Critique de Quelques Minutes Après Minuit, enfance désenchantée

Après s’être fait connaitre du grand public avec l’Orphelinat en 2007 et The Impossible en 2012 Juan Antonio Bayona nous a offert le plus beau des retours possibles en ce début d’année 2017 avec son touchant Quelques minutes après minuit. Fable Spielbergienne par excellence qui nous conte l’histoire de Conor O’Malley, un jeune garçon qui doit affronter au quotidien la terrible maladie de sa mère tout en étant confronté à l’intimidation de ses camarades d’école et à la fermeté de sa grand-mère. Pour fuir son quotidien, il s’échappe chaque nuit dans un univers peuplé de créatures extraordinaires. C’est dans ce monde imaginaire qu’il va apprendre le courage et affronter la solitude.

Le film de Juan Antonio Bayona se divise en 3 contes distinct que l’on peut apparenter à la structure classique des 3 actes, chaque conte ayant pour but de faire avancer un peu plus le récit jusqu’au dénouement final. Chaque segment étant également composé de scènes de “dessins animés” apportant encore plus de poésie et de beauté dans un film déjà marqué par une photographie magnifiée par le travail de Oscar Faura (qui accompagne Juan Antonio Bayona depuis ses débuts et continuera sur Jurassic World 2) qui joue sur les ombres et les contre jour, ainsi que sur les lumières orangées du soir pour agrandir encore plus l’impressionnant arbre géant campé par un Liam Neeson à la voix profonde et rocailleuse.

Ce travail sur le récit fait du film un drame familial et personnel métamorphosé en fable pour enfant qui fonctionne comme un tout, un tout qui ne forme plus qu’une seule oeuvre puissante émotionnellement et symboliquement. Une réflexion plus profonde qu’elle n’en paraît sur la relation maternelle, la maladie et le deuil qui bouleverse le spectateur à travers l’innocence et la lucidité d’un enfant.

Quelques minutes après minuit reste à mes yeux le meilleur film de l’année tant il découle d’un véritable auteur, d’une véritable sensibilité qui en fait un film somptueux et sincère sur un sujet qui n’a jamais été abordé de cette manière. Il est à la fois sensible et fort, intelligent et beau mais surtout bouleversant comme rarement un film l’aura été…