Qui a inventé le Sandwich ?

Etude d’une Golding Recette 


Les increvables rationalistes rappelleraient avec fierté et un léger coup de poignet pour remonter leur gourmette que c’est John Montagu (4e comte de Sandwich) qui est considéré comme l’inventeur de cette fameuse recette culinaire française.

Et oui, un jour de 1765, lancé dans une de ses parties de cartes interminables, un serveur lui apporta deux tranches de pain garnies de viande froide et de fromage. Il trouva que ce plat revêtait deux qualités essentielles à ses yeux: premièrement il n’avait pas besoin de quitter la table de jeu pour s’adonner à la dégustation de son repas et, deuxièmement, la conception du plat lui permettait de conserver les mains propres.

Sans le savoir, le bougre a condamné l’humanité à une constante crise gastronomique et anéantit le monde du bon petit plat dans le cerveau masculin. N’importe quel énergumène doté d’une paire de baloches pourra acquiescer de cette règle fondamentale, le Sandwich /sɑ̃.dwitʃ/, que nous appellerons «Didiche» ou «Dwichounet» est une valeur sure et rassurante. Popularisé dans de nombreuses formes d’art, on retiendra cette fameuse citation, qui traduit avec une enthousiasme et émotion, l’envie alléchante de s’adonner à la dégustation de cette bonne recette.

« Les seules créatures qui s’accouplent en se faisant face sont l’homme et le sandwich au pâté. »
[François Cavanas.]

Il existe un nombre similaire de raisons pour lesquelles le Sandwich me convient que de raisons de ne pas aller au fête de voisinage. La solitude m’accompagne comme une chanson dans la tête, j’ai finis par l’accepter et la siffloter pour contaminer les autres. A l’heure des repas, je suis malheureusement et régulièrement amené à manger seul, et accusé par le bruit strident des couverts sur l’assiette, de ma mâchoire broyant les aliments que j’aurais préalablement assemblés, le Didiche me permet de prendre mes repas à ma fenêtre. Les rues vivantes de mon quartier s’affaires à m’offrir le plus distrayants des spectacles et mon étroite fenêtre me précise qu’il n’y a pas de place vide en face de moi.

Quand les increvables rationalistes termineront leur Marlborolight sur le coin d’un mur, l’homme qui fait partit de la catégorie de ceux qui tiennent le flingue, aura certainement songé à la première ligne que cette vulgaire histoire de Sandwich n’est qu’une couverture pour déballer tout un tas de conneries implicites et de jugements sociaux non fondés.

Ce n’est pas faux.

Mais je ne suis pas complètement un connard, je lâche quand même deux trois infos. Justement ce fameux John Montagu connut une autre fortune que son nom. Il fut jugé responsable, au moment de la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique, de la défaite des Britanniques. Il fut d’ailleurs accusé de corruption. Comme quoi, on peut être un génie, mais partir côtelette, qu’on soit l’inventeur du Didiche, ou de la quenelle.

Je suis Français, Tourangeau, j’ai consommé différentes drogues et je suis un homme, voici quatre caractéristiques qui empêche littéralement que j’arrive à l’heure, peu importe où je dois me rendre. L’incroyable mobilité de cette recette m’autorise à finir mon déjeuner en chemin pour ne pas étouffer les poumons de tabac de l’individu qui m’attend et qui enchaine les cigarettes de manière quasi-industriel. Les quatre caractéristiques amènent également mon corps et mon esprit à haïr toute activité ressemblant de près ou de loin à du lavage d’argenterie en l’absence d’Arthur Martin. Excepté le couteau qui tranchera le pain, la vaisselle n’est pas excessive dans la préparation de cette merveille.

Je ne possède pas de télévision. La dernière que j’ai détenue a été déportée par mon père dans un camp de déchèterie. Comme tout enfant, je lui ai dit de ne pas toucher à mon poste, et il m’a répondus « on va se gêner ! » Ma sœur et moi-même avons tout essayé, rien à faire. Ce genre de décision paternelle, ça se discute peu. La tristesse fut de la partie, j’ai fait mon deuil. Et puis en ajustant mon mode de vie et en comblant le manque d’information par l’appareil qui me sert à écrire ce que vous lisez, j’ai réussis à nettement m’en passer. Aujourd’hui, je constate avec une grande tristesse les dégâts mentaux que provoque le petit écran. Non seulement, il y a des glands sur toutes les chênes, mais l’absence de présence d’esprit devant cet appareil m’effraie. L’homme stagne, contemple les pixels avec la plus grande passivité, la fenêtre fermée alors qu’elle est l’unique source de réalité dans son appartement.

Une équation réussie nécessite des facteurs, justes, et dans l’ordre. Une séduction, une grossesse, une recette de cuisine ou une partie de football, chaque résultat gagnant à fait l’objet d’une suite d’évènements plus ou moins calculés vers un but précis et définis. S’accoupler, donner la vie, faire un gâteau ou gagner le match.

Le Sandwich est une énorme arnaque au système équationnel car il est clairement impossible, à moins de faire partie de ceux qui portent des lunettes de soleil en intérieur, de rater un Sandwich. Cette recette ne conçoit ni dosages, ni ordre, ni cuisson particulière.

Il n’y a qu’en effet, vraiment que dans un Didiche ou la moutarde s’allie à l’emmental, et le poulet froid au fromage de chèvre. Cette recette a un pouvoir pacifique considérable entre les aliments. J’irai même jusqu’à dire que le Sandwich est le point matrimonial du Frigo. Un site de rencontres pour sucré-salé.

Juste derrière les increvables rationalistes, cachés par l’éblouissant reflet de l’enseigne du café il y a les futés. Les Sherlock, les Patrick Jane, ceux qui devinent la marque de ta moto selon aux plis de ton jean. Parmi ceux-là, il y a mon père. Et ce bougre, après avoir longuement écouté les premières notes de mon travail, m’a récité d’un ton sage et profond le début de mon essai.

- “Et oui, un jour de 1765, lancé dans une de ses parties de cartes interminables, un serveur lui apporta deux tranches de pain garnies de viande froide et de fromage.
- Ben, c’est pas John Montagu alors, c’est son cuisinier qui a inventé le sandwich!”

Et nous voilà dans le centre du problème, qui gouverne ? Le président ou le Gouvernement? Ce constant problème des droits d’auteur. Mark Zuckerberg a-t-il inventé Facebook de toute pièce ? Qui conduit le bateau, le gouvernail ou les rames ? Mais comme l’a si bien dit Antoine Laurent Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

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