LIVE : GS GRINGO ROOTS 2015

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31 Oct : ANTOFAGASTA

C’est une journée triste et heureuse. Un grand voyage prend fin, une expérience acquise nous enrichit. Les derniers kilomètres vers Antofagasta ont été parcourus au ralenti avec moult pauses pour profiter de ce voyage jusqu’au bout ; personne n’était pressé d’arriver au bout. Le Gringo Emmanuel m’a même expliqué le soir “Pour être sûr d’avoir le temps, j’ai mis des galets dans mon sablier.. “

Des regards perdus vers l’horizon Pacifique, des mains qui caressent le sable d’une plage, du pilotage déjà nostalgique du mois passé… Des petites tapes amicales discrètes sur le flanc de nos motos en roulant, pour les remercier de leur fidélité et fiabilité… Des gens qui se serrent dans les bras, qui se tapent dans la main, des regards complices, du bonheur partagé, qui convergent le soir vers une dernière soirée ensemble pleine de bonne humeur, de rires, de souvenirs de galère, d’émerveillement et tout se finit par une chanson offerte par les femmes de notre voyage. Chanson touchante, juste, fine, drôle… Femmes exceptionnelles, courageuses, joviales et qui méritent tout notre respect.

De son côté, notre légionnaire Mauro a décidé de frapper fort. Avec les 3 motos de location T3 abimées et rendues HS par les pilotes, il en a fait 2 parfaites, en n’hésitant pas avec son acolyte Klaus, à échanger 2 moteurs de R1200GS LC puisque on ne trouvait pas de joints de culasse dispo au Chili… Le tout en 24 heures chrono… Un type juste magique et exceptionnel.

Au final, celui qui m’a touché et qui m’a provoqué une forte émotion d’amitié c’est mon pote Robocop, Gérard Lagoutte, qui discrètement en fin de soirée est venu m’expliquer : “je viens de finir mon 3eme GS GRINGO avec toi depuis 2008. Que du bonheur. En 2008 j’avais acheté une tenue BMW Motorrad Rally neuve, elle a fait les 3 Gringos. Je te l’offre…“

Le premier volet du GS GRINGO 2015 prend fin ici à Antofagasta. Le 2eme volet débutera ici aussi, pour rejoindre Ushuaia en un mois, avec un groupe nouveau, à part nos irréductibles Emmanuel, Francine, Bruno, Alain, Jean François, Monique et Bernard qui eux font les 2 voyages d’affilé. Ils partent sur San Pedro d’Atacama demain pour se perdre 8 jours dans la nature généreuse et spectaculaire du nord Chilien… Pour ma part je file passer 4 jours express en France pour voir mes enfants et préparer d’autres voyages à venir… RDV le 11 Novembre pour le grand départ de notre descente vers Ushuaia…

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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30 Oct : Tocapilla

C’est l’avant dernière journée du voyage entre Montevideo et Antofagasta. Presque en roue libre…

Les Gringos quittent Pozzo Almonte vers le Sud sur une soixantaine de kilomètres avant de bifurquer sur la droite sur une petite route repérée à la reco en Février, et qui se termine par une belle piste plongeant sur plus de 1200 m de dénivelée vers la côte du Pacifique.

Un vrai régal de pilotage, de sensations thermiques, et d’émotion concluant une traversée continentale d’un océan à l’autre… Tocopilla est une ville portuaire typique du nord Chilien, nous y digérons ensemble les grands moments du voyage que nous sommes en train de conclure, déjà inscrits sur la liste des souvenirs. Demain il reste moins de 200 km de route côtière pour rejoindre Antofagasta, les esprits comment à envisager les réalités du retour à la vie normale… Le rêve touche à sa fin, mais le voyage est acquis.

