Courtes pensées sur l’amour

On ne cherche jamais vraiment l’amour. Dans nos envies exagérées c’est une parole douce que l’on espère, une présence à ses côtés dans un lit étroit, une main déposée un torse, presque par réflexe, au moment de s’endormir. C’est physique, en somme. Chimique, au mieux. Et pourtant le plaisir éprouvé par un baiser que l’on dépose sur une lèvre humide apaise chaque fois comme si le sens du monde s’y dévoilait prudemment.
L’amour, indéniablement, écorche nos certitudes (d’athée convaincu par exemple). Son expérience est presque divine puisqu’il nous est souvent impossible d’y attribuer plus qu’un mot. Au delà, toute définition devient intime, relative. En ce sens l’amour et Dieu ne font qu’un; ici le judéo-christianisme a mis le doigt sur une vérité, en la travestissant sans doute.
En amour tout le monde a raison; ce serait donc injuste de rejeter la réalité que révèle le cynique Bukowski, la promesse non tenue de l’amour:
“Love is kind of like when you see a fog in the morning, when you wake up before the sun comes out. It’s just a little while, and then it burns away… Love is a fog that burns with the first daylight of reality.”
Et pourtant l’amour est là, sur cette petite planète insignifiante, comme un défi lancé à l’univers tout entier. Un homme est bien peu de chose mais il peut se convaincre qu’il est tout à la fois. Et le monde, qui est tout, s’incline humblement devant le miracle de l’amour humain.