
AGENDA DU SAHEL DU 28 OCTOBRE AU 02 NOVEMBRE 2019
AFRIQUE
Il était l’homme le plus recherché du monde. Depuis l’annonce de la mort du chef du groupe Etat islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdad, dans un raid de l’armée américaine, les réactions se multiplient. Pour le Kremlin, qui dit toujours attendre une confirmation, ce serait “une importante contribution” à la lutte contre le terrorisme. Pour Paris, il s’agit d’une “étape importante”, mais la “bataille” contre le “terrorisme” se poursuit. En Afrique dans des pays comme le Mali, des djihadistes ayant fait allégeance au groupe Etat Islamique sont toujours présents dans le pays. De la fusion du MUJAO et des Signataires par le sang est né en effet le groupe djihadiste Al-Mourabitoune. Et c’est l’État islamique dans le grand Sahara (parfois désigné par le sigle EIGS), l’une des branches d’Al-Mourabitoune, qui a prêté allégeance à l’EI et à son “calife”, Abou Bakr al-Baghdadi, qui l’a reconnu officiellement le 30 octobre 2016.
Protéger les mausolées de Tombouctou ou aider à la reconstruction du musée national ethnographique de Bangui peut-il aider les militaires français à être mieux acceptés par les populations civiles du Sahel ? Alors que les manifestations de rejet contre la force « Barkhane » se multiplient au Mali, la question du renforcement des actions de protection du patrimoine culturel est ouvertement posée. « Les armées sont sur le terrain et elles ont des compétences. La protection du patrimoine culturel peut contribuer à l’acceptation de la force », a expliqué le général Dominique Cambournac, responsable de la Délégation au patrimoine de l’armée de terre (Delpat) et, à ce titre, à la tête d’une « unité » de seize conservateurs de musée, lors d’un séminaire sur « les conflits armés et le patrimoine » organisé le jeudi 10 octobre à Paris par le ministère de la culture et celui des armées. Une modeste expérience a été menée en Centrafrique, avec la restauration de la salle de documentation du musée national Barthélémy-Boganda, mis à sac durant la crise de 2013–2014 et fermé depuis.
Les jeunes de l’espace transfrontalier qui se battent au quotidien pour celles qui meurent et qui souffrent chaque seconde et chaque minute dans le monde dû au mariage d’enfant, veulent que la CEDEAO accélère l’adoption de la feuille de route pour l’élimination de cette pratique dans les pays membres. Ils l’ont fait savoir au terme d’un dialogue intergénérationnel entre jeunes leaders et décideurs qui s’est tenu le vendredi 25 octobre 2019 à Dakar, autour du Projet «Jeunes leaders contre le mariage d’enfant, une initiative transfrontalière en Guinée, Guinée Bissau, au Mali et au Sénégal». Ces jeunes issus de ces pays sus cités invitent l’instance communautaire à veiller à l’harmonisation des lois nationales par rapport aux dispositions internationales dans tous les États membres et qu’elle mette en place un projet transfrontalier entre les 15 pays membres pour lutter contre le mariage d’enfant.
SAHEL
Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies a renouvelé mercredi 30 octobre pour un an sa Mission pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé mercredi 30 octobre pour un an la mission MINURSO au Sahara occidental, sur fond de « frustration » du Front Polisario qui déplore l’inaction des Nations unies à pousser plus fortement pour une solution au conflit qui l’oppose depuis des décennies au Maroc. Une résolution en ce sens, rédigée par les États-Unis, a recueilli 13 voix pour et deux abstentions (Russie, Afrique du Sud). « Nous regrettons que le Conseil de sécurité revienne au business as usual », avait souligné avant le vote, lors d’une rencontre avec quelques médias, Sidi Omar, le représentant du Front Polisario à l’ONU.
G5SAHEL
Les chefs d’État-major des armées du G5 Sahel travaillent à la réorganisation de leur Comité de défense et de sécurité, qui tient sa 9e session à Nouakchott. Une rencontre qui intervient dans un contexte marqué par la multiplication des attaques terroristes de plus en plus meurtrières. Ces attaques terroristes dans l’espace du G5 Sahel ont fait 500 victimes de juin à septembre 2019. Ce chiffre a été révélé par le président du Comité de défense et de sécurité du G5 Sahel, le général Moïse Minoungou, chef d’État-major Général de l’armée du Burkina Faso.