Contrairement à une voiture, une cuisine, un sac Vuitton, un bijou… cette aventure réalisée est indestructible, personne ne peut nous la voler, la détruire, l’effacer. Elle sera ancrée dans nos mémoires et notre vécu. C’est le gros avantage d’un voyage de rêve réalisé : personne ne peut nous le prendre…

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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29 Oct : Humberstone / Pozzo Almonte

Les Gringos passent une belle journée de désert entre Arica et Humberstone. Tout le monde est désormais au Chili et s’enfonce dans un climat désertique, vers le sud…

Les Roots vont vivre une soirée inoubliable dans la ville Fantôme de Humberstone où je leur ai organisé une nuit privilégiée dans ce site inscrit au patrimoine de l’UNESCO et où ils vont bivouaquer, diner et partager une soirée de chansons parmi les fantômes enjoués, au cœur du vieux théâtre quasi centenaire…

Pendant ce temps les PREMIUM eux filent tranquille sur POZZO ALMONTE à quelques encablures d’Humberstone où ils vont partager une soirée de fiesta inoubliable, où même l’énigmatique et timide Gilles Vorlet va littéralement se déchainer et offrir un spectacle hilarant à ses compagnons de voyage.

Je n’arriverai que très tard à cette fin d’étape car ce matin nous avons dû trouver une solution pour débloquer le bug électronique de notre camion Canter 2014 “Hercule“. C’est un petit garagiste indépendant de Arica qui nous a fourni le scanner et l’expertise pour remettre notre bahut en marche normal et l’empêcher de s’auto bloquer à 20 km/h.. On roulera donc de nuit sur les 300 km de désert pour rejoindre notre groupe. Je regretterai longtemps de n’avoir pu participer à cette belle soirée historique à Humberstone…

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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25 Oct : Arica

Journée de solitaire, je dois quitter le groupe des Premiums pour filer rejoindre le groupe des Roots et les aider à passer les frontière Péruvio-Chilienne .

780 Km en solo sur ma GS “BOB“ a travers l’altiplano et une série de cols à plus de 4500 m. Je me gourre 2 fois de piste, mais finis par trouver la bonne direction Sud Ouest vers Arica. Après avoir retrouver le team SCOUBIDOU en pause soupe, je file vers le poste frontière. On arrive à faire passer tout le groupe des Roots un peu avant la nuit, tout le monde se retrouve dans notre hôtel en bord de plage du pacifique…

BOB m’a baladé sur ces 800 Bornes en 8 heures sans soucis. Parti à 8H00 de Sicuani, arrivé 16H00 à la frontière, un bon petit commando comme je les aime, avec une moto irremplaçable..

Pendant ce temps là, les Gringos eux ont vécu l’un des grands moments de leur voyage en roulant sur une longue piste qui intégrait 3 cols à plus de 4.000 m dont un à 4.900 m d’altitude qui dans ses hauteurs leur réserve un sommet enneigé, sur une piste de boue glacée.

Tous ces équipages ont fait preuve d’une incroyable abnégation, d’un courage et d’une solidarité sans faille, et ont dû à l’arrivée nettoyer les radiateurs des R1200GS LC bloqués par la boue. Une journée inoubliable pour une arrivée sur les bords du Pacifique dans une ambiance désertique…

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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23 Oct : Cuzco

Rejoindre Cuzco n’aura pas été facile. Déjà que la veille avec Mauro, Jean Pierre et Philippe, on a été bloqué à 80 km du campement par un orage de grêle intraversable.

Aujourd’hui on est appelé au secours 60 km devant nous par un Emmanuel en panne moteur. Qui s’avère être une panne essence. Puis on est appelé en renfort 240 km derrière pour cette fois ci un Hercule en carafe. Il s’est encore mis en mode sécurité à 20 km/h. Courageux derrière mois, Mauro philosophe sur son siège passager, tandis que je maintiens une moyenne raisonnablement élevée.

On fini par retrouver le groupe des Premiums et une fois encore notre légionnaire Mauro trouve le remède miracle pour dompter l’électronique récalcitrant et remettre Hercule sur la route.

Nous accompagnons ce groupe vers Cuzco, en mode patrouilleur. Mauro a récupéré la GS de Gérard qui fatigué passe le relai pour la journée. La route vers Cuzco est superbe, faite de longues courbes en série encastrées dans de profondes vallées. On arrive de nuit à Cuzco en fin de convoi, longue journée mais tout le monde au bercail. Je sais déjà vues les tâches à assurer ici que demain je ne pourrais pas aller visiter le Matchu Pitchu une fois de plus… Un jour peut être…

On retrouve ici notre nouveau permanent de la team T3, Brian Leavy, embauché récemment pour manager la partie digitale et marketing de T3. Il va connaître pour la première fois les coulisses d’organisation d’un raid aventure T3.

