Comment je n’ai pas préparé mon marathon.
J’ai fini le marathon de Paris avec le minimum de préparation. J’entends par là, la semaine dernière je buvais à en vomir pour fêter mon anniversaire, 3 jours avant je tapais dans une pinte, la veille je me faisais une méchante pizza, et j’ai dormi dans un putain de clic clac à peine 6 à 5h (Oui j’avais loué un airbnb miteux). Bref, ils vous tardent peut-être de savoir mon remède miracle pour préparer un marathon. Je vous explique tout.

Revenons 6 à 7 mois en arrière, où on a pour habitude de courir car il fait beau. C’est la fin de l’été. On se sent bien. On voit pas mal de marathon se dérouler. Des personnes de tout âge y participent. On les voit prendre du plaisir. En plus on vient de s’acheter un kit complet pour faire du running, un foutu T-shirt Kalenji trop beau que tout le monde a, une paire de pompes Oasics que tout le monde a, on a son petit brassard pour y glisser son smartphone avec les petits écouteurs beats ou apple pour écouter le bon vieux Runstatic qui enregistre vos stats en se gourant d’un kilomètre parfois. Bref on se dit c’est cool et si j’y participais, après tout j’arrive à courir 5 à 10 km pépére. Je peux y arriver.
Et bien foncez! Entrainez-vous régulièrement 2 à 3 fois par semaine au début car vous êtes motivés. Vous venez de claquer tout de même 100€ pour une course qui va se dérouler dans 6 à 7 mois. Vous allez vite vous blesser à un genoux. Vous allez arrêter grossièrement 2 à 3 mois car de toute façon on s’en fout c’est dans 6 mois.
On se retrouve mi-janvier, car oui vous êtes un flemmard ou un procrastinateur, vous vous dites merde, je me suis inscrit à un marathon, tout le monde prend des bonnes résolution, et moi je ne suis même pas fichu de m’entraîner pour un putain de marathon. (A ma décharge c’était l’hiver, il faisait froid dehors.)
Alors vous vous y remettez tout doucement, en commençant comme il y a 3 mois, par des 5km et parfois “Ôh” des 10km. Vous vous dites finalement je reprends bien. Ça va être easy. Et vous vous rendez vite compte qu’il fait un temps de chiottes, et que 10km c’est déjà bien. Et là, c’est parfait. Si vous vous accrochez à faire 10km une fois par semaine à l’approche de votre marathon, c’est jackpot. Mangez et buvez autant que vous voulez, après tout vous allez morfler du 31e au 41eme kilomètre car là votre corps va vous dire “Connard, t’aurais pu faire du gainage ou un peu d’abdo! Putain t’as vu la gueule de tes jambes?!” mais ca on s’en fout c’est le jeu et c’est pour tout le monde pareil (hormis les Kenyans, ils faudraient qu’ils m’expliquent un jour). Le plus dur ça va être dans la tête. Vous allez être avec vous même. Soit vous craquez (merde 200 boules au total pour se foutu marathon, en plus j’en ai parlé à un cercle restreint de ma famille, à ma copine qui en a parlé à sa famille en cercle ouvert soit 50 personnes, à mes collègues, mon employeur, … si vous avez une petite estime de vous même, ou un peu d’ego, çà tout le monde en a, et bien vous allez vous battre.) Je suis allé au marathon dans le but de faire un marathon et de finir le marathon pour me prouver que je pouvais faire cette course, chose faite.
Bon, je vais vous avouer que j’ai eu besoin des conneries de gel et de poudre pour le petit coté placebo, en me disant une bonne grosse dose de sucre ça ne peut pas me faire de mal. Cependant, pour redorer mon blason, je l’ai fait en mode Leonidas dans 300, sans slip, sans smartphone, sans musique, et sans montre. Juste short, tshirt, chaussettes et baskets. J’étais bien!
Pour résumer, une grande partie des personnes à qui j’en ai parlé (et qui me voyaient plus boire de la bière et taper dans les burgers) étaient peu optimiste à mon sujet, “T’es un connard!”, “T’es malade, tu vas te blesser”, “t’as vu comment tu t’entraines? à coup de pintes”. Bref, aujourd’hui je montre à ceux qui lisent ce post qu’il est (relativement) facile de courir un marathon (vous allez en chier quand même), il faut juste courir assez régulièrement 10km vers la fin et avoir un mental d’acier. Si vous le faites c’est que vous avez un objectif ou que vous voulez prouver quelque chose.

Bonne course !