Pourquoi j’ai donné 5$ à Bernie Sanders, candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle aux US

Les États-Unis sont la première puissance mondiale, contrôlent les mers du monde, ont un poids militaire, commercial et diplomatique gigantesque. Cette hégémonie leur permet d’imposer leurs choix politiques et économiques au reste du monde, avec des conséquences pour chacun des êtres vivants de cette planète.

Prenons la politique environnementale. Forgée à Washington, elle est exportée dans le reste du monde avec la douceur d’un gaveur d’oies. La non ratification du protocole de Kyoto et la polémique qu’il y a eu plus récemment lors de la COP21 en font foi(e). L’accord de Paris par exemple ne pouvait pas avoir d’aspect contraignant, sans quoi il devrait être ratifié par le Sénat américain composé d’une majorité de Républicains, le parti de droite aux US. Ce dernier qui rappelons-le ne “croît” pas au réchauffement climatique, l’aurait donc refusé en faisant capoter l’ensemble de l’effort. Le résultat est un texte qui ne satisfait pas l’ambition de la société civile, qui ne prend pas la mesure de l’urgence. C’est un texte au regard embué qui regarde son café Nespresso tomber goutte par goutte dans sa tasse le matin alors qu’il a déjà 3h de retard pour sauver la situation.

En tant que citoyen du monde, je me sens le droit et le devoir le m’informer et de m’exprimer sur la politique qui le gouverne; pour ceci, pour l’environnement et pour la santé politique internationale, je m’intéresse de près aux élections aux États-Unis, notamment les présidentielles. Et cette année, l’un des candidats à l’investiture démocrate est surprenant: Bernie Sanders incarne le mouvement issu d’Occupy Wall Street, considère le changement climatique comme la première menace pour son pays, veut faciliter l’accès à l’éducation, diminuer le budget militaire, combattre la corruption organisée et légale qui gangrène les élections. L’ensemble de sa campagne est soutenue par des dons de particuliers, pour pouvoir rester indépendant à la différence des autres candidats grassement soutenus par les lobbies. Ce peut être un changement de paradigme titanesque. Ce peut être une diminution de l’influence des lobbies sur la politique internationale.

C’est une personnalité intègre, qui inspire, qui m’inspire, qui me donne un peu d’espoir, et à force de me renseigner sur sa campagne, j’ai fini par embrasser son combat. Je rêve de victoire aux côtés de ses militants. Je crois au bénéfice que sa nomination pourrait apporter, pour les américains comme pour la planète. J’ai envie de le soutenir. Alors je l’ai soutenu: moi, français, le 12 septembre, j’ai contribué de 5$ au financement de la campagne.

Certes, une somme pareille peut sembler dérisoire, mais c’est plus que je n’aie jamais donné à un parti de mon propre pays. C’est un symbole, un message, et une critique. Je pense avoir aidé comme je pouvais, à distance, pour combattre idées rétrogrades et apporter un peu de justice. Après tout, nous arrivons bien à nous mobiliser après des attentats ou des catastrophes naturelles, pourquoi pas pour faire élire quelqu’un d’honnête et d’intelligent à la tête d’une institution si puissante que la maison blanche? Le débat ne mérite-t-il pas d’être ouvert?

Et, qui sait, peut-être cela pourra-t-il inspirer d’autres citoyens du monde?

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