R!FT, portrait sonique.

Le groupe, entraîné par Théodore Pépin et Antoine Jeanjean propose dans ce nouvel EP You, paru le 6 mai, sa vision du rock par leur nom R!FT qui veut dire la faille. Passé l’orage des premiers essais, les quatre titres jouent un jeu en trompe l’œil, fragile et dur dans la voix, les paroles et l’instrumental. Une essence musicale qui questionne l’enfance et les premiers amours. Le groupe s’est plié à l’exercice de l’interview. Tête à tête.

Rift © Mélina Panos.

RIFT, c’est quoi l’idée de départ ?

Antoine/Théo : Quand nous nous sommes formés, les groupes autour de nous que nous connaissions étaient pour la plupart des groupes de reprises. Il était assez clair que nous voulions faire que de la composition. Nous avions une vraie volonté de chercher à créer quelque chose de nouveau, même si ça n’a pas été facile au début, du fait du peu d’expérience que nous avions.

Quel est votre parcours musical avant de vous former ?

Antoine : Pour moi, c’est assez simple, j’ai commencé la batterie en même temps que le groupe, ce qui m’a permis de m’améliorer et d’apprendre plus rapidement. Par la suite, j’ai commencé le piano pour me mettre à composer.

Théo : En ce qui me concerne, c’était juste une ou deux années de guitare, piano et solfège avant de commencer le groupe. Je n’ai pas commencé à chanter dès le début, je m’y suis mis plus tard. Ensuite, j’ai pris quelques cours de chant lyrique notamment.

Comment s’est déroulé la formation du groupe et quels sont vos rôles instrumentalement parlant ?

A : Un ami en commun nous a présenté dans les vestiaires du collège, et de fil en aiguille on a voulu monter un groupe de rock. À ce moment là, on était en 4ème et on avait 14 ans. Théo serait à la guitare, Tristan à la basse et moi à la batterie. Nous avons donc commencé comme ça. Puis au fur et à mesure, la vision du groupe a différé, nous n’avions pas les mêmes enjeux. Edouard, à la basse, nous a rejoint pendant deux ans et a collaboré sur les chansons de l’EP. On a finalement continué seuls avec Théo. Vous allez me dire “ Qui est à la basse maintenant ? “. Depuis peu, elle est faite en MAO et c’est moi qui lance la piste en concert.

Pochette EP © Théodore Pépin.

C’est votre premier EP, ça fait quoi ?

A : ÇA FAIT VRAIMENT, VRAIMENT, VRAIMENT PLAISIR ! C’est un réel aboutissement de nos chansons qu’on joue depuis maintenant un bon bout de temps, et de pouvoir les écouter comme ça et les partager, c’est juste le pied. On en est fier.

T : C’est vrai que c’est très sympa d’entendre ses compositions aussi bien enregistrées et bien travaillées, celles écrites dans sa chambre et qu’on jouait jusque-là avec les moyens du bord. C’est là qu’on entend enfin ce qu’elles peuvent vraiment donner. Et vu que c’est le premier EP, l’effet est encore plus cool !

Théo © Mélina Panos.

“You” est un album profondément rock, quelles influences (styles et groupes) on peut y trouver dans l’instrumental et la voix ?

T : Alors déjà il y a les inspirations volontaires et les inspirations tout à fait fortuites. Notre inspiration vient de groupes comme Radiohead, Oasis, U2, Muse ou encore Stereophonics, pour ne citer que les plus importants. On a une culture rock très large donc les idées peuvent aussi venir parfois de rock plus pop comme de rock plus hard, mais aussi d’autres styles musicaux. Après, on remarque maintenant que l’EP est sorti, que pas mal de gens nous parlent d’influences auxquelles on n’avait pas pensé, et qui sont je pense faites inconsciemment, c’est marrant !

Si vous deviez choisir, qu’est ce qui est le plus important dans ce projet les paroles ou la musicalité ?

A : J’ai envie de dire “l’un ne va pas sans l’autre”, en tout cas chez nous. Nous ne sommes pas très fan de devoir rentrer dans la catégorie « groupe instrumental » ou « groupe à texte », les deux sont tout autant une réflexion et ont la même importance à nos yeux. C’est justement l’assemblage des deux qui devient intéressant.

Antoine © Mélina Panos.

En diagonale, les paroles des quatre titres font l’allégorie d’un romantisme masculin fragile qui détone avec le son fort de la guitare et des batteries, ces dernières parlent de premier amour, de désir et surtout de déception amoureuse. Qu’est ce que vous souhaitez faire passer comme message ?

