Avoir plusieurs jobs, c’est possible?

SWITCH COLLECTIVE
May 14, 2018 · 6 min read

“Et toi, tu fais quoi dans la vie?” Ah cette question ! Aussi incontournable que banale on y répond souvent avec une belle étiquette métier “je suis pompier / avocat / vendeur / DAF / jongleur / psychologue…” Mais quand on sait qu’on passe près d’un tiers de notre semaine à travailler, ça vaut le coup de s’arrêter deux secondes sur le sujet. Ton job est-il vraiment la seule et unique activité dans laquelle tu peux t’épanouir, te réaliser ? Et qui t’oblige à avoir un seul job ?

Chez Switch Collective on a la conviction que tu peux apprendre à inventer le parcours pro qui te correspond, celui qui ne conviendra ni à ton pote, ni à ta collègue, mais bien uniquement à toi. Ça s’appelle switcher. Et si ton switch à toi était en réalité un slash ? C’est à dire, un cumul de plusieurs activités pro, de side projects pour composer ainsi un parcours atypique, singulier mais qui te correspond.

Michael Schwartz, multi-entrepreneur / coach de projets / menuisier / yogi, te livre 5 conseils qui l’ont aidé concrètement pour inventer son slash et injecter plus de sens dans sa vie.

1# Accepter d’avoir plein d’envies

J’ai toujours adoré découvrir de nouvelles activités. Et je comprenais mal qu’on ait à choisir une seule activité, que ce soit dans les études, le travail ou le sport. Pourquoi être juste volleyeur, alors que j’aime beaucoup faire du volley, mais que j’adore aussi aller à l’escalade, courir et nager ?

On imagine cela assez bien pour le sport, mais on bloque quand il s’agit de transférer l’idée au monde professionnel. Pendant mes études, j’ai toujours mieux travaillé quand je changeais de matière chaque heure. Pourquoi cela serait-il différent une fois au travail ?

Même en étant salarié(e), on peut très bien avoir plusieurs rôles : coordinateur, formateur, champion d’Excel, médiateur…

Pour moi, tout est question d’acceptation, de compréhension de son fonctionnement propre : oui, on doit pouvoir s’autoriser à passer d’un sujet à l’autre pour mieux se réinventer, à redevenir débutant en découvrant de nouveaux rôles, et voir nos différentes envies se répondre et se construire mutuellement !

2# Construire son activité de Slasheur

J’ai co-fondé la Cordée en 2011, une communauté de travail avec des espaces de coworking dans plusieurs villes en France. C’est un projet qui me passionne, et où j’ai eu plusieurs rôles différents (porte-voix, coordinateur, négociateur, manager…).

Mais en 2016 j’ai réalisé que le fait de dédier tout mon espace mental à un seul projet m’épuisait et me rendait anxieux, car j’attendais tout de l’avancée de ce projet-là.

J’ai donc commencé à construire des activités parallèles, petit à petit . Ça s’est fait assez naturellement avec l’accompagnement d’entrepreneurs sur leurs projets : co-construction de leur Business Plan, coaching sur les volets structuration ou prospection.

Puis j’ai décidé de dédier une demie-journée par semaine à la menuiserie, pour me remettre dans une posture de débutant et faire de mes mains.

Ensuite, j’ai co-fondé la Bulle Yoga en m’impliquant sur la stratégie et le financement.

Et j’ai aussi pris du temps pour écrire ou donner des conférences.

Et aujourd’hui, grâce au recul opérationnel pris sur la Cordée, j’ai la possibilité de me consacrer à plusieurs autres projets de création !

3# Trouver son équilibre

Une chose m’a étonné : j’avais peur de moins bien faire mon travail sur mon projet principal, en slashant. Or c’est le contraire qui s’est produit ! En rationalisant (un peu) mon temps, j’en ai gagné sur des choses où je n’étais finalement pas utile. Et le fait d’avoir plusieurs activités m’a permis de détourner mon attention d’autres sujets lorsque l’anxiété me guettait sur mon projet principal. Résultat : j’étais moins dans le contrôle, j’ai réussi à lâcher prise. Ce qui n’a pas nuit aux projets, bien au contraire !

