Une femme, ses cheveux et le cancer


Être une femme atteinte d’un cancer, c’est passer par plusieurs chocs. Celui de l’annonce puis du premier traitement et parfois quand la chimiothérapie s’impose, il y a le choc des effets secondaires : les vomissements, la fatigue et la chute de ses cheveux. Et la perte des cheveux est souvent vécue comme une perte de féminité. Des cheveux qu’on a maltraité par le passé parce que c’était la mode, qu’on a laissé sécher au vent un jour d’été et qui vont inévitablement tomber parce qu’on est une femme en plein combat contre le cancer.


Véronique vit dans le Lot. A 55 ans, elle lutte contre un cancer du sein depuis le mois de juin. Après une première opération, les médecins lui ont conseillé de faire de la chimiothérapie. Elle se soigne à l’Oncopole de Toulouse, un centre médical spécialisé dans la lutte contre le cancer. En novembre, elle fait sa première séance de chimiothérapie. Au lendemain de cette première épreuve, elle doit en affronter une autre : le choix de sa perruque.

“Si je me laisse aller, j’ai peur que la maladie revienne” Véronique

Avec cette perruque et toutes les coquetteries du quotidien, Véronique veut continuer à prendre soin d’elle pour toujours se sentir femme.


Salon de santé et beauté de Fabienne Gaubert ©BSC

Elle choisit sa perruque au salon de beauté et santé du cheveu de Fabienne Gaubert, situé à quelques mètres de l’Oncopole. Fabienne est coiffeuse depuis l’âge de 19 ans. Il y a 3 ans, elle crée ce salon réservé aux patients. Elle décide de mettre son talent à profit pour aider les malades, une cause qui lui tient particulièrement à coeur.

“Ils ont besoin d’amour ces gens là” Fabienne

Véronique a voulu rester anonyme mais chaque femme malade peut se retrouver dans son témoignage. Elle m’a laissé rentrer dans son intimité alors qu’elle vivait une période particulièrement difficile. Je lui ai consacré un documentaire où les mots du journaliste laissent place à un moment de la vie.


Beaucoup de malades ne peuvent pas se permettre de se payer une perruque qui leur ressemble vraiment, avec de vrais cheveux. Les prix peuvent parfois dépasser les mille euros. L’association Solidhair permet de leur venir en aide. Cette association récupère des cheveux naturels puis les revend à des perruquiers. Elle reverse les bénéfices à plusieurs malades. Pour récupérer les cheveux, Solidhair peut compter sur 400 salons de coiffure en France. À Nîmes par exemple, l’école de coiffure Espace Bourgier propose à ses clients, s’ils le souhaitent de faire don de leur cheveux.

De g. à dr. : Marie, Eline la directrice de l’école et Géraldine, professeur à l’Espace Bourgier de Nîmes. ©Sarah Gilmant

Il faut avoir au moins 20 centimètres à couper pour faire un don : Blonds, bruns, frisés ou raides, tout le monde peut donner ses cheveux. C’est un coup de ciseaux qui ne coûte rien. Et il n’ a pas que les femmes qui donnent leurs cheveux.

Capture Facebook

Le cancer le plus fréquent chez les femmes, c’est le cancer du sein. L’institut national du cancer (INCa) a recensé plus de 48 000 cas en 2012.


À ma mère, à ma grand-mère et à Véronique.