T : À travers les paroles, on a voulu faire apparaître un regard très cru de l’innocence, de la fragilité et de la naïveté. C’est presque caricatural, comme si ces sentiments très complexes et très adultes étaient perçus et racontés à travers les yeux d’un enfant. L’incompréhension du protagoniste face à tout ça redonne un aspect absurde à ses émotions prises trop au sérieux.

(…)
Nice and charming spells
Won’t make your tales real to me, real to me
Deep and shining eyes
Won’t give your lies a chance with me, a chance with me (…).

“Musicalement, nous voulons montrer qu’on est ouvert à tous, que nous avons la même liberté qu’un enfant de créer sans contraintes et sans limites”.

L’EP a été masterisé, comment vous avez conçu les morceaux? (enregistrement, studios, arrangements oui ou non) ?
 
A&T : Premièrement, les compos ont été écrites il y a de ça presque trois quatre ans. Quand nous avons décidé de faire ce premier EP, nous voulions d’abord le produire par nos propres moyens. Mais quand on a vu qu’on manquait d’outils et d’expérience dans le domaine, on a demandé de l’aide à un ami (un peu comme dans Qui veut gagner des millions, oui). Nous avons fait appel à des musiciens et arrangeurs, débutants dans la production. La batterie a été enregistrée début été 2016 et le reste en février 2017. On a mixé, arrangé et masterisé tout ça en mars/avril (beaucoup de boulot sur Never Mind d’ailleurs…) pour pouvoir le sortir en mai.

C’était vraiment un plaisir de travailler avec Adrien Paratian (alias Enkidü )sur l’arrangement et le mix. Il nous a été d’une grande aide et on le remercie sincèrement.

Le dernier titre “47”, vous faites le choix de vous acoquiner avec des nappes légèrement électro, d’y ajouter des chœurs. Qu’est ce qui vous a conduit à aller sur ce champ là ? Une envie pour la suite de mixer les styles ?
 
T : Malgré nos principales influences rock, on écoute aussi beaucoup d’autres styles musicaux, notamment un peu d’électro. À côté de notre musique très rock, on a toujours voulu s’amuser un peu et rajouter à chacun de nos morceaux des petites touches par ci par là d’univers différents, pour leur donner leur couleur propre à chacun. Pour le titre “47”, il s’est avéré que les idées d’arrangement se tournaient vers l’électro. En fait, chacun des morceaux possède une touche dans leur arrangements et je pense que nous continuerons à le faire, ça donne un plus à notre rock.

La nostalgie de l’enfance se dessine derrière ce premier EP, c’est pour archiver une époque révolue? Musicalement aussi ?

A : L’enfance n’est jamais révolue. J’espère qu’en chacun d’entre nous sommeille encore notre âme d’enfant. Même adulte, on peut encore se retrouver parfois dans l’incompréhension totale face à certaines situations, ce qui nous pousse d’ailleurs à agir plus simplement, comme un enfant. Musicalement, nous voulons montrer qu’on est ouvert à tous, que nous avons la même liberté qu’un enfant de créer sans contraintes et sans limites son univers.

Vous écoutez quoi en ce moment ?

A : Dernièrement, en pop rock, c’était plutôt les premiers albums de Coldplay, mais ce que j’écoute le plus souvent en ce moment, c’est des playlists d’un mélange de jazz/rap/hip-hop (appelé Lofi Hip-Hop) et des musiques de films d’animations de Miyazaki comme Le Château Ambulant ou Princesse Mononoké.

T : Pendant la finition de l’EP, j’écoutais pas mal d’artiste pop/folk, j’ai notamment découvert Fink, un artiste qui touche un peu à tout, folk, groove, funk, pop, et surtout un de ces derniers albums très calme et très planant. Sinon récemment je me suis remis à réécouter des groupes de rock américains contemporains, comme Nickelback ou Queen Of The Stone Age.

Quel est votre agenda prochainement ?

A&T : La priorité en ce moment, c’est de trouver des concerts, des dates. Maintenant que l’EP est sorti, on a de quoi démarcher les salles, les bars pour commencer à tourner dans Paris, se faire un peu connaître et trouver un public. On aimerait aussi réaliser un ou plusieurs clips pour les chansons de l’EP, vu qu’on réalise qu’on associe notre musique à un univers visuel et graphique, ce qui pourrait être très intéressant à rechercher. Sinon, on continue de travailler sur de nouveaux titres pour éventuellement donner un petit frère à “You” !

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