1986–2017, c’était Les Inrockuptibles

Les Inrocks sont morts, morts aux Inrocks.

«Nouvelle formule, nouvelle époque» pour Les Inrocks, le magazine-nouveau est en kioske depuis mercredi, pour une édition avec Arcade Fire à la tête de la rédaction.

Nouvelle formule, nouvelle maquette, nouveau site, nouvelle identité visuelle, c’était «l’élégance» qui était recherchée selon Pierre Siankowski, directeur de la rédaction. L’élégance est là, l’élégance à la Vanity Fair, à la The Good Life, la GQ, l’Éléphant ou Society. L’élégance est là et l’irrévérence est dégagée, défenestrée.

Tout est propre, tout est lisse, tout est carré, tout est rond, tout est droit, rien ne dépasse, ça fait «classe», ou classieux. L’héritage du fanzine originel est évacué, rasé, plus un iota de transgression visuelle. C’était, c’étaient ça Les Inrocks, nos Inrocks, mais Les Inrocks se sont rangés. Ça nous arrive(ra) à tous, la trentaine passée, on se défait de la folie de nos jeunes années, ça nous fera de bons souvenirs mais on enfile la chemise ou le tailleur, se serre la cravate autour du coup, et on se donne des airs sérieux. Nouvelle époque, en effet.

«Les Inrocks se distinguent par le côté prescripteur. On veut mettre l’accent là-dessus Pierre Siankowski, encore. Comment être prescripteur·trice lorsqu’on s’est rangé·e, lorsqu’on est rentré·e dans le rang? On ne peut pas, être prescripeur·trice, c’est être avant-garde, ne pas dire comme tout le monde, ne pas ressembler à tout le monde.

Les Inrocks ont fait peau neuve et c’est dommage, on en regrette même l’ancien site tout mal foutu. On verra si la plume sera aseptisée comme l’a été le masque, d’ici là, apprenons donc l’espagnol et allons lire Los Inrockuptibles, les cousin·e·s argentin·e·s de nos Inrocks hexagonaux que l’on cotoîe sur Medium.

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