Encore un problème en quittant Cuzco avec Hercule, on dégote un garage indépendant avec un scanner permettant de débloquer les codes erreurs. On doit filer sur Sicuani pour retrouver le groupe. Brian par avec moi et me suit sur une GS T3. C’est la première fois qu’il conduit une GS de sa vie. IL va rouler de nuit, parmi les camions, sur cette route de montagne de 160 Km vers Sicuani. Parfaite école T3 !..

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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20 Oct & 21 Oct : La Paz et Puno

La route est facile aujourd’hui vers La Paz, je suis dans un petit groupe de 5 motos qui vit ce voyage de façon solidaire et unitaire depuis Montevideo : Les Donath, Dougados, Philippe Lepervanche, Monique Nullens et Bruno Lalire roulent ensemble tout le temps. On navigue tranquille avec nos petites pauses photos, nos ravitaillement en eau. On approche puis pénètre dans El Alto, cette partie supérieur de La Paz, ou fourmille une population active ici à 4100 m. Descente spectaculaire dans une ville dense, et spectaculaire. C’est la fin de notre aventure Bolivienne, le plus dur devrait être derrière nous désormais..

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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19 Oct : Huari

Le réveil est venteux, les visages sont fatigués mais souriants. Un campement de rêve a toujours un prix. Ici c’est le vent.

Petit déjeuner revigorant, regroupement des motos et véhicules d’accompagnement pour prendre ensemble un camp commun, celui du volcan au nord du Salar, vers Coquesa. 40 minutes à rouler ensemble, à partager ces mirages réels, à se regarder en souriant et en partageant nos derniers instants magiques sur ce salar monumental. Nous sortons de cette ancienne mer, pour retrouver terre ferme et empruntons une piste de 50 km vers le nord et Salinas de Mendoza. Chacun roule à son rythme passe les petits bancs de sable, la tôle ondulée, la caillasse jusqu’à la station service sur la piste principale.

On se retrouve, on rigole des tronches de chacun, on partage un déjeuner local sur la place centrale et chacun reprend la piste petit a petit. J’ai décidé de changer le roadbook hier. Suite à des discussions avec des guides chauffeurs locaux, il s’est avéré que la piste prévue pour aller vers le parc National de Sajama allait être trop compliquée et trop longue pour nous, étant donné l’état de fatigue général des troupes. J’ai raccourci l’étape et modifié le cap, en visant Huari, à quelques encablures de Oruro. Tous les gringos apprécient et on se dégote en milieu d’aprem midi un petit hostel

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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18 Oct : Incahuasi

Etre à Uyuni est une chose. Mais ce village n’est que la porte d’entrée de diverses routes de l’Aventure dont l’entrée du fameux salar d’Uyuni, le plus grand, le plus haut, le plus épais, le plus magique de tous les salars du Monde. Une surface tellement plate qu’on y observe l’arrondi de la Terre. Alors forcément, nos Gringos piaffent pour partir y perdre leurs roues. Mais je préfère tempérer. D’abord on règle les freins de Scoubidou, on récupère notre guide, on attend que la lumière ne soit pas trop forte, on déjeune, on explique lors du briefing les attraits et dangers du Salar, on récupère un peu physiquement, on profite du marché dominical et on révise nos percherons car ce n’est pas dans le Salar d’Uyuni qu’on souhaite avoir des soucis mécaniques.

13H00, les Gringos sont au garde à voue sur leurs GS, devant la porte de la caserne militaire d’Uyuni. Je donne le départ et ouvre le convoi. Une masse impressionnante de 28 motos BMW R1200GS qui avancent au trot enlevé, pour sortir de la ville via la rue Santa Cruz, on récupère un bout de goudron et à Cochani, 20 bornes plus tard, on bifurque plein rêve. A l’entrée du Salar, nouveau regroupement, nouvelles consignes de sécurité, nouvelles infos et je libère la horde de motards impatients de savoir pourquoi ils ont bossé si dur, et attendu si longtemps pour venir ici.

