Êtes-vous prêts pour la disruption ?

Ce Mercredi 03 Mai, dans le cadre d’un Masterclass proposé par l’ECV Digital, Minter Dial est venu nous donner une image complète de l’innovation disruptive à laquelle nous faisons face dans notre société. Inspiré par cette conférence, je souhaiterais vous faire part de mon point de vue en tentant d’expliquer quelles sont ces forces disruptives, dans quel contexte elles se placent et pourquoi et comment elles nous seront importantes en tant qu’entrepreneur, mais aussi en tant qu’être humain.


La théorie de l’innovation disruptive

la théorie de l’innovation disruptive
L’innovation disruptive est une innovation qui porte sur un produit ou un service et qui finit par remplacer une technologie dominante sur un marché.
Elle survient et domine un marché déjà existant soit en remplissant une fonction que la technologie traditionnelle ne pouvait pas remplir pour une application particulière, soit en augmentant progressivement les parts de marché au fur et à mesure que les performances augmentent, jusqu’à remplacer ce qui était établi sur ces derniers.

En clair, la théorie de l’innovation de “rupture” décrit des innovations qui découvrent de nouvelles catégories de clients en créant de nouveaux marchés. Elle apporte un service nouveau qui suscite de nouveaux usages et transforme ceux-ci en profondeur avec des modèles économiques radicalement différents. Aussi, il est important de préciser qu’elle exploite généralement de nouvelles technologies, mais ce n’est pas obligatoire puisqu’elle peut également exploiter des technologies anciennes mais dans de nouveaux contextes.

L’innovation disruptive a donc une approche fondamentalement différente de l’innovation de “maintien” qui consiste, quant à elle, à simplement améliorer l’existant. L’entrepreneur a donc tout intérêt à tourner ses réflexions vers la rupture, car elles s’accompagnent en général de la création de nouveaux modèles économiques insoupçonnés jusqu’alors et lui permettront de se placer inévitablement dans un secteur où la concurrence n’existe pas.

Quelques exemples

  • Facebook (2004)
    Facebook (et plus globalement les réseaux sociaux) ne sont pas nés d’une rupture technologique mais de l’invention d’un nouvel usage déjà rendu possible par l’état des technologies de l’époque. Il s’agissait de permettre aux internautes d’utiliser internet et les technologies déjà à disposition, mais d’une façon radicalement nouvelle : ils allaient pouvoir simplement produire eux-même du contenu à partager, entretenir et augmenter le réseau de leurs relations. Les internautes pouvaient déjà produire leur contenu mais de nouvelles possibilités leur ont été offertes, qui répondaient à un besoin et étaient valorisées par une ergonomie très balisée.
  • Iphone (2007)
    Chacun de nous connaît Steve Jobs. Qu’a-t-il inventé ? Pas l’écran tactile, ni les batteries pour smartphone, ni le GPS. Pourtant, le 9 janvier 2007, lorsqu’il a présenté pour la première fois l’iPhone et son écosystème composé d’iTunes pour télécharger musiques et vidéos et de l’AppStore pour les applications… tous les smartphones du monde ont pris un sacré coup de vieux. Pour cause : l’iPhone a d’emblée suscité des usages que les consommateurs se sont immédiatement appropriés. Du téléphone, nous sommes passés à la culture connectée. En quelques années, Apple aura écrasé Nokia et Blackberry, pourtant leaders à l’époque. Pendant ce temps, la firme à la pomme est devenue la première capitalisation boursière du monde.

Comme on peut le voir, à chaque fois la disruption est venue de l’amélioration successive du service (Facebook) ou du produit (Iphone) jusqu’à la bascule sur un nouveau modèle, qui a permis non plus d’affronter la concurrence sur un même marché, mais au contraire de dérober des clients à la concurrence, attirés par les nouveaux modèles proposés.

Maintenant que le pouvoir de la disruption innovative nous est connu, il nous reste cependant à savoir comment la mettre en place.


Meaningfullness : la disruption par le sens

L’élévation par les sens

Si le « disrupteur » est celui qui déboule sur un marché aux situations établies et le bouleverse avec une proposition de valeur inédite, il lui reste à trouver l’inspiration pour le faire. Avec beaucoup d’intuition, voire une sacrée dose d’irrationnel peut-être ? Il va flairer, assembler, combiner des technologies et trouver le moyen de répondre à une demande qui s’ignore elle-même.

«Qui s’ignore elle-même », surtout qui s’ignore encore. Or, l’homme est un être de passion et c’est bien en ce sens qu’il doit chercher son inspiration : nous devons apprendre à nous connaître nous-même avant de pouvoir agir. Nous sommes des êtres de pensées, et c’est bien d’abord celles-ci qui doivent et peuvent nous guider vers le succès.