BURKINA FASO
À l’appel de plusieurs associations, des milliers de personnes se sont rassemblées au stade Joseph Issoufou Conombo, de Ouagadougou en soutien aux forces de défense et de sécurité en lutte contre le terrorisme. Les participants ont également remis un lot de matériel aux forces armées et aux personnes déplacées internes. Des hommes politiques, des responsables coutumiers et religieux ou encore des militants de la société sont venus apporter, tout d’abord, un soutien moral aux forces de défense et de sécurité intérieure en lutte contre le terrorisme au Burkina Faso. « C’est pour les motiver, explique un participant. C’est aux forces de défense et de sécurité d’aller de l’avant. Nous comptons sur elles parce que si elles baissent les bras, c’est fini pour tout le monde ». « Nous sommes venus au stade pour soutenir nos forces de défense et de sécurité parce qu’apparemment elles sont laissées à elles-mêmes », estime une autre.
Au moins 15 civils ont été tués entre samedi et dimanche 27 octobre à Pobé-Mengao, dans la province du Soum, dans le nord du Burkina Faso, par des hommes armés, provoquant la fuite des habitants vers Djibo, le chef-lieu de la province situé à 25 km. « Des corps sans vie de onze personnes ont été retrouvés dimanche matin sur l’axe Pobé-Mengao — Pételbongo (…) probablement les corps des personnes enlevées la veille à Pobé-Mengao par les GAT » (groupes armés terroristes, dans le jargon militaire), a indiqué une source sécuritaire. « Samedi soir, de nombreux individus armés ont attaqué le village de Pobé-Mengao et enlevé plusieurs habitants, pillé des boutiques et emporté des engins », explique un habitant de Djibo. « Après le départ des assaillants, les populations ont commencé à quitter le village pour se réfugier à Djibo, surtout après la découverte des corps », a-t-il ajouté sous couvert d’anonymat.
Amaigrie, la lionne grogne en entrevoyant la nourriture. Le petit zoo de Ziniaré, près de Ouagadougou, dans la résidence de Blaise Compaoré vit d’expédients depuis l’exil de l’ex-président burkinabè après l’insurrection populaire d’octobre 2014 qui a mis fin à 27 ans de pouvoir. “On ne lui donne plus qu’un repas tous les deux jours. Les singes sont morts. Avant, il y avait éléphants, phacochères, pythons, zèbres, girafes… Ce n’est plus comme avant! On n’a plus de moyens. Le directeur du zoo envoie de l’argent quand il peut”, affirme le guide Boureima Sawadogo, qui aimerait une aide de l’État. Les partisans de Blaise Compaoré voudraient voir dans ce zoo, jadis financé par l’ex président dans sa commune natale, un symbole de l’état du pays depuis son départ. Comme celle à l’endroit de dictateurs à la fois haïs puis adulés, comme Mobutu en RDC ou Bokassa en Centrafrique, la nostalgie Compaoré grandit au Burkina.
Il y a cinq ans, des milliers de Burkinabè prenaient d’assaut la rue pour empêcher Blaise Compaoré de changer la Constitution et se maintenir au pouvoir. C’était en octobre 2014. Une mobilisation qui allait aboutir à la chute du président le 31 octobre 2014. Cinq après cette insurrection, la situation sécuritaire s’est fortement dégradée, surtout dans le nord du pays, avec la multiplication des attaques djihadistes. Depuis la chute de Blaise Compaoré, le pays est confronté à une spirale d’attaques djihadistes qui ont fait officiellement plus de 600 morts, civils et militaires et provoqué près de 500.000 déplacés internes. Au pouvoir depuis 27 ans, Blaise Compaoré avait su maintenir une certaine tranquillité dans la partie septentrionale de son pays alors que le voisin malien subissait les attaques de mouvements djihadistes. … L’an prochain, les Burkinabè se rendront aux urnes pour choisir leur futur président et il est à craindre qu’une crise postélectorale ne vienne fragiliser davantage un pays qui n’a pas fini de compter ses morts.