La réponse est rapide, dix kilomètres plus loin, lors de la pause photo a l’hotel de sel, deux copains m’avouent avoir déjà pleurer a chaudes larmes dans leur casque. Ils repartent par petits paquets plein Ouest vers l’Ile d’Incahuasi à 100 bornes devant. 100 bornes de plat, blanc, vide, liberté, sourires, larmes, émotions, d’images… Les Gringos s’arrêtent, fabriquent des images de perspective. Viennent me voir pour m’exprimer leur bonheur et restent silencieux, les yeux dans les miens. Tout est dit. Même notre solide technicien Mauro et sa masse de muscle s’effondre sur le Salar pour laisser son âme profiter du site et accepter l’immensité du site. Les bras en croix, allongé sur le dos, il se sent en sustentation temporaire mais totale, dans un univers de philosophie, de relativité et d’abandon de soi. Sans besoin d’aucun seigneur ni dieu. Juste la Pachamama et nous.

Au bout de l’horizon, il y a Incahuasi, une ile de cacti au milieu de l’océan blanc, au bord de laquelle nous installons le plus beau bivouac organisé par T3 depuis nos débuts en 1998. Chacun s’affaire à son campement, je conseille de planter les piquets même si le vent est absent, on sait jamais. Nous allons diner dans le petit restaurant de sel, où on avait tant ri en 2008 avec les Gringos et les histoires drôles de Jean Veillon and co. Pacho Villa… Quel souvenir…

De nouveaux souvenirs sont construits avec un nouveau groupe. Nouveaux fous rires, nouveaux regards pleins de tendresse et de complicité. C’est la cinquième fois que je viens sur le salar d’Uyuni et la cinquième fois que mes yeux s’humidifient d’émotion. Incurable. Tard le soir, nous restons avec Bruno, Monique, Nadine, André, Pedro, Pascal et moi pour un petit concert improvisé avec guitare, harmonica et chants… Juste un moment suspendu dans le temps pour vivre une des définitions du bonheur.

Dehors le vent souffle ses farces et cherche à déplacer nos tentes. Mon matelas ayant été embarqué par une bourrasque et transformer en tapis volant hors de contrôle, j’essaye de dormir sur le plancher du bus Scoubidou à coté de Pedro, Rodolphe, Pascal, mais à 2heures du mat, je jette l’éponge, pas assez d’espace, recroquevillé sur 1m50 par 30 cm.. Je sors avec mon duvet en tenue motard et cherche un plan dans les bourrasques. Je trouve une épave de camionnette coincée entre deux rochers sur le bord de l’ile. Inspection, pas de bestioles, assez étanche, je m’allonge dans le coffre et avec des pensées lointaines, je m’endors pour une de mes meilleures nuits du voyage. Courte, mais bonne. Cette fois ci, on ne sera pas dérangé par les camions, les chiens ou les coqs. Juste bousculé par la tempête. Que du bonheur.

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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17 Oct : En route vers Uyuni

Après une visite matinale de la ville de Sucre, les Gringos ont 150 Bornes jusqu’à Potosi, perchée à 4.000 m, où ils déjeunent en plein jour de marché et trafic chaotique. Puis c’est une route de rêve de 200 bornes de ruban asphalté vers Uyuni. En 2008, avec les premiers Gringos on avait bavé comme des bœufs pour rejoindre Potosi à Uyuni car à l’époque c’était une piste sableuse et en chantier…

Ayant du partir plus tard que les autres de Sucre pour résoudre quelques soucis logistiques et admin, avec Mauro nous roulons ensemble sur ces 350 km. Pedro est derrière moi sur Cirrus. Nous quittons Potosi peu avant le coucher du soleil, il nous reste 200 bornes. N’ayant pas tous les neurones en place on est partis en T shirts sous nos blousons de moto. Autant dire qu’on va morfler avec la température baissante. On se glisse quelques morceaux de cartons sur le torse sous le blouson et on roule.

Nous rattrapons Scoubidou 140 km avant Uyuni, en galère. On l’accompagne jusqu’au bout, en lui ouvrant les route de nos phares. Mauro se tient 100 m devant le bus et moi 200 m devant. Ca permet a Rodolphe d’anticiper et de rouler de façon plus efficace dans ces virages permanents. On forme une équipe de mecs très différents et complémentaires sur ce staff du Gringo 2015, avec un sens aigu de la solidarité.. Scoubidou a un soucis de réglage de freins, qui le fait partir en crabe dans chaque descente. Demain on lui remet tout en place dans un atelier d’Uyuni avant d’attaquer la partie sauvage de notre voyage… Demain est un grand jour..

