Mort numérique ou vie éternelle

Lutter contre la fin de vie est une préoccupation qui agite énormément l’esprit des gurus san franciscains et pas mal de “tech companies” majeures dans le monde.

Mais comment la technologie nous permettra de nous extirper de nos limites physiques ? Via la biologie, la robotique, ou encore le lifelogging (ou augmented memory) ce sont autant d’exemples qui concrétisent cette possibilité.

“Life is pleasant. Death is peaceful. It’s the transition that is troublesome”
Isaac Asimov

Black Mirror

Les traces que nous laissons chaque jour à travers notre consommation de contenus sur internet révèlent énormément de choses sur nous. Notre personnalité, nos convictions, notre image physique, les relations que nous avons etc. (la liste est longue). Ainsi à chaque publication que nous réalisons, nous transmettons un peu plus une part de nous. Toutes ces traces, si elles étaient collectées permettraient de reproduire notre personnalité ou du moins celle que nous laissons apparaître.

Autant de métonymies de nous-mêmes que nous laissons ici et là sur différents réseaux sociaux.

Analysons d’abord comment Facebook a posé la première pierre.

Désigner un légataire à votre compte Facebook, la première pierre de l’édifice.

En 2098, il y a aura plus de profils de personnes décédées que de vivants sur Facebook (source).

Depuis quelques temps, Facebook permet à ses utilisateurs d’assigner un légataire à son compte Facebook, un moyen de permettre à chacun d’accéder au compte du défunt et d’éviter que ces données personnelles ne soient dérobées mais surtout de signifier à Facebook que le titulaire du compte est décédé.

Mais quel serait l’intérêt de conserver actifs les comptes Facebook des personnes décédées ? Aucunes prises de positions officielles à ce sujet de la part de Mark Zuckerberg, mais la question se pose.

Quel serait l’intérêt de conserver cette audience ?

Black Mirror

Mais la fin d’une vie ne signifie pas la fin de sa présence sur les réseaux sociaux. Facebook réfléchit manifestement à cette éventualité mais Twitter possède déjà un service tiers composé d’une multitude de bots analysant toutes vos publications, votre phrasé et vos comportements sur les réseaux sociaux pour les imiter.

Liveson, pour exemple, est un de ces services tiers. Le choix de leur baseline est parfait : “When your heart stops beating, you’ll keep tweeting.”

L’agence derrière cette application, Lean Mean Fighting Machine a justifié la création de cet outil par la demande grandissante de laisser une trace à sa famille et ses proches, pour leur permettre de vivre plus facilement cette perte et de conserver des souvenirs.

In Memory | A mother’s journey through death and grieving in the digital age.

Les raisons explicites ne sont pas encore clairement évoquées et le sujet déchaine les passions de nombreux commentateurs. Cependant aucune prise de position, de la part de Mark Zuckerberg, ne sont encore définies donc il ne sert à rien d’enrichir les polémiques.

Les données comme héritage

Pour conclure ce sujet, la question de la postérité est dominante. Demain, un héritage se composera aussi de biens immatériels (tel qu’un profil Facebook) même si la pratique n’est pas encore très répandue.

Aussi, cette pratique saura se démocratiser à l’avenir et devenir un enjeu important. Pour preuve, cette pétition change.org pour reprendre la main sur les données sur Facebook d’une personne décédée :

Lien de la pétition Change.org


Une problématique qui ne cesse de prendre de l’espace et tous les géants du net, Mark Zuckerberg en tête, devront prendre des positions claires. Si a première vue les données post-mortem ne présentent pas d’intérêt business pour un Facebook ou autre, pourquoi ne pas restituer instantanément la propriété d’un compte au proche qui le demande et qui justifie son identité. L’attribution d’un légat est donc un premier pas, et il ne faut pas sous-estimer l’attachement qu’une personne peut avoir aux profils sociaux d’un défunt.