Glander et “réussir sa vie”: est-ce compatible?

Quand on a envie de “réussir sa vie” on a souvent du mal à s’autoriser à ne rien faire par moments. Car on nous répète toujours que « plus on en fait, mieux c’est ». Et si pour prendre une nouvelle direction et inventer son parcours, il fallait au contraire savoir par moments décélérer, lâcher les mains du volant et se laisser guider par la route ?


Ça tombe bien, on vous propose justement notre guide de voyage du Switch pour profiter au mieux du paysage !

LE SWITCH N’EST PAS UN LONG FLEUVE TRANQUILLE

Switcher, c’est « inventer son propre parcours », un processus créatif sans roadmap, souvent divergent et chaotique. Switcher, c’est aussi accepter de partir dans tous les sens, de s’essayer, de tester, d’expérimenter et même d’accepter de se perdre en cours de route. Switcher, c’est donc un peu comme partir en voyage mais sans connaître la destination !

Mais avant de parler de destination, il faut prendre la route ou bien se jeter à l’eau. Imaginez-vous à bord d’un canoë filant le long d’une rivière ? Vous avez envie d’arriver en bas le plus vite possible, même si vous n’avez aucune idée de ce qui s’y trouve. Normal puisqu’on vous répète à longueur de temps qu’il faut toujours être dans l’action, arriver le premier, ne pas perdre de temps… Alors vous ramez vite, fort et sans perdre le rythme et sans réellement profiter du voyage.

Pour cela, n’oubliez pas de lever les rames de temps en temps. De profiter du courant. Car même si ça vous bloque, vous fait taper les bords de la rive et vous met en travers de la rivière, ça vous permettra aussi de découvrir de nouveaux paysages insoupçonnés.

En route, le mieux c’est de se perdre. Lorsqu’on s’égare, les projets font place aux surprises et c’est alors, mais alors seulement, que le voyage commence ». Nicolas Bouvier

QUI VEUT VOYAGER LOIN…

…Ménage sa monture. Le Switch est souvent un voyage long et éprouvant : quand on veut du changement, on a tendance à se poser 1000 questions à la minute et à peser les POUR et les CONTRE. Tel un hamster sur sa roue, notre esprit ne s’arrête jamais et monopolise à la fois notre attention et notre énergie.

L’une des solutions pour calmer l’ébullition est d’apprendre à se reconnecter à son corps. La respiration fait partie des excellents moyens pour se recentrer. Le yoga et de la méditation sont d’ailleurs en partie basés sur des techniques de respiration qui vont permettre à notre esprit de se calmer et à notre attention de se poser quelque part.

Se remplir d’air pour faire du vide, ça vous paraît étonnant ? Pourtant, focaliser votre attention sur votre respiration vous aidera à libérer de l’espace dans votre tête, souvent bien trop chargée en phase de Switch.

RIEN NE SERT DE COURIR…

Parmi les idées reçues qu’il vaut mieux laisser derrière soit quand on switch, il y a celle du rapport au temps.

Même si Jean de La Fontaine nous a appris que « rien ne sert de courir, il faut partir à point », l’idée qu’il faille toujours aller vite pour être le premier est bel et bien ancrée. Le problème avec cette idée reçue, c’est que quand on y pense, elle va à l’encontre de nos cycles et de notre rythme. D’ailleurs, tout dans la nature nous le prouve : le cycle des saisons, celui des marées, du jour et de la nuit ou du sommeil.

La vie est faite de flux et de reflux, c’est une alternance de mouvement et de repos. Et vous savez quoi ? On a le pouvoir de ralentir et d’accélérer le temps en alternant nous aussi des moments où l’on fait des efforts avec d’autres où pas du tout.

Ce qui compte ce n’est pas la vitesse mais la puissance d’accélération.

ÇA NE RIME À RIEN ?

On a tendance à penser que ne rien faire ne rime à rien. Que, par définition, si on ne fait rien il ne se passera rien. Et si on vous disait que c’est justement le contraire qui pourrait arriver ? Que toutes les études neurologiques le prouvent : quand on met le cerveau en vacances, il se passe plein de choses dans nos têtes. Notre créativité est exacerbée, les idées fusent et on y voit plus clair.

