Open data : la RATP et la question des données de transport en temps réel.

VRAI/FAUX : La RATP refuse d’ouvrir ses données de transport en temps réel.

FAUX — La question de l’open data de la RATP est un faux débat. L’ouverture des données temps réel de la RATP est en marche, programmée pour la fin 2016 dans le cadre de la loi Macron qui prévoit l’ouverture de toutes les données d’information voyageur de tous les acteurs de la mobilité. La RATP s’est investie depuis le début sur ce sujet afin que la démarche open data se fasse au bénéfice des voyageurs.

VRAI/FAUX : Le respect du calendrier et du cadre légal sont indispensables.

VRAI — Le respect du calendrier et du cadre légal de l’open data est essentiel. D’une part, il met l’ensemble des acteurs sur un pied d’égalité (tous auront accès au même moment aux données). D’autre part, il permet de se préparer techniquement pour faire face aux requêtes massives attendues dans le cadre de la démarche open data en évitant ainsi des épisodes de dégradation du service dus à des sollicitations incontrôlées.

VRAI/FAUX : La RATP donne déjà ses horaires théoriques en Open Data.

VRAI — Depuis mai 2013, la RATP a ouvert de nombreuses données de transports : une quantité considérable de données qui permet notamment la réalisation d’une recherche d’itinéraire complète.

L’engagement de la RATP dans l’Open Data date de juillet 2012 : l’entreprise donne la liste des stations et correspondances, liste des arrêts de bus, données de qualité de l’air… Elle permet aussi la réutilisation digitale des éléments relevant de la propriété intellectuelle, tels que les plans de réseau, les indices de réseaux et de lignes… Pour l’ouverture de ces données, à l’instar de la Ville de Paris, la RATP fait le choix d’une ouverture sous licence ODbL, afin de garantir que les réutilisateurs jouent bien le jeu de l’Open data.

Tous ces éléments sont disponibles sur http://data.ratp.fr.

VRAI/FAUX : Les données temps réel seront-elles gratuites ?

VRAI ET FAUX — Les coûts générés par la mise en place de l’open data ne doivent pas peser sur le contribuable : l’ouverture des données implique des aménagements techniques lourds pour répondre aux demandes de flux très importantes qu’elle va générer. Ces développements indispensables sont coûteux et ne peuvent être portés financièrement par les opérateurs de transport seuls (ce qui reviendrait à faire payer les contribuables). Pour cette raison, la loi prévoit que les bénéficiaires de la donnée contribuent à la couverture des coûts de mise à disposition.

Cependant, dans le cadre de la loi Macron, le principe d’équité sera fondamental : la redevance évoquée sera appliquée différemment selon la taille des acteurs utilisant ce type de données. Les entreprises importantes (telles que Citymapper, par exemple) utilisant des quantités massives d’informations (notamment pour en faire une exploitation commerciale : https://global-api.citymapper.com/resourceproxy/privacy-policy.html devront s’acquitter d’une redevance en fonction de leur volume de requêtes. Les utilisateurs de tailles plus « modestes » (startups) utilisant des volumes de données moindres, bénéficieront d’un principe de gratuité totale.

VRAI/FAUX : L’ouverture des données de transport en temps réel est en cours et concerne tous les acteurs de la mobilité

VRAI — Les transporteurs (RATP, SNCF, Air France et Transdev) travaillent actuellement à l’élaboration des « codes de conduite » en cours d’homologation par le ministère de l’Ecologie et le Ministère de l’Economie. Ceux-ci pourront préciser certaines modalités telles que :

- La gratuité est de principe, mais les seuls surcoûts générés par les utilisateurs de masse pourront donner lieu à des redevances, afin de ne pas faire supporter au contribuable les frais des politiques Open data

- Les données peuvent être ouvertes sous licence ODbL, afin de garantir que les réutilisateurs jouent bien le jeu de l’Open data

- Les engagements sur des délais permettant la mise en place des infrastructures requises pour assurer la continuité du service.

Du simple point de vue technique, pour pouvoir ouvrir les données en toute sécurité, la RATP a établi la définition d’une architecture technique et sa mise en œuvre pour tenir la charge convenue avec les consommateurs et isoler ainsi les services en Open Data des services en propre RATP. Ce travail, nécessaire pour des raisons de sécurité, demande du temps.

VRAI/FAUX : La RATP est la seule entreprise n’ayant pas ouvert ses données

FAUX — Pour le moment aucun acteur d’Ile de France n‘a ouvert ses données de transport en temps réel.

En France, seules des villes comme Rennes ou Bordeaux l’ont déjà fait avec un flux de données beaucoup moins important à transférer. S’agissant de la RATP, le travail d’ouverture est en cours notamment d’un point de vue technique.

VRAI/FAUX : La RATP soutient les start-ups y compris financièrement…

VRAI — Hackathon, Opendatalab… visent à stimuler en les primant, les services les plus innovants intégrant des données RATP. La RATP est donc active auprès de la communauté des développeurs (http://data.ratp.fr/page/voscreations). Elle a notamment soutenu Handistrict (devenu accessibilité.net), NeverBLate et Time Reader. En mai et juin 2013 : la RATP soutient y compris financièrement « Moov In The City », événement Open data de la Ville de Paris, et remet à Open Paris le prix RATP récompensant le meilleur service valorisant le mode Bus.

Le Bang Bang Challenge a eu lieu en novembre 2014 : 3 prix sont remis dans le cadre d’un événement mobilisant la communauté Open data autour des données disponibles en Ile-de-France pour générer des services innovants dans le contexte des travaux du RER A. En novembre 2015, lancement de http://www.ratp.fr/ratp-apps un portail visant à faire connaître une sélection d’applications liées à la mobilité, et valoriser le travail des développeurs et start-up, en leur offrant une très forte visibilité.

De même, le week-end dernier, la RATP, accompagnée par Numa, organise un hackathon visant à imaginer de nouveaux services digitaux pour un réseau plus sûr, plus simple et plus solidaire. L’édition 2016 avait pour thème « Le vivre-ensemble ».

VRAI/FAUX : Les services horaires en temps réel RATP ont connu des problèmes ces dernières semaines à la suite de pics de connexions inhabituels.

VRAI — Depuis quelques semaines, et par intermittence, le site ratp.fr a été saturé par des requêtes massives de données sur le temps réel. En conséquence, le site ne pouvait plus répondre correctement aux sollicitations des internautes. Ainsi pour exemple,

- le 17 mars 2016 vers 19h00, de forts ralentissements sont observés sur ratp.fr , à la suite d’une sollicitation massive de type robot arrivée sur les services wap.ratp.fr , selon une technique de sollicitation conduisant à un DoS (déni de service). Nous avons pu filtrer l’adresse IP agressive et les services ratp.fr et wap.ratp.fr sont redevenus normaux.

- le 18 mars 2016 vers 8h00, une sollicitation massive similaire s’est déclarée, venant d’une adresse IP différente. Nous l’avons également filtrée pour les mêmes raisons

Ces événements nous confortent dans la nécessité d’établir un code de bonne conduite entre les consommateurs de services et la RATP, fournisseur de services.