Pour ne pas me faire déborder, je m’organise désormais pour être le plus possible en phase avec mon rythme biologique : pas de rendez-vous avant 11h du matin, pour travailler sur des sujets qui demandent de la concentration; pas d’emails avant 10h du matin ; démarrage tôt le matin (entre 6 et 7h) mais fin relativement tôt (souvent 17–18h) ; le moins d’événements possibles en soirée, etc.

Cela me permet de passer d’un sujet à un autre efficacement, et de ne pas remplir mon agenda juste en fonction de ce que les autres veulent de moi, mais en équilibre entre les demandes extérieures et ma discipline personnelle.

Conséquence naturelle : cela demande une vraie rigueur sur la gestion du temps, la gestion des emails et chat, la capacité à dire non, les distractions, l’équilibre vie privée/vie pro…

Et attention à la charge mentale d’un nouveau projet ! Au moment de réfléchir à un nouveau projet, je pense désormais toujours à la charge mentale qu’il va représenter. Si elle est supérieure à l’intérêt (sociétal, intellectuel, social ou financier) du projet, j’évite !

4# Garder le cap

Le risque est grand, lorsqu’on commence à slasher, de se montrer enthousiaste et de démarrer plein de choses différentes en parallèle.

Deux éléments me semblent fondamentaux pour garder le cap.

D’abord, savoir qui on est. Pour faire simple, je suis avant tout un créateur, meilleur dans les phases de chaos que dans les phases d’organisation. Cela peut aller à l’encontre des rêves de mon ego, et savoir choisir en fonction de qui on est, et pas seulement de ce qu’on rêve, permet de choisir des projets adaptés. Je recommande un exercice pour aider à cela : écrire son mission statement, sa « lettre de mission » personnelle, où l’on essaye de résumer ce qui compte pour nous. Pour se projeter, il suffit d’imaginer des êtres chers parler de nous à notre départ de retraite, en évoquant ce qu’on a fait de bien dans nos projets. Que diraient-ils, pour vous ?

Un 2e élément, qui va avec, me semble important : c’est faire le point sur les rôles qu’on aime jouer dans les projets. Il peut y en avoir plusieurs. Pour moi, j’ai 4 rôles positifs : créateur, formateur, inspirateur, débutant. Et 2 rôles négatifs : coordinateur et contrôleur. C’est-à-dire que je me mets naturellement dans ces 6 rôles, mais que certains sont bons pour moi et pour les projets, et d’autres sont néfastes.

Résultat, au moment de réfléchir à un projet, je regarde en détail les rôles que je serais amené à jouer dans ce projet. S’il y a beaucoup de coordination et de contrôle, j’évite le projet, même s’il est enthousiasmant.

5# Trouver la bonne équation économique

Pas évident, une fois qu’on fait plusieurs choses, de s’y retrouver économiquement !

Le bon point, c’est que plus on fait de choses différentes, plus elles se nourrissent mutuellement : aider des entrepreneurs me fait prendre des meilleures décisions en tant qu’entrepreneur, ce qui m’amène à être rémunéré pour former des gens…

Le piège, c’est de ne pas faire payer assez cher, en se disant qu’on est débutant ou pas assez bon dans l’un de nos métiers. Je me mets une règle de me faire rémunérer un juste prix horaire, lorsque je travaille.

Et petit à petit, cela permet d’avoir 1, 2 ou 3 activités rentables, qui permettent de « dépenser » de l’argent sur d’autres sujets (comme la menuiserie pour moi), où je m’épanouis et j’apprends des choses.

Quelque soit le chemin qui te ressemble et qui te fait envie, l’important est de le suivre, sans se soucier des usages communs et des « qu’en dira t’on ». Une fois qu’on a commencé à faire différemment des modèles établis, on y prend goût !

Ça te parle ? Tu veux mettre en pratique ces conseils et enclencher ton switch, ton slash ? Viens au petit dej du 24 mai à 8h à La Bulle pour rencontrer la Switch Team Lyonnaise et voir comment retrouver du sens dans ton travail. Inscris-toi >>ICI<< // nombre de places limité !

Switch Collective aide les personnes à construire le parcours professionnel qui leur correspond via le programme Fais le Bilan Calmement. Prochain départ sur Lyon le 9 juin.

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