L’intuition, le désir et la foi

Comme Minter Dial, je suis de ceux qui pensent que la réussite des plus grands ne vient pas de leur raison mais d’abord de leur passion, de leur objectif et de leur signification profonde, de leur “meaningfullness”. Lorsque nous sommes passionnés, nous sommes plus inspirés et nous avons plus recourt à nos pensées intuitives. Aussi, si elles sont combinées avec une foi profonde, elles sont incroyablement puissantes car nous développons en nous un état d’esprit qui ne peut que nous amener vers la certitude d’actions faisant sens à la réalisation de nos projets.

Mais il ne suffit pas de penser : il faut surtout y croire. La “foi” est en somme le chimiste de notre esprit. Lorsqu’elle pénètre la pensée, les deux émettent des vibrations qui sont captées par le subconscient et transformées en un équivalent subtil qui agit, comme l’explique Napoleon Hill dans son livre Réfléchissez et devenez riche, la “prière sur l’intelligence infinie”. En clair, les émotions conséquentes à la passion, à la foi et au désir d’achievement sont les plus puissantes car lorsqu’elles sont conjuguées, influencent intensément le processus du subconscient qui dirige la réponse concrète d’une innovation disruptive inédite.

L’intention par le subconscient

Nous parlons bien ici du subconscient car, malgré sa discrétion, il est la ressource primaire et fondamentalement nécessaire à la réalisation de nos plans et projets. Par l’intuition, plus que la raison donc, le subconscient va classer et enregistrer toute pensée transmise au conscient par l’un des cinq sens. Il reçoit et classe les impressions sensorielles ou les pensées, de toute nature que ce soit. Nous pouvons volontairement transmettre à notre subconscient un plan, une pensée ou un projet que nous désirons concrétiser en son équivalent matériel. Le subconscient agit donc d’abord sur le désir dominant qui a été valorisé par un sentiment tel que la foi.

En sommes, pour trouver l’inspiration, nous pouvons (et devrions) faire confiance à notre inconscient mais nous devons l’avoir bien préparé pour en tirer le meilleur car il ne faut pas oublier que ce dernier travaille sans cesse, souvent à notre insu. En effet dans toute condition, que nous fassions un effort pour l’influencer ou non, toutes nos pensées (positives ou négatives donc) arrivent à notre subconscient et l’affecte. Les forces disruptives décrites dans les paragraphes précédents pourraient donc être trouvées à l’intérieur de ce dernier, si et seulement si nous lui fournissons une nourriture désirable.


Mindset : la disruption par l’esprit

Entre vie privée et professionnelle, le bureau d’un designer

Développer un nouvel état d’esprit

L’homme qui sait où trouver les connaissances dont il a besoin et comment les utiliser selon des plans d’action, celui-là est un homme disruptif. S’il est régi par la passion, s’il écoute son intuition et a foi dans la réalisation de ses désirs, son plan d’action nouvellement conçu lui apportera les ressources nécessaires à l’innovation disruptive. En somme, celui là est un homme “conscient de son subconscient” et celui là seulement pourra être un homme disruptif : certainement de part ses réalisations, la finalité… Mais surtout de par son nouvel état d’esprit, sa source.

Je pense donc que le subconscient est la “station émettrice” du cerveau, celle qui diffuse les ondes de la pensée, et que l’imagination créative qui en résulte est la “station réceptrice”, celle qui capte l’énergie de la pensée.

Dans la vie professionnelle, ou la vie privée ?

Notre société capitaliste où la production de richesses est reine nous impose souvent de faire profil bas sur notre réelle personnalité au profit d’un “moi” plus conforme aux règle de ce modèle économique. Je ne désire pas suivre ce modèle, et je pense que l’entrepreneur qui souhaite réussir dans la réalisation de ses ses projets devrait en faire tout autant.

Pour cause, nous parlons ici de notre vie privée et notre vie professionnelle : pourquoi nos vies devraient-elles être scindées en deux ? Je pense que la cassure de cette idée peux largement contribuer à la disruption innovatrice, car ce ne sont pas les règles imposées par nos vies professionnelles qui nous amènent l’intuition le désir et la foi, mais bien celles dictés par nos vies personnelles. En règle générale, notre facette professionnelle nous pousse à être le plus productif possible : être rationnel, parfait et avec des réflexions tournées vers la recherche de richesses extérieures. A l’inverse, notre facette personnelle est plus intime : elle se base sur nos émotions, nos imperfections et nos réflexions intérieures, d’où la croyance qu’elle est incompatible avec le monde du travail.

Or, comme nous l’avons précédemment expliqué, n’est-ce pas l’expression de notre identité profonde qui pourrait amener à l’inspiration de forces disruptives ? N’est-ce pas bien souvent en rentrant du travail, en lâchant prise et en s’écoutant intérieurement que nous développons nos meilleurs idées ?


