Ma pire ennemie.

Je t’aime.
Je t’aime passionnément.
Je t’aime tellement que je voudrais t’épouser.
Que je voudrais t’infliger trois heures de cérémonies et un cocktail, un repas avec un oncle con, un oncle chiant et un troisième dépressif.

Tu croiserais mes parents que tu détestera aux premiers regards, ils te détesterons.Pour tes parents, Je ferrais semblant de faire un effort.

On va tellement s’aimer, on va tellement s’engueuler.
Mon amour ça sera fantastique, je t’aime tellement…
Je veux vivre la guerre froide avec toi. Qu’en silence tu me reproches de trop boire, de trop sortir. Que d’un soupir exaspéré, je te reproche de ne pas assez vivre.

Je veux que tu me rendes jaloux à en devenir paranoïaque. Maladivement jaloux, au point que je sente chacun de tes amis en me demandant lequel a ton parfum. Tellement jaloux que je traquerais ton téléphone, ta voiture et ton sac.
Je demanderais des comptes à ton facteur, à ton boucher, à ton chien.

Notre chien sera si beau, on partagera une exaspérante boule de poile qui bavera du salon au grenier. Il aboiera de manière stupide et obsessionnel sur chaque inconnu. Je veux qu’on voit sa tombe de stupide mangeur de chocolat au fond de jardin

Mon cœur. Je te veux.

Je veux te faire l’amour tellement mal, qu’on soit pathétique ensemble, qu’on s’enflamme maladroitement un moment et que fatigué on finisse par la même parodie de chorégraphie. Je veux qu’on soit mou, qu’on soit lent. Je veux qu’on finisses par ajouter ça a l’emploi du temps

Je t’aime tellement qu’un jour je te battrais, tu me bafferas, tu me griffera.
On cassera de la vaisselle, on se ferra saigner de haine en se demandant comment on en est arrivé là.

Nos enfants nous empêcherons de nous voir mourir, je veux te faire subir quatre grossesses et mille nuits sans sommeil. Je veux qu’on ramasses des biberons en s’engueulant.

On sera le couple parfait, on déchargera notre tension sur les enfants, je veux qu’on traumatise, qu’on transmettes nos névroses, qu’on tue leur confiance en eux en quelques phrases bien senties, qu’on les rabaisse, les complexes. Je veux qu’ils nous aimes, qu’ils nous excuses quand on les ferais pleurer de peur et de frustration.

Ô mon amour.

Je veux qu’on envisage le divorce en pleine crise de la quarantaine et qu’on traîne ça sur vingt ans. Qu’on se côtoie cordialement jusqu’à notre mort.
Par flemme, par peur d’assumer, par peur de nos actes manqués.
Je veux voir ton corps s’user sous le poids des années.

Quand on ne ferra plus jamais l’amour, tu deviendra un rocking-chair chair aigrie, et moi une commode grinçante

Ô ma chérie, ma colombe, mon amour, ma flamme.
Je t’aime tant.

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