La double vie d’Alfons Van Pelt

Étonnement discret lorsqu’il s’agit de son activité professionnelle, particulièrement ostentatoire lorsqu’il cherche du travail ou évoque ses hobbies, Alfons van Pelt brouille les pistes. Il passe de l’ombre à la lumière au gré de ses lubies et de ses intérêts.

L’obscurité

Comprendre Alfons van Pelt, démêler les fils de sa vie, faire le tri entre réalité et affabulation, cela est un peu comme s’aventurer dans le palais du Minotaure. Il se prétend duc de Belgique, ancien pilote de F16, photographe professionnel. En réalité, il a travaillé comme salarié pendant de longues années chez UPS. À quel poste ? Mystère. Même sur ses curriculum vitae, il ne détaille pas la fonction qu’il a occupée et se contente d’évoquer vaguement le marketing et la communication. Mais l’affaire devient plus obscure encore lorsqu’il s’agit de sa société Periflex International Consulting. Un siège social au Luxembourg, des bureaux en Belgique, une filiale à Singapour: mais que faisait donc cette entreprise ? Là encore, mystère. Quelques informations, émanant de sites légaux, sont toutefois connues. La société Periflex a en effet été mise en faillite volontaire en janvier 2015. La vingtaine d’employés a été licenciée et pointe actuellement, pour la plupart, au chômage. La filiale de Singapour est-elle toujours en activité ? Où se cachent les bénéfices réalisés durant les seize années de fonctionnement ? Rien ne transpire. Alfons van Pelt garde le secret.

La lumière

Alfons van Pelt est beaucoup plus volubile lorsqu’il vante ses qualités de photographe. Il s’est même créé un blog pour présenter ses photos. En guise de photos artistiques, il nous présente des jeunes filles dévêtues posant devant l’objectif. L’homme est visiblement plus sensible à la plastique de ces starlettes qu’à l’art de la photographie. Même un œil non averti perçoit immédiatement l’amateurisme de ses clichés pourtant autoglorifiés par l’auteur lui-même. Pour se vendre, Alfons van Pelt sait se mettre en avant. Tel est notamment le cas lorsqu’il cherche un emploi. Si ses CV sont flous quant à ses fonctions passéess, ils sont en revanche extrêmement prolixes sur ses compétences. À 49 ans, Alfons van Pelt prétend notamment être apte à occuper « tous les postes ». Il se targue d’avoir « eu une carrière militaire ». De même, il affirme que « la défense et les services de renseignements non pas de secret pour lui » et avoir « plus de trente ans d’expérience dans la communication et le marketing ». Ce ne sont bien évidemment pas les seules cordes dont dispose son arc puisqu’il maîtrise parfaitement « les marchés d’Europe de l’Est, la culture et la sociologie de ces pays ». Démêler le vrai du faux? Personne n’en est capable à ce jour…

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