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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16 Oct : Une piste de rêve pour rejoindre Sucre la coloniale

Depuis que notre baby Doc nous a expliqué hier soir que le Viagra est un vasodilatateur artériel pulmonaire qui peut avoir des indications dans le traitement des œdèmes pulmonaires de haute altitude, les Gringos demandent leur dose préventive, mais du coup le problème est qu’on a dormi sur la béquille…

A part les cordes vocales de quelques coqs qui auraient dû être plumés avant notre arrivée, peu de choses ont perturbé notre sommeil cette nuit. Tout le monde se lève avec la patate. On a 315 km devant nous aujourd’hui dont seulement 90 de goudron à la fin.

Notre petit déjeuner chez nos amis Tapia est royal ! Juste le meilleur de tout notre voyage.

Nous quittons nos hôtes avec regret tellement cette étape campement fut superbe. Uns à uns les équipages se remettent en piste vers Monte Agudo, premier village à 15 km, juste après le gué du Ché. Le village suivant est à 146 km, tout le monde a eu la consigne de partir avec de l’eau et quelques réserves de salé. Notre bus SCOUBIDOU poursuit sa route à basse vitesse, en manque de souffle à chaque côte, calé sur le 20 km/h. Mais il avance…

Les Gringos franchissent les cols, les zones de travaux, évitent les camions mais prennent le temps de s’arrêter dans les petits bleds pour rencontrer les petits commerçants, et s’imprégner du pays. Lors d’un déjeuner improvisé sur la place centrale, on rigole tous autour d’une banane siamoise que l’on découvre dans un panier. Deux bananes accolées nous suivent pour nous marrer !

Nous faisons des tours de motos aux gamins du village pendant qu’on répare une roue arrière de F800GS à chambre bien sur… Au rythme lent de Scoubidou, le dernier paquet de Gringos arrive à Sucre vers 22H30 dans une ambiance de folie. L’université locale fête ses 50 ans, le centre ville est envahi de jeunes déguisés en monstres, et notre hôtel est sur la place centrale.

On arrive vaille que vaille à fendre la foule au ralenti pour se garer devant l’hôtel. Une fois nos sacs sortis du bus et celui-ci fermé, les jeunes étudiants se mettent à uriner sur les grosses roues de Scoubidou, comme des chiens marquant leur territoire. Que faire d’autre que se marrer ?.. A un contre mille, on a pas beaucoup de chance de changer le cours des choses…

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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15 Oct : Le courage forcé des Tafioles de Los Andes

Allongé sur mon bout de carton sous les étoiles, entre Popeye et Scoubidou, j’ouvre un œil à 4H00 du mat en éclatant de rire. Jamais entendu une symphonie aussi pathétique. Une quinzaine de coqs du village hurlent leurs cris de guerre déplumés, désordonnés et sans aucune justesse de note. Un vrai calvaire musical. L’un d’eux se rapproche de moi en balançant ses aigues vers mes oreilles. Vas y, approche encore un peu et tu vas gouté de ma Terra Forma taille 44 dans le bas de la crête…

Le petit déjeuner est organisé par nos hôtes Cecilio et Ana, responsable de la communauté du village de Chiméo. Après le briefing matinal, les Gringos prennent la route du Nord vers Camiri sur 160 km de route agréable, avant de se retrouver autour de poulets grillés, qu’on s’était juré d’avoir au menu, histoire de se venger des coqs de notre aube trop précoce.

En début d’aprem je dois filer tête pour aller faire le boulot de Esteban devant et organiser la soirée du campement chez la famille Tapia. Au bout de 30 km de piste, je croise André Duval qui revient d’une barrière fermant la piste pour travaux. On cherche un détour possible par la montagne et on tombe sur un petit groupe de 4 équipages des Tafioles de Los Andes (Gringo 2011). J’ouvre donc la piste devant Marc et Monique Tinel, Samuel Grégoire, Thierry Schulmann et Tonio et Martine Anton.

