Le Macronisme, c’est quoi ? #2 : l’Europe
Focus sur le chapitre 15 de ‘Révolution’ sur la nécessaire refondation du projet européen.
« Nous sommes la seule force politique proeuropéenne » a déclaré plusieurs fois Emmanuel Macron lors de sa campagne. La construction du projet européen est en effet un pilier de sa pensée politique énoncée dans ‘Révolution’. Le fil directeur est de restaurer la souveraineté européenne : « L’Europe est notre chance pour recouvrer notre pleine souveraineté ». En effet, « Face à l’afflux de migrants, face à la menace terroriste internationale, face au changement climatique et à la transition numérique, face à la puissance économique américaine ou chinoise, l’Europe est le niveau d’action le plus pertinent ». Les mesures concrètes découlent logiquement de cette vision : conserver les accords Schengen et renforcer le corps de garde-frontières européen (Frontex) pour aider à la protection durable des frontières, mettre en œuvre un système de renseignement commun, muscler notre capacité à négocier les accords commerciaux, favoriser les convergences sociales et fiscales notamment en matière de fiscalité environnementale ou la lutte contre le dumping social.
La nécessaire refondation passe par un noyau dur avant tout avec l’Allemagne ainsi que l’Italie et les autres pays fondateurs. La convergence économique devra s’appuyer sur la mise en place d’un budget commun de la zone euro (car sans budget commun, notre monnaie commune perd de sa pertinence et de sa puissance), sur la fin de l’obsession pour la « surconsolidation budgétaire » outre-Rhin et enfin sur les réformes à mener en France pour crédibiliser notre démarche. Les premiers mois du quinquennat n’ont pas manqué de volontarisme politique de la part de Macron sur tous ces points. La tournée en Europe de l’est pour négocier les modifications de la directive sur les travailleurs détachés en est un nouvel exemple.
Cette refondation nécessite aussi un renouveau démocratique (« ne laissons pas le monopole du peuple et des idées aux démagogues ou aux extrémistes »). Emmanuel Macron souhaite le lancement de conventions démocratiques dans toute l’Europe pour que les peuples renouent avec le désir d’Europe et fassent émerger les futures priorités de la construction du projet européen. Le fonctionnement de l’union européenne devra aussi s’engager dans de profondes mutations pour plus de démocratie et d’efficacité. Une réflexion autour des institutions et des processus électoraux (avec des listes pan-européennes ?) est nécessaire. Le pouvoir de blocage d’un état membre devra s’amoindrir face à l’intérêt commun quitte à aller vers une Europe plus différenciée. L’unanimité requise amenant l’immobilisme, il faudra accepter plus d’accords et de convergences partiels.
Notre vision de l’Europe n’est ni béate, ni technocratique et encore moins ultra-libérale, elle est profondément progressiste, protectrice et humaniste. Les fondateurs de l’idéal européen d’après-guerre ont été suivis malheureusement par trop de gestionnaires alanguis, il faut tout faire pour qu’ils ne soient pas in fine remplacés par les fossoyeurs de l’Europe mais par des refondateurs. L’année 2017 a été cruciale avec les élections autrichiennes, françaises puis allemandes. Nous sommes donc En Marche pour restaurer la souveraineté européenne et renouer avec les promesses initiales de l’idéal européen : paix, prospérité et liberté.
