Je suis moi. Et toi, tais-toi.

Toi t’es bonne, t’es moche, t’es grande, petite, rigolote ou intellectuelle.
Comment survivre dans ce monde d’étiquettes? A 30 piges j’apprends encore (ou devrais-je dire tout juste) à me connaître. J’apprends surtout à m’aimer et à (essayer de) laisser de côté ce que les autres pensent de moi. Ha les autres! ils en ont des choses à dire de chacun de nous, que ce soit physique ou moral, ces autres savent toujours nous décrire avec précision. 
Moi j’ai brouillé les pistes, de la petite grosse (pas très jolie selon moi) intelligente et bonne copine, j’ai mué à la bonasse (selon eux) qu’on a bien envie de mettre dans son lit. C’était une belle victoire pour moi. 
Non, en fait non. 
Parce que si les autres s’adaptent très vite et arrachent l’étiquette tel un sparadrap pour en coller une plus appropriée, moi je m’y perds. 
Je suis qui, en fait? 
Elle est où la petite grosse? Suis-je quand même intelligente ou mes neurones ont-ils fondu avec mon gras? Ai-je seulement le droit dans cette société d’être à la fois soucieuse de mon apparence et de mon intellect?

C’est là que tout se joue… Apprendre à se connaître. Il serait vain de penser qu’on peut le faire en excluant totalement le regard de l’autre. En effet, depuis notre enfance ce sont les autres qui nous permettent de nous connaître-apprécier-évaluer. Ce sont en tout premier lieu nos parents qui font cela. Pas que maman hein, la fameuse responsable de tout selon la psychanalyse, oups, je m’égare. 
Revenons à nos moutons, le mot s’y prête bien puisque c’est plongé dans la masse que nous allons nous forger. Ecole, famille élargie, activités… autant de petits morceaux identitaires à assembler.

Alors oui, je peux affirmer sans céder aux clichés que si ton papa t’a répété que t’étais con ou ta mère que t’étais moche toute ton enfance, le psy sera ton ami. 
Mais ne sous-estimons pas l’influence des personnes que nous ne ferons parfois que croiser… Des mots peuvent parfois s’ancrer, sans qu’on ne sache pourquoi ou qu’on n’y mette du sens, de manière plus que durable.

L’étiquette prend vite place, et sa colle c’est du costaud.

La décoller? 
Oui bien sûr! Parfois ça pique, parfois y’a un morceau de toi qui vient avec. Et ça, ça fait tellement flipper que tu préfères parfois la garder, la vilaine étiquette. Parce qu’elle a un côté rassurant aussi, on peut “se dire” , se définir. “Je suis l’aînée, sérieuse et travailleuse”, je suis la blonde, rigolote et facile” “je suis l’intellectuel, timide et bon copain” … Et puis en se définissant comme les autres nous voient, on n’a rien à prouver ou à débattre. 
Et si tu la décolles quand même ton étiquette? Yes, tu l’as fait! T’en as marre et c’est décidé tu ne seras plus le sportif de la famille… Ok. 
Mais t’es quoi alors? Intellectuel? Artiste? Altruiste? Drogué? Cinglé? PD? 
Nan parce que l’étiquette on t’a peut-être pas dit, mais c’est obligatoire! 
Ca rassure tout le monde! Donc t’es gentil, tu vas me coller ça vite fait, t’en prends plusieurs si tu veux mais tu fais vite avant que tout le monde ne soit perdu et que ta vie sociale se résume à celle de Rex*. (*poisson rouge, seul, vivant dans un bac plastique de 20cm sur 10)

La solution ? 
Cherchez-vous! Et quand vous pensez vous être trouvé, recommencez! Parce que nous n’avons de cesse d’évoluer, et que c’est beau. 
Allez au plus profond de vous et vous trouverez des merveilles! Si si! Même toi! 
Et ce que vous y trouverez de moins bien, acceptez-le, pardonnez-vous. 
Laissez les gens vous étiqueter si ça les rassure mais interdisez-vous d’enfermer les gens dans des cases, laissez les vous surprendre. 
Laissez-vous cette liberté.

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