Il a suffi de trois jours pour que Blaise Compaoré soit poussé dehors par le peuple. Mais trois jours minutieusement préparés, comme le révèle l’enquête de « Jeune Afrique ». Retour, heure par heure, sur la chute de l’ex-président burkinabè. À compter les berlines carbonisées le long du bâtiment principal, à voir les dizaines de milliers de documents qui, dans la cour, jonchent un tapis de verre, de câbles et de mobilier éventré, à observer les murs noircis par les flammes de ce qui, il y a de cela quelques jours, devait être le lieu du « sacre » de Blaise Compaoré, on imagine aisément la tempête humaine qui a dévasté l’Assemblée nationale le 30 octobre. Et l’on comprend vite qu’il s’y est passé un miracle ce jour-là : pas de mort, pas même de blessé grave ; au sol, pas une tache de sang.
Hussaini, 14 ans (dont le vrai nom a été changé pour protéger son identité) écoute une leçon à la radio à Dori, au Burkina Faso. L’école de Hussaini a été détruite par des militants l’année dernière, l’obligeant ainsi que sa famille à fuir leur village du nord du Burkina Faso. Et depuis, il n’a pas remis les pieds dans une salle de classe. “Nous étions en classe quand nous avons entendu des explosions, des coups de feu. Et j’ai eu peur. Crier, crier, nous avons entendu courir. Les professeurs sont venus et ont couru, puis il y a eu des tirs”, a-t-il déclaré. Hussaini fait partie des nombreux enfants qui participent au programme pilote de l’agence des Nations Unies pour l’enfance. L’organisme dispense au quotidien des leçons gratuites aux élèves déplacés, grâce à des enregistrements radio.
NIGER
Il y a un an, dans le village de Tombokoirey, dans le sud-est du Niger, la sécheresse avait anéanti les récoltes, mettant à genoux la communauté, au bord de la famine. Sans une opération de transfert monétaire de la Croix-Rouge, bon nombre de familles n’auraient pas pu remonter la pente et seraient devenues des « déplacées climatiques ». Aujourd’hui, dans ce village, la terre aride et desséchée a cédé la place à une végétation luxuriante. Les cours d’eau ont repris vie, pour le grand bonheur des enfants. Mais ce n’est peut-être qu’un répit temporaire. Un arrêt brusque des pluies avant la maturité des plantes ou une invasion de chenilles pourrait survenir avant la saison des récoltes et tout détruire. C’est un cercle vicieux.
Des hommes armés ont lancé une attaque meurtrière dans la nuit de mardi à mercredi contre la base militaire de Blabrine au nord de Diffa, dans le sud-est du Niger, frontalier du Nigeria, où sévit le groupe djihadiste Boko Haram. Douze soldats nigériens ont été tués et huit blessés lors de l’attaque de la base militaire de Blabrine, dans le sud-est du pays, dans la nuit de mardi à mercredi, a annoncé mercredi soir le ministère nigérien de la Défense. « La position militaire de Blabrine, dans la région de Diffa, a été attaquée par des éléments armés non encore identifiés appartenant très probablement au groupe terroriste Boko Haram. Le bilan provisoire est le suivant (…) : 12 militaires tués, 8 militaires blessés », selon le communiqué du ministère lu à la radio d’État.
Pouvoir et opposition au Niger vont bientôt entamer un “dialogue” en vue “d’apaiser” le climat politique tendu à un an de la présidentielle de décembre 2020, a annoncé mercredi soir le Premier ministre Brigi Rafini à la télévision. “Le pays actuellement fait face à des défis, en particulier des problèmes sécuritaires, qui commandent que l’ensemble de ses fils se mettent ensemble pour y faire face. Le dialogue vise à créer un apaisement du climat politique”, a expliqué M. Rafini à l’issue d’une rencontre avec des représentants de la classe politique toutes tendances confondues. Depuis 2017, l’opposition refuse de siéger à la commission électorale et conteste le nouveau code électoral élaboré sur une base “non consensuelle, sans sa participation” et adopté en juin par le Parlement. Plusieurs tentatives de révision consensuelle du code entre partis présidentiels et opposition ont échoué.
