
AGENDA DU SAHEL DU 27 AU 31 AOUT 2018
AFRIQUE
Theresa May, la Première ministre britannique entame une tournée en Afrique. Elle se rendra en Afrique du Sud, puis au Nigeria et au Kenya pour des discussions consacrées à la sécurité et, dans la perspective du Brexit, au commerce. La Première ministre britannique rencontrera les dirigeants de ces trois pays du Commonwealth. C’est la première visite d’un Premier ministre britannique en Afrique subsaharienne depuis 2013, et la première au Kenya depuis Margaret Thatcher en 1988.
La Première ministre britannique, Theresa May, en tournée diplomatique en Afrique annonce l’ouverture prochaine de deux ambassades au Tchad et au Niger, pour combattre « l’instabilité » dans « l’une des régions les plus fragiles » du continent.
SAHEL
Selon des ONG, dont le Norwegian Refugee Council (NRC), Action Contre la Faim, CARE ou encore Save The Children, onze millions de personnes ont un besoin urgent d’aide humanitaire pour leur survie, dans le bassin du Lac Tchad, région où sévit le groupe djihadiste Boko Haram.
Les ministres de la Santé de huit pays du Sahel dont le Burkina Faso, la Gambie, le Mali, la Mauritanie, du Niger, le Cap Vert, le Sénégal et le Tchad lancent l’Initiative pour l’élimination du paludisme au Sahel, une maladie qui menace plus de 90 millions de personnes dans cette région chaque année.
G5SAHEL
Création d’un nouveau dispositif sécuritaire du groupe des pays du G5 Sahel dans la capitale tchadienne N’Djamena. Selon Souley Boubacar le Directeur général de la Police du Niger par ailleurs président en exercice du Comité de défense et de sécurité de la force conjointe G5 Sahel, il s’agit « d’une police judiciaire commune, mise en place dans le but de répondre aux préoccupations des chefs d’États de la région ».
Le Président français Emmanuel Macron, lors de la présentation des orientations de sa diplomatie : l’Europe, la Syrie mais aussi le Sahel, zone d’action prioritaire pour la France dans la lutte contre le terrorisme met en avant les récentes victoires obtenues dans la région mais assure que l’action doit continuer et se renforcer. Il affirme ainsi, “Nous avons, dans cette région, obtenu des victoires importantes ces derniers mois contre la présence terroriste mais cette action doit se poursuivre avec la même intensité, en complétant la présence de la force Barkhane de plusieurs axes commencés, dès juillet 2010. Premièrement, nous avons appuyé et accéléré la création des Forces conjointes du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina-Faso, Niger et Tchad). Je suis convaincu que notre action militaire sera, en effet, plus efficace encore si elle s’articule mieux avec l’implication des cinq pays du Sahel concernés. Cette organisation est la seule qui, dans la durée, permettra la stabilité parce qu’elle implique pleinement cinq pays du Sahel concernés à leur propre sécurité. Il nous faut veiller à sa mise en œuvre et, dans les prochaines semaines et les prochains mois, nous aurons à conduire de nouvelles opérations conjointes avec ces forces du G5. Il nous faut aussi renforcer la coopération avec l’Algérie, exposée aux mêmes risques terroristes, ainsi qu’avec le Nigeria et le Cameroun engagés contre Boko Haram”.
Un nouveau projet de la force conjointe G5 Sahel, consistant à transférer le poste de commandement (PC) de N’Djamena à Wour situé à l’extrême nord-est du Tchad initié dans le but de permettre un meilleur contrôle des frontières. La démarche bénéficie d’un financement de l’Union européenne pour la construction du bâtiment. Dès le 15 août dernier, une mission de reconnaissance a permis de tester la piste d’atterrissage qui servira de point d’appui logistique au futur site.
Le G5Sahel initie une série de missions dans ses États-membres afin d’accroître les investissements en faveur de la résilience. Ce domaine d’action constitue l’une des quatre priorités de l’organisation régionale agissant en faveur de la sécurité et du développement. Le G5Sahel entend ainsi « contribuer à l’amélioration durable de la situation alimentaire et nutritionnelle, à la gestion rationnelle, à la valorisation des ressources naturelles et à l’accroissement de la résilience des populations vulnérables aux effets des changements climatiques ». Pour ce faire, l’organisation s’est adjoint l’expertise technique de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Programme Alimentaire Mondial (PAM).
BURKINA FASO
Burkina Faso: le référendum constitutionnel prévu le 24 mars 2019
On connaît désormais la date du référendum pour l’adoption de la réforme constitutionnelle au Burkina Faso. En prélude à ce suffrage, qui se tiendra le 24 mars 2019, une opération de révision du fichier électoral sera entamée d’ici quelques semaines, afin de prendre en compte les Burkinabè en âge de voter et dont les noms ne figurent pas sur le fichier électoral. C’est en effet dans un tweet que la commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé le référendum sur la nouvelle constitution.