C’est aussi la théorie que Stefan Sagmeister, dirigeant d’une agence de design New-Yorkaise, nous présente dans le TED Le pouvoir du temps libre, et qu’il a mis en pratique. Tous les sept ans, Stefan ferme son agence le temps d’une année sabbatique pour « rafraichir et donner une nouvelle jeunesse aux perspectives créatives de l’agence et entreprendre certains projets expérimentaux difficiles à accomplir pendant une année classique de travail. Pendant cette année sabbatique, nous ne sommes disponibles pour aucun de nos clients. Et comme vous pouvez l’imaginer, c’est un moment merveilleux et très énergique. »

Et si le « rien » pouvait finalement se remplir de projets insoupçonnés ?

LOST IN TRANSLATION

Quand on voyage, il arrive que l’on se retrouve aussi « lost in translation ». D’ailleurs, dans notre programme Fais le Bilan Calmement, on rencontre beaucoup de personnes qui sont en transition entre deux jobs et qui se retrouvent … à n’avoir rien à faire ! La plupart d’entre eux sont alors tellement effrayés par ce vide qu’ils utilisent toute leur énergie pour le combler.

Pourtant, il est dans l’ordre des choses qu’entre deux projets, il y ait un vide qui s’installe. Et ce vide peut devenir fertile !

Pendant ce moment de flottement, laissez-vous porter. Osez le vide et ne cherchez pas à le combler. Prenez votre temps, perdez-en aussi (malgré ce qu’on vous a appris) et empruntez même quelques détours. Vous verrez, il y a des choses qui se font toutes seules et des silences qui peuvent tout résoudre.

Ce moment de vide est aussi celui où il va justement falloir faire de la place voire du tri… autour de vous ! L’environnement peut devenir la pire des choses dans les phases de transition. Notre entourage ne comprend pas toujours que l’on ne fasse rien (car le rien leur fait peur à eux aussi) et vous risquez d’entendre des phrases comme « mais tu perds ton temps ! » qui rendront votre vide fertile peu productif car culpabilisant.

RENDEZ-VOUS EN TERRE INCONNUE

Le pays du vide fertile n’est pas celui où l’on se fixe des objectifs : aux murs de l’inconnu il n’y a pas d’attaches. En revanche, c’est le lieu où l’on va se plaire à diverger, à essayer juste pour le plaisir, sans finalité, à observer et à se créer de nouvelles habitudes.

Cela peut paraître étonnant mais vide fertile rime aussi avec routine, habitudes et discipline. Intégrer une routine vous permettra d’impulser le changement et d’être plus créatif. Et l’une des meilleures habitudes qui soit est celle de prendre du temps pour toi. Cela vous aidera à sortir du multitasking, à pondérer les sollicitations trop nombreuses et à y voir plus clair.

Parmi ces habitudes, voici celles que l’on préfère :

· Les pages du matin : elles font partie de la méthode « Miracle Morning » et consistent à écrire, au réveil, tout ce qui nous passe par la tête. Idéal pour poser des intentions et augmenter sa créativité.

· Le journal de flow : parfait pour identifier ce qui nous anime et nous fait vibrer, il nécessite de repérer puis d’écrire toutes les activités de notre journée durant lesquelles on se retrouve dans un flow : celui du temps qui file à une allure folle tant on ne le voit pas passer.

· La liste des « 3 kifs par jour » : dans laquelle vous pouvez noter ce qui vous a touché, ému, marqué dans votre journée. Le moment idéal étant de le faire avant d’aller se coucher, pour s’endormir sur une note positive.

· La méditation : qui vous permettra, en moins de 15 minutes, de vous reconnecter à votre corps

· Aller au bureau en marchant ou à vélo et faire divaguer votre esprit. Idéal aussi pour vous ouvrir à de nouvelles perspectives.

· Danser ou chanter tous les jours

· Mais aussi, sourire plus !

Enfin, lors de votre voyage au pays du vide fertile, gardez en tête qu’un grand pas n’est bien souvent rien d’autre qu’une suite de petits pas.

Alors vous aussi, essayez ! Osez le vide. Plus on lâche et plus les choses viennent à nous. Au contraire, plus on les cherche et plus elles s’échappent. Car même si profiter du vide fertile signifie aussi de sortir de sa zone de confort, on en revient souvent plus fort et avec tout un tas de nouvelles idées à explorer.


Pour aller plus loin :

Chez Switch Collective, nous organisons régulièrement des ateliers pour permettre à tous de s’essayer à de nouvelles activités : chant, improvisation, collages, écriture ou encore sophrologie et méditation.

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