TCHAD
Trois Tchadiens, le médecin-chef d’un d’hôpital, un infirmier et leur chauffeur, ont été kidnappés dans l’ouest du Tchad par des éléments du groupe djihadiste nigérian Boko Haram, ont indiqué jeudi plusieurs autorités civiles et militaires. Ce rapt s’est produit mercredi et il s’agit, selon ces sources, du premier visant du personnel médical dans cette région du Lac Tchad où Boko Haram multiplie les raids contre des villages, kidnappant généralement des femmes. Le groupe entretient des camps d’entraînement sur plusieurs des innombrables îles truffant cette vaste étendue d’eau bordée également par le Niger, le Nigeria et le Cameroun. “Le médecin-chef (de l’hôpital de Bagassoula), son assistant et le chauffeur, tous tchadiens, ont été enlevés à bord de leur voiture alors qu’ils se rendaient à Tchoukouliya”, une localité au bord des rives nord du lac, a déclaré à l’AFP le gouverneur de la province du Lac, Nouki Charfadine.
Idriss Deby s’est insurgé, lors du sommet de Sotchi, contre l’intervention militaire occidentale de 2011 en Libye qui a engendré, selon lui, la déstabilisation de la sous-région et du Sahel. Selon le Président tchadien, « La déstabilisation du Sahel par le terrorisme est étroitement liée au chaos installé en Libye à la suite de l’intervention militaire de 2011. L’Afrique, qui subit aujourd’hui de plein fouet les contrecoups de ce chaos, est pressée de trouver une sortie de crise, même si elle continue d’être injustement marginalisée dans la gestion de cette crise », a dénoncé Idriss Deby dans son intervention à Sotchi. «Dans ce combat du Sahel contre le terrorisme, le soutien de la Fédération de Russie est vital pour renforcer la stabilité régionale. L’appui en formation et équipements militaires, le partage des renseignements et des expériences avec les forces africaines engagées sur ce front seront d’une grande utilité», a également affirmé Idriss Deby.
NIGERIA
Benin City, État d’Edo, dans le sud chrétien du Nigeria. On est en 2013, Folorunsho Solomon est déjà réputé pour ses prêches et ses actions auprès des populations défavorisées lorsqu’il transforme son orphelinat en camp de déplacés pour les victimes d’un conflit islamiste qui se joue à plus de 1.000 kilomètres de là. Sur le site internet de l’International Christian Centre for Missions (ICCM), on promet protection, soins, nourriture, éducation, et aussi “apprendre à connaître Dieu et à le suivre”. Mais une quinzaine d’anciens missionnaires, d’enfants, de parents, d’employés des services sociaux, rencontrés par l’AFP ces derniers mois, sont unanimes: les petits y sont mal nourris, ont un accès restreint à l’eau, aux soins, le pasteur est violent, a des gestes déplacés à l’égard des jeunes filles — certains l’accusant même de harcèlement sexuel. Folorunsho Solomon dément tout: “Pas de mauvais traitements”, assure-t-il à l’AFP.
MALI
Un des groupes armés signataires de l’accord de paix de 2015 au Mali a prôné, samedi 26 octobre, la « fusion » en un large « mouvement politique » des différents groupes qui représentent le nord malien, alors que cet accord tarde à produire ses effets dans un pays toujours en guerre contre le djihadisme. La proposition a été faite par Alghabass Ag Intalla, le chef du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), qui se définit comme un mouvement « politico-militaire » multicommunautaire, en ouverture d’un « congrès » du mouvement à Kidal, dans le nord-est du pays. Ce groupe est l’une des composantes de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg), avec le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA).