Visite du Président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré du 29 août au 5 septembre 2018 à Beijing. Pendant cette visite d’Etat il participera au Sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), en vue de « relancer » et de « renforcer » les relations bilatérales entre les deux pays.
Burkina Faso: une attaque contre une brigade de gendarmerie fait 8 morts
Au Burkina Faso, sept membres des forces de sécurité intérieure trouvent la mort lors de l’attaque d’une brigade de gendarmerie à Pama dans l’est du pays. Un peu plus tôt, une source de sécurité avait faisait état de huit morts. Selon les témoignages recueillis sur place, les renforts composés de gendarmes et militaires qui venaient en soutien sont tombés dans une embuscade. Il s’agit de la deuxième attaque dans cette région en quelques semaines.
Le colonel Auguste Denise Barry, ancien ministre en charge de la Sécurité sous la Transition en 2015 au Burkina Faso, bénéficie d’une liberté provisoire. Il avait été déféré en janvier 2018 à la maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) pour son implication présumée dans une « tentative de déstabilisation du Burkina Faso ». Par ailleurs, M. Barry dirigeait le Centre d’études stratégiques en défense et sécurité (CESDS) qu’il a co-fondé, après avoir été limogé du gouvernement de la transition.
MAURITANIE
Selon le Président Mohamed Ould Abdel Aziz des opportunistes à l’étranger et des extrémistes à l’intérieur du pays soutenus de l’étranger prendront part aux élections législatives, locales et régionales prévues le 1er septembre prochain en Mauritanie. Le Chef d’État mauritanien s’exprimait ainsi à Aioun, lors d’une réunion avec les cadres, les élus et les représentants des acteurs sociaux de la wilaya du Hodh El Gharbi.
Lors d’un rassemblement présidé par le chef de l’État à Rosso, dans le sud de la Mauritanie, le Président Mohamed Ould Abdel Aziz fait de nouveau référence à l’éventualité d’un troisième mandat. En effet, Il a demandé à la population de voter massivement aux législatives pour son parti, l’Union pour la République (UPR), avec en ligne de mire la présidentielle d’avril 2019.
Une grande quantité de stupéfiants, de produits psychotropes, vins et médicaments périmés hautement dangereux, d’une valeur globale de 400 millions d’ouguiyas MRU soit (11 millions de dollars), détruite à 30 kilomètres au nord de Nouakchott, a-t-on appris de source judiciaire dans la capitale mauritanienne.
Les mauritaniens se rendent aux urnes, samedi 1er septembre, pour des élections législatives, régionales et locales qui constituent un test pour le régime du président Mohamed Ould Abdelaziz à moins d’un an de la présidentielle de la mi-2019. Un nombre record de 98 partis politiques participent à ces élections auxquelles sont appelés plus de 1,4 million d’inscrits. En cas de second tour, celui-ci se tiendra le 15 septembre.
NIGER
Confronté à des enlèvements, le Niger sécurise sa frontière avec le Nigéria
Le Niger renforce depuis deux mois ses patrouilles à sa frontière sud avec le Nigéria, dans la région de Maradi. Les autorités de Niamey entendent ainsi faire face à l’accroissement des enlèvements, dus à des criminels qui se mêlent aux réfugiés du Nigéria voisin, qui fuient des opérations militaires engagées contre les actes de banditisme dans l’Etat de Zamfara.
L’Union européenne apporte 100 million de francs CFA en soutien …
En réponse à l’épidémie de choléra qui touche le Niger, l’Union européenne apporte un financement humanitaire de 150 000 EUR (près de 100 millions de FCFA) pour aider les populations les plus touchées. Ce financement de l’UE appuiera la Croix-Rouge nigérienne à fournir une aide d’urgence indispensable, notamment en médicaments pour le traitement des cas, en eau, produits sanitaires et hygiéniques, en savon et aquatabs.
TCHAD
Quatre Tchadiens condamnés à mort lundi pour « faits de terrorisme » après l’assassinat en juin à N’Djamena d’une commerçante chinoise qui rentrait à son domicile. Les meurtriers « ont dix jours pour faire un pourvoi en cassation ou demander la grâce du président de la République », a précisé le ministre de la justice, Djimet Arabi. Selon Me Alain Kagonbé l’avocat de la défense, « La couleur de la peau » et la « diplomatie » ont « prévalu », et « la pression chinoise a eu raison sur la justice tchadienne».
