Hello “Guilt-Free” food!

Nos culpabilités comme vecteur d’innovation

Dans une société à la recherche d’authenticité, l’industrie alimentaire ne fait plus recette aussi facilement. Les consommateurs revendiquent une alimentation différente, plus consciente, plus responsable. La mondialisation ne suffit plus à rassasier une population qui souhaite se faire du bien autant que faire le bien autour d’elle.

“Non mais tu ne peux pas manger ça, ce n’est que de l’huile de palme et du sucre !”
“Tes fruits viennent d’Amérique latine ? Tu connais les conditions de travail là bas ?”
“Des fraises en hiver ? Vraiment ? “

Nos mentalités ont changé et la stratégie de communication de l’industrie alimentaire s’est adaptée. Elle mise aujourd’hui sur nos culpabilités*.

*Personnelles, nées de ce que l’on s’inflige. Sociétales liées à l’impact que nous avons sur les autres. Environnementales, liées à celui que nous avons sur la planète.

Ces culpabilités, qui touchent l’ensemble de la consommation moderne, sont d’autant plus fortes lorsqu’il s’agit de produits alimentaires. Elles sont de formidables sources d’inspiration et d’innovation pour les marques.

Apparaissent alors dans nos rayons un pléiade de labels : gluten-free, organic, vegan, cage-free, grass-feed, non-GMO, sustainable, local …

Autant de nouvelles “authenticités” qui répondent à nos culpabilités et créent de la valeur (tangible et intangible) autour de nos aliments. Dites bonjour à la “Guilt-Free Food”. Pour notre bonne conscience : des produits frais et de qualité pour l’impact personnel, des producteurs locaux et des salariés heureux pour l’impact sociétal, et enfin des enseignes qui s’engagent de manière forte pour la cause environnementale.

The Guilt-Free Sweet Spot

Quel est le moteur de cette “prise de conscience généralisée” ?

L’un des moteurs de ce changement est indéniablement l’estime de soi (placée juste avant le besoin ultime d’accomplissement par Maslow). Le type de nourriture que nous consommons et la manière dont elle est produite sont devenus des outils de valorisation et de différenciation éthique, morale et fatalement sociale, à part entière. À l’image de notre voiture ou de notre montre, notre assiette est un nouveau moyen de communication qui permet de faire passer des messages, des valeurs, d’améliorer notre estime de soi mais aussi (et surtout) de construire notre “personal branding”.

Une guerre d’ego salvatrice pour la planète ?

#foodies #eatclean #foodporn #healthy …

___

À retrouver dans le “Steve Magazine n°3 — Special Food” publié par l’agence de publicité parisienne Steve : nouveaux usages, innovation, culture pop.