Nouakchott a réuni cette semaine des responsables de groupes armés de la Plateforme (pro-gouvernemental) et de l’ex-rébellion. En cause : la situation tendue dans la localité malienne de Lerneb, située dans la région de Tombouctou, près de la frontière mauritanienne. Pour faire baisser la tension, les autorités mauritaniennes ont obtenu un cessez-le feu et une démilitarisation de la zone. À 60 km de la frontière mauritanienne, dans la région de Tombouctou, se trouve la localité malienne de Lerneb. Sur place, des éléments armés de la Plateforme (pro-gouvernement) occupent les lieux. Ils sont notamment installés dans l’école et des bâtiments officiels et appartiennent à la communauté arabe des Oulad Yche. Des populations locales y subiraient des tracasseries. À 10 km au nord de Lerneb, toujours en territoire malien, se trouve un autre groupe armé proche cette fois-ci de l’ex-rébellion et essentiellement composé de combattants de la communauté arabe des Tourmouz.
La ministre française des Armées, Florence Parly, s’est félicitée vendredi de l’engagement de l’armée danoise aux côtés de la force française Barkhane et de celle de l’ONU (Minusma) au Mali, avec deux hélicoptères, un avion de transport et des officiers de renseignement. “Le Parlement danois a validé (jeudi) le déploiement, à partir de décembre 2019, de deux hélicoptères Merlin à Gao, ainsi que de 70 militaires qui en assureront la maintenance et la mise en œuvre”, a relevé la ministre dans un communiqué. Ces hélicoptères de manœuvre constituent “une capacité critique pour l’opération Barkhane (4.500 militaires), qui se déploie sur un territoire vaste comme l’Europe”, a-t-elle relevé. Les Danois vont également déployer un avion C130J ainsi que 65 militaires au sein de la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Mali (Minusma). Dix officiers supplémentaires viendront renforcer les capacités de renseignement de cette force.
Le congrès du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), qui fait partie des groupes armés de l’ex-rébellion qui contrôlent toujours la ville de Kidal (nord-est du Mali), a pris fin mardi/ Le congrès pour le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) est d’abord la victoire d’un homme : Alghabass Ag Intalla. Il est confirmé dans ses fonctions de secrétaire général et à Kidal, rien ne se fait sans lui. Des invités au congrès notamment venus du Niger, de la Mauritanie et de l’Algérie l’ont constaté. Réélu par les congressistes avec un score nord-coréen, il prend même l’initiative : regrouper tous les mouvements armés du nord du Mali au sein d’un mouvement politique. À Kidal, il a été également question de l’accord de paix d’Alger. La ville malienne est toujours aux mains des ex-rebelles, même si un gouverneur nommé par Bamako est présent, mais discret.
Au Mali, les syndicats de l’Éducation organisent ce jeudi une journée de solidarité en hommage aux enseignants enlevés ou tués depuis le début de l’année par les groupes jihadistes. Ces derniers sont la cause également de la fermeture de près de 900 écoles à travers le pays. La semaine dernière, sept enseignants ont été enlevés par des groupes djihadistes vers Korientzé dans la région de Mopti dans le centre du Mali, avant d’être finalement libérés quelques jours plus tard. Mais « aujourd’hui, on dénombre quatre enseignants entre les mains de ces ravisseurs-là. Et un instructeur-coordinateur aussi, a été tué, informe Adama Fomba, le porte-parole des syndicats de l’Éducation. Vous voyez, la menace aujourd’hui est partout. Pas seulement au centre même, tout près de Bamako et dans la région de Koulikoro. Les enseignants ont du mal à travailler et l’État n’est pas en mesure, aujourd’hui — ça c’est notre constat — de sécuriser non seulement les écoles, mais aussi le personnel enseignant ».
- Les lectures à ne pas manquer
Caroline ROUSSY, « Pourquoi y a-t-il une urgence africaine ? », Interview, IRIS, 21 octobre 2019, https://www.iris-france.org/141167-pourquoi-y-a-t-il-une-urgence-africaine/
Shewit WOLDEMICHAEL, “Africa needs a continental strategy on foreign terrorist fighters: The problem of returning ex-combatants is aggravated by terror groups’ links to other forms of transnational crime”. https://issafrica.org/iss-today/africa-needs-a-continental-strategy-on-foreign-terrorist
Andrew LEBOVICH, Sacred struggles: how Islam shapes politics in Mali, Policy Brief, 1st November 2019, https://www.ecfr.eu/page/-/Secular_stagnation_malis_relationship_religion.pdf
