Primaire à droite : la bataille des jeunes gardes

A un peu plus de huit mois de la primaire organisée par Les Républicains en vue de la présidentielle, les candidats déjà engagés affûtent leurs stratégies. Ce scrutin inédit à droite bouleverse la façon de mener campagne, chaque candidat devant constituer sa propre équipe et organiser ses propres réseaux de soutiens. Dans ce contexte les comités « jeunes » des candidats gagnent en importance, notamment chez Alain Juppé et Nicolas Sarkozy qui dominent les intentions de vote.
C’est ce que nous confirme Charles-Henri Alloncle, 22 ans, à la tête de l’association NouS les jeunes, qui a fédéré au niveau national les différents mouvements de jeunesse qui soutenaient l’ancien président. Cette jeune garde aura selon lui un rôle crucial de recrutement, notamment sur les réseaux sociaux. Charles-Henri est conscient que les primaires changent la donne : « on s’adresse potentiellement à 4 ou 5 millions de français » ce sont donc les non-encartés et les jeunes peu politisés que le comité cherche à convaincre.

D’abord mobiliser le «noyau dur»

Pourtant leur champion, en attendant l’annonce de sa candidature, continue lui d’agir dans le cadre restreint de son parti. Le Monde du 31 janvier révélait ainsi l’intention de M. Sarkozy de nommer lui-même cent nouveaux secrétaires départementaux qui organiseront la vie militante locale jusqu’aux primaires. De même, dans le but de s’arroger des soutiens dans son parti, il souhaite désigner dès le mois de juin les futurs candidats aux législatives. Selon Le canard enchaîné, il aurait confié à des proches : « Le parti, ça reste un avantage, je ne veux pas renoncer au bénéfice de la distribution des investitures aux législatives ».
Cette stratégie très partisane ne paraît pas incompatible avec une primaire ouverte aux sympathisants pour Charles Henri Alloncle. Selon lui « personne ne rassemble toute la France au premier tour » il est important de mobiliser d’abord le « noyau dur » des cadres et des militants pour rassembler ensuite « sa famille » au deuxième tour.

« Avoir la mainmise sur le parti est-ce un véritable avantage ?»

Du côté d’Alain Juppé néanmoins on prépare la bataille différemment. Les comités de soutien « jeunes » ne sont pas affiliés aux Républicains, mais au micro parti du candidat AJ pour la France. Comme nous l’affirme Allan Pereira, à la tête du groupe Les jeunes du Rhône avec Juppé le travail effectué par les jeunes « juppéistes » se veut plus ouvert et participatif. Sont organisés localement des débats publics dont les comptes rendus serviront aux équipes d’Alain Juppé pour établir son futur programme. Le comité souhaite travailler en dehors des appareils politiques et le revendique. Selon Allan Pereira, dans le Rhône, 70% des membres du comité ne sont pas encartés, et une majorité d’entre eux vivent leur premier engagement politique, lui compris. Ils en sont en tous cas convaincus, la ligne plus rassembleuse et ouverte de l’ancien premier ministre lui permet d’espérer le meilleur score aux primaires. Face à leur candidat Allan préfère regarder la campagne de Nicolas Sarkozy de loin mais juge sa stratégie partisane moins adaptée. « Avoir la mainmise sur le parti est-ce un véritable avantage ? Je ne crois pas » tranche-t-il.

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