11 janvier 2015


Quel drôle de sentiment m’envahit, je ne sais que penser…
Les Français, seraient capables de s’indigner, de défiler, ensemble, main dans la main, pour défendre une même cause…
Pourtant j’avais placé la solidarité au rang des utopies.

Le mouvement des indignés en pointant les inégalités croissantes dans nos sociétés, dénonçait la toute-puissance des financiers et des industriels. À travers ce mouvement, je lisais le « pouvoir de choisir » et « non de subir ». S’indigner pour ne pas se résigner, un message porteur d’espoir, bien trop éphémère.

Chaque année la même constatation :
Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres sont de plus en plus pauvres…
Des centaines de Palestiniens et d’Israéliens meurent.
Des milliers de personnes meurent à cause de leur couleur, de leurs croyances, de leur sexe, de leur sexualité, de leur non-conformité.
Des milliers de femmes ou de jeunes filles sont violées, battues, tuées.
Les animaux meurent car ils n’ont plus d’habitat ou parce qu’ils nous gênent.
Les forêts disparaissent peu à peu tandis que les océans se troublent et vomissent de temps à autre leurs trop-pleins de déchets.

Mais sans aller si loin, des Français meurent de faim et de froid.

D’autres, exclus de notre société, survivent, se nourrissent de frustration et de haine. Ignorants, ils prennent alors leurs concitoyens pour cibles.

Au milieu de cette masse passive, s’écrasant sous le poids de son individualisme, certains s’indignent, se mobilisent, agissent pour le bien de tous et œuvrent dans l’ombre. D’autres s’expriment par la plume et nous font réfléchir.

En ce 11 janvier 2015, Benjamin Netanyahou, Mahmoud Abbas, Ali Bongo, François Hollande, Angela Merkel, des ministres russes, et j’en passe… Dieudonné… les rescapés de Charlie Hebdo, les familles endeuillées et des millions de français marchent ensemble.

Ces personnes marchent-elles ensemble en tant qu’hommes égaux en droits et en devoirs ? Ces personnes marchent-elles ensemble contre le terrorisme ? En soutien aux familles des morts ? Pour l’unité nationale ? Ou est-ce une marche pour la revendication de nos DROITS, notre droit d’expression et la revendication de notre LIBERTE. Nos sacro-saints droits qui passent avant nos devoirs car je peux dire, je peux faire ce que je veux même si c’est une incitation à la haine, au meurtre et à la destruction de notre humanité.

À ce propos, avons-nous tous la même définition du concept de liberté ?

« J’ai le droit, tu as le droit, nous avons le droit… » car « Je suis LIBRE ».
Et nos devoirs dans tout ça…
Quelle est notre responsabilité dans ce massacre ?
Quelle est notre responsabilité devant tant de haine ?
Comment avons-nous pu laisser notre jeunesse en proie à tant de haine ?
Pourquoi cette jeunesse est-elle à ce point ignorante et malléable ?
Pourquoi nos canons sont — ils chargés avec notre propre chair et font — ils couler notre propre sang ?
Ne récoltons-nous pas ce que nous avons semé : l’injustice, l’indifférence, la haine, la peur et la violence ?

Ces tragiques événements sont récupérés par certaines personnes malveillantes, qui se jouent de nos émotions, nos peurs, continuant ainsi à diviser pour mieux régner.

Et si nous gardions de ce rassemblement du 11 janvier 2015, l’idée que nous pouvons nous rassembler, marcher main dans la main, être solidaire pour lutter contre l’exclusion, pour offrir à tous la possibilité d’accéder à l’éducation, pour apprendre, se comprendre et se reconnaitre les uns les autres comme un même autre.

Revendiquons nos droits et demandons-nous quelle est notre RESPONSABILITE, quels sont nos DEVOIRS !

Que liberté, égalité, fraternité ne soient pas que des mots qui se disent mais des réalités qui se vivent !