Au Tchad, un parti d’opposition, l’Union démocratique pour le développement et le progrès (UDP), lance une pétition pour exiger le retrait de la nouvelle Constitution promulguée en mai dernier. Le mouvement politique estime qu’elle a été imposée par le chef de l’État Idriss Deby et qu’elle constitue une atteinte au multipartisme et au libre exercice des droits et libertés. L’UDP se donne un mois pour obtenir deux millions de signatures pour en demander le retrait.
NIGERIA
Une collégienne chrétienne enlevée par Boko Haram en février avec une centaine de ses camarades dans le nord du Nigeria appelle les autorités à obtenir sa libération, ont rapporté des médias citant un enregistrement présumé de la seule otage du groupe encore détenue par les islamistes armés.
Le président du Sénat nigérian, Bukola Saraki, se déclare candidat à l’élection primaire du parti de l’opposition, qu’il a rejoint récemment au dépend du parti au pouvoir, pour tenter de remporter le scrutin présidentiel de février 2019, face au Président sortant Muhammadu Buhari.
Selon l’ONG de défense des droits de l’homme Amnesty International, des « milliers de personnes », accusées notamment d’être affiliées à des groupes indépendantistes ou religieux, ont disparu dans les geôles nigérianes ou sont détenues par les services de renseignement depuis des années de manière « illégale et arbitraire ».
MALI
L’état-major français annonce que l’un des principaux responsables du groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), Mohamed Ag Almouner, et deux civils ont été tués dans une opération de l’armée française dans la région de Ménaka, dans le nord du Mali.
En proie à une insécurité permanente depuis plus de deux ans à cause des hommes du terroriste Amadou Kouffa, les localités du cercle de Ké-Macina plus précisément dans l’inter-fleuve connaissent de plus en plus de l’accalmie grâce à l’action des chasseurs traditionnels ‘ « Dozos » et les missions régulières de ratissage des Forces Armées Maliennes. Les populations se sentent de plus en plus en sécurité.
Dans un rapport rendu public, l’Organisation des Nations unies révèle l’implication de groupes armés signataires de l’accord de paix d’Alger dans des attaques dirigées contre les forces armées et de sécurité maliennes et dans la criminalité organisée.
Le gouvernement malien annonce les dates des prochaines élections législatives. Le premier tour se tiendra le 28 octobre et le second tour le 18 novembre prochains. Une annonce qui intervient quasiment dans la foulée du scrutin présidentiel qui a vu la réélection d’Ibrahim Boubacar Keïta, le 12 août, et débouché sur une crise post-électorale.
Les communautés Peulhs et Dogon du Mali signent un accord pour mettre fin aux violences dans le cercle de Koro dans la région de Mopti. Cet accord a été signé par 34 chefs de villages Dogons et Peulhs de cette localité.
Le Secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres désigne le général Dennis Gyllensporre comme le nouveau commandant de la mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali (MINUSMA). Ce militaire suédois va succéder au général belge Jean-Paul Deconinck, dont le mandat s’achèvera le 2 octobre. Haut responsable de l’état-major de l’armée suédoise et chef des forces spéciales de son pays depuis novembre 2014, le général Gyllensporre compte une grande expérience à l’international, ayant notamment été déployé en Bosnie-Herzégovine (1997–1998), au Soudan (2002–2003), à Bruxelles (2005–2008) et en Afghanistan (2008).
Le Conseil de sécurité prolonge le régime général de sanctions visant le Mali. Cette prorogation, d’une durée d’un an, a été votée à l’unanimité des 15 membres. C’est d’autant moins une surprise après la publication d’un rapport d’experts qui cible plusieurs signataires de l’accord d’Alger, qui se livreraient à des activités terroristes, ou à du trafic de migrants et de drogue. Des sanctions pourraient ainsi être prochainement prises contre certains individus accusés nommément dans le document, et qui seraient ainsi à l’écart du processus politique.
LES LECTURES A NE PAS MANQUER
Olivier KEMPF, Jean DUFOURQ, « Mali : l’entre deux », Géostratégia, 23 août 2018. https://www.geostrategia.fr/mali-lentre-deux/
François GIOVALUCCHI, « Et si l’Afrique émergente était une fable ? », point de vue, Le Monde, https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/08/29/et-si-l-afrique-emergente-etait-une-fable_5347668_3212.html
Aïssatou DIALLO et Mathieu MILLECAMPS, « Rapport de l’ONU sur le Mali : ceux qui font obstacle à la paix », Jeune afrique.com, http://www.jeuneafrique.com/621877/politique/rapport-de-lonu-sur-le-mali-ceux-qui-font-obstacle-a-la-paix/