Notre détour par une piste ouest est entamée sur une belle piste large montagneuse et roulante mais après l’entrée d’une mine elle se resserre sur un petit chemin à deux traces qui s’enfonce dans une forêt de montagne. Le chemin devient abrupte, sinueux et pour finir trialisant. Pendant 3 heures on va vivre ensemble une expérience presque aussi forte que la piste Argentine de Zapata en 2011. je suis épaté par leur capacité et leur bonne humeur, y compris les passagères qui malgré ces conditions de roulage enduro-trial restent super positives. Là, je dis chapeau et bravo !.. Cette nouvelle piste des Tafioles, c’est pas pour les lopettes !

On rigole de notre aventure du jour et on rejoint la piste principale vers Monte Agudo. Je les abandonne et fonce pour aller coordonner le diner et la soirée de campement dans la petite ferme de nos amis les Tapias, rencontrés par hasard lors de la reco. Esteban me manque cruellement sur ce coup là, difficile d’être aux deux extrémités du convoi. Pourtant je dois repartir en arrière, les 30 dernières bornes ont été rendues sableuses par les travaux depuis 6 mois. Mon hôte Hector Tapia m’emmène dans son vieux 4x4 Nissan et on va à la rencontre des Gringos car la barrière leur a été ouverte qu’à 17H30. Il va bientôt faire nuit. On récupère Francine et Patricia. La plupart des passagères sont dans Scoubidou. Il fait nuit désormais, encore 25 bornes de pistes piégeuses et poussiéreuses pour les Gringo. Je récupère Alain “Jenfous“ fatigué sur sa F800GS. Il monte dans le 4x4, je prends sa moto. On fini solidairement ces derniers efforts de roulage dans le noir poussiéreux et sableux, avec Alain Jolly, Emmanuel Cueff et Jean Pierre Mincel. On rigole de nos conneries et en arrivant à la ferme Tapia on se félicite de cette belle journée de moto..

Ce soir c’est la fête chez les Tapia qui nous ont concocté un super diner de viandes et spécialités Boliviennes ; Un groupe de musique arrive dans leur pick-up de Monte Agudo à 15 km d’ici. Les étoiles nous entourent, dont quelques unes qui en ce moment m’apportent beaucoup de joie. Les Gringos se délectent de cette belle soirée, perdus dans les contreforts des Andes . Ce sont des gens formidables qui vivent leur passion et ce rêve à fond, et affichent un esprit de groupe et une volonté extrêmement positive. C’est ce qui fait la réussite ou pas d’un tel voyage aventure plutôt relevé..

La nuit nous appartient.

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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14 Oct : Avis de tempête “Murphy“ sur le désert du Chaco

La journée commença plutôt bien. Réveil à 7H00 dans notre dortoir de la caserne militaire de Mariscal, je file en ville avec tous les passeports du groupe, récupéré hier soir, pour faire tamponner le visa de sortie du Paraguay, bien que la ligne de frontière soit a 240 km. Gros no-man’s land en perspective. Normal, personne n’a envie de travailler dans le Chaco…

On a quitté nos quelques jours de pluie pour aborder quelques jours de cagnard. Je retrouve mes Gringos à la fin du petit déj, pour un briefing très clair : « vous allez en chier, c’est la piste la plus cassante du voyage sur un peu plus de 100 bornes, alors allez y molo, tranquillo, ménagez les mécaniques. C’est poussiéreux, parfois sableux, mais surtout une ancienne route goudronnée abandonnée depuis 30 ans donc beaucoup de morceaux de goudron.“

Les Gringos chargent leurs motos et prennent la route.. Ce matin, on répare la durite de Scoubidou, mal placée qui a frotté sur le ventilateur et s’est coupée. Pompe à eau du coup abîmée.

Changement de jante aussi sur une moto.. Un appel au téléphone. Mon ouvreur Esteban est en rade à 50 km. Problème de qualité de diesel que son moteur moderne n’accepte pas et l’électronique se met en défaut. 40 km/h… Du coup je dois filer pour rattraper le devant du groupe et aller organiser la frontière et le camp de ce soir… Ca commence. Cette fois ci je suis sur CIRRUS, ma fidèle K50 du One World Tour et Paris Pékin Paris. Malgré les 3 tonneaux du Tibet en Septembre 2013, elle roule nickel. C’est un des prototypes pré-series de la R1200GS LC fabriqués en Juillet 2012, elle bosