés par ce label

  • Economie directe pour le budget d’exploitation des Collectivités Locales (158 000 bâtiments sont concernés)
  • Ecologie : réduction de 15% des émissions de CO2 = exemplarité politique
  • Social : création de 20.000 emplois solvables et durables (cf. la fiche jointe « Assistant en efficacité énergétique ») dans les communes réalisés dans l’année (à 25 k€ brut par an) par exemple pour le reclassement des séniors (connaissance du terrain) ou la formation de jeunes des missions locales (connaissance des nouvelles technologies)

L’opportunité : un label avec

  • Un logo apposé sur tous les bâtiments utilisant les outils de supervision des consommations (écoles, piscines, centres culturels, mairies …)
  • Un site internet national de référencement, de comparaison et de classement des consommations et meilleures pratiques (par région, municipalité, département …)
  • Un organisme d’accréditation et validation (p.e. Villages Fleuris, Pavillon Vert)

Les étapes possibles

  • Choix du nom du label et des conditions d’attribution (par exemple vert pale pour mise en place et vert foncé pour réalisation certifiée d’économies)
  • Complément de financement pour le déploiement de la solution à l’échelle française
  • Définition des modalités particulières pour les appels d’offres pour permettre aux PME accréditées (voir organisme d’accréditation) de concourir
  • Communication nationale et poursuite du développement commercial

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