La disruption par de nouveaux modèles d’entreprise

Le bureau d’une start-up

L’esprit start-up, le management libéré

Je pense que nous devons arrêter de jouer un rôle au travail et nous retrouver pour développer pleinement notre nouvel état d’esprit, favorable à l’innovation et aux idées disruptives. Seulement, il n’est pas toujours facile de s’y appliquer… Pour cause le taylorisme, aussi appelé organisation scientifique du travail (OST) ou “modèle pyramidal” dirige depuis de nombreuses années la manière de fonctionner des entreprises. Cependant, au fil du temps, certains dirigeants ont pu constater que les salariés commençaient à manquer de motivation.

C’est alors qu’est apparu “l’esprit start-up”, prônant le bien être de l’employé pour enclencher le bien-être de la société. Innovation, agilité, équipe soudée, spontanéité, goût du risque et créativité, sans oublier la fameuse convivialité : autant de qualités qui réinvente l’organisation du travail tant sur le fond que sur la forme. Plus que le secteur dans lequel elles évoluent, l’âge ou la taille, c’est la façon de travailler qui caractérise ces dernières. 
Un mode de fonctionnement qui stimule l’innovation, renforce l’esprit d’équipe et rend plus réactif : n’est-ce pas là un modèle intéressant pour le disrupteur ?

le modèle coopératif, l’intelligence collective ?

Ici, le modèle coopératif ouvre encore plus le champ à l’expérimentation, en fixant les bornes à l’intérieur desquelles les innovateurs peuvent tester leurs idées. Les “coopératives” sont fondées sur un principe de collaboration et de solidarité. Les décisions s’y prennent collégialement, avec pour objectif l’intérêt général de tous leurs membres associés. En ce sens, le processus de co-construction de la stratégie d’une coopérative s’apparente à l’esprit start-up tout en poussant la logique encore plus loin.

Pour cause, le modèle coopérative se fonde sur une structure horizontale qui pousse au débridage des imaginations et des idées, et bien entendu au travail en équipe. S’il a déjà prouvé sa résistance aux crises économiques, ce business model s’apprête à montrer qu’il s’insère parfaitement dans l’économie disruptive de demain, dès lors que son regard se porte dans la bonne direction et est porté par les notions vues précédemment (l’intuition, l’intention, le désir et la foi).

  • L’exemple des makerspaces

Les makerspaces sont en quelque sorte des universités du temps libre du 21e siècle. Si la moyenne d’âge est assez jeune (environ 30 ans), c’est bien des adultes qui les fréquentent surtout, pour compléter leurs savoirs ou les élargir. Pour James Carlson, fondateur et créateur de la School Factory et également intervenant dans le cadre de mon Master en UX User Experience à l’ECV Digital Paris :

«si les makerspaces sont les “écoles du futur”, c’est justement en raison de leur aspect intergénérationnel, entre autres : « des gens de tous âges s’instruisant ensemble sur des sujets qui les passionnent, et partageant leurs expériences et leurs erreurs. »

Et plutôt que d’attendre que les gens viennent au savoir, c’est le savoir qui vient à eux, en mode agile et sans se soucier des classes sociales.


En conclusion

Nos systèmes éducatifs sont pénalisés par une certaine impossibilité à apprendre à leurs élèves l’organisation et l’utilisation du savoir. Selon moi c’est une erreur de croire que, par manque d’une bonne formation scolaire, nous ne pouvons être des hommes instruits. Etre instruit c’est, certes, posséder une vaste culture, mais également avoir développé ses facultés de telle sorte que l’on peut, sans violer les droits d’autrui, obtenir ce que l’on veut.

A l’inverse, ceux qui échouent sont étrangement ceux qui ont certe reçu une formation scolaire, mais qui font l’erreur de croire que le temps d’apprendre prend fin avec l’Ecole. En vérité, l’école se limite à essayer de nous apprendre comment nous pouvons acquérir des connaissances pratique : nous n’arrêtons jamais d’apprendre, et nous devons réinventer notre façon de voir les choses si nous souhaitons réinventer le futur par le biais d’innovations disruptives.

En clair, nous devons apprendre à penser différemment : apprendre sur nous-même, apprendre sur les autres et pour les autres. S’imprégner d’idées créatives par le biais des nouveaux modèles d’entreprise, ne pas avoir peur de viser grand et commencer petit, même si cela peut paraitre paradoxal. Pourtant, là est l’essence de l’innovation de rupture : c’est la formule pour attirer une clientèle grandissante et fidèle. C’est le moyen de construire un avantage concurrentiel durable qui rendra les concurrents impuissants, tout simplement car nous nous aventurerons sur un champ des possibles encore insoupçonné.

Alors, êtes-vous prêt pour la disruption ?