Vie d’expat : Mathieu, un jeune observateur en mission à Hébron

« Kifak ? »

Voilà comment on dit « Comment ça va ? » dans cette région du monde qui se trouve au carrefour d’un conflit qui attise les polémiques depuis de nombreuses années : le Territoire palestinien occupé.

Trêve de politique, intéressons-nous plutôt au parcours et au travail d’un jeune aventurier des temps modernes qui a décidé d’aller aider son prochain dans cette contrée aux paysages dorés.

Mathieu est un personnage haut en couleur, qui désire comprendre le monde dans lequel il vit. Une mission plutôt périlleuse ! Mais avec un tel crédo, il semble évident que le voyage est la bonne solution. Alors, premier voyage ? Non, pour lui, la Palestine n’est qu’une étape de plus ! C’est un véritable globe-trotteur qui a déjà traversé de nombreux pays, autant sac au dos que pour effectuer des recherches sur le terrain. Cet expatrié se présente comme un Valaisan de « cœur et d’esprit », en définition comme tout Valaisan !

Titulaire d’un Master en développement territorial obtenu à l’Université de Genève en 2013, son parcours d’étudiant a été une bonne opportunité de découvrir le monde! Il commence par un échange Erasmus de six mois sur l’île de la Réunion, un véritable paradis terrestre, selon lui. Une affirmation qu’on veut bien croire. Il part ensuite effectuer son travail de mémoire de Master au Laos, avec comme thématique les questions de la modification de l’utilisation du sol.

Et alors, après ça, toujours pas décidé à te poser ?

De Berne à Hébron

Mathieu se posera finalement une petite année, et ce dans la capitale bernoise, pour effectuer un stage au Département fédéral des affaires étrangères. Par la suite, la tentation du terrain refait surface, une perspective importante surtout lorsque l’on désire comme lui travailler au sein de la coopération internationale. Eh hop, direction la Palestine !

Actuellement, Mathieu est mandaté par l’« EPER » et « Peace Watch Switzerland » en tant qu’observateur des droits humains dans le cadre du programme d’accompagnement œcuménique en Palestine et Israël. Il est principalement basé à Hébron, une ville coupée en deux par la partie H1 et par la H2, avec d’un côté la population palestinienne et de l’autre les colons israéliens. Une ville emblématique du conflit israélo-palestinien où il n’est de loin pas évident d’y vivre.

Alors Mathieu, c’est quoi le but de ta mission sur place ?

« Le travail se divise en trois activités principales. Premièrement, offrir une présence protectrice à des communautés vulnérables, en particulier les enfants palestiniens. Ces derniers sont fortement touchés par l’occupation israélienne (arrestation, contrôle quotidien et même détention, entre autres…). Deuxièmement, soutenir les Palestiniens et les Israéliens qui s’engagent ensemble en faveur d’une paix juste, tout en effectuant un travail de documentation et de rapports concernant les violations des droits humains. Enfin, tenter d’alerter la société civile helvétique sur les violations des droits humains commises sur place. Un projet dont l’objectif est de sensibiliser l’opinion public et le gouvernement de notre pays. »

Des plans pour le futur ?

Le désir de s’investir pour cette cause semble très important aux yeux de notre aventurier et les projets semblent légions dans l’esprit du Valaisan. Mathieu est passionné de photo. Il a donc profité de ce voyage pour faire un nombre incalculable de clichés plus magnifiques les uns que les autres. L’objectif derrière tout ça ?

« Je vais tenter de réaliser une exposition de photos avec la volonté de montrer la vie des enfants palestiniens sous l’occupation. La photographie est un mode d’expression particulier et peut témoigner d’une réalité sans forcément y ajouter de grands discours. »

Il souhaite aussi écrire des articles sur son expérience et participer à des exposés sur la situation actuelle en Palestine. L’objectif est de continuer l’aventure après son retour en Suisse. On lui souhaite donc bonne chance !

Et ta vision de la Suisse depuis si loin

Mathieu a toujours aimé comprendre le monde mais aussi réfléchir à la relation entre notre pays et l’étranger. C’est pourquoi il a effectué une année de stage au DFAE dans la Division sécurité humaine. Pour Mathieu, il est difficile d’émettre une réflexion sur la Suisse, car il n’y séjourne que périodiquement.

« À l’heure où Daesh terrorise la planète, où d’innombrables migrants meurent noyés dans la Méditerranée et où le mot démocratie est simplement inexistant du vocabulaire de nombreux pays, l’unique souhait que j’aurais pour mon pays est une certaine ouverture plus prononcée envers les communautés dans le besoin. »

Malgré ce constat d’une grande véracité, on remarque bien qu’au fond de lui la montagne de Massada, dans le désert à côté de la Mer Morte, ne remplacera jamais les Alpes de son enfance. Un Valaisan reste un Valaisan !

Si vous avez des questions ou des remarques à adresser à Mathieu, n’hésitez pas à poster directement un commentaire à la suite de cet article. D’autres informations sur le programme pour lequel travaille notre expat du jour sont disponibles sous le site de l’EPER et de Peace Watch Switzerland.

Si vous aussi vous voulez exprimer votre soif pour le monde, n’hésitez pas à partager cet article ou parlez-nous de vous et nous écrirons votre histoire qui fera avancer la Suisse.

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Originally published at rostigraben.ch on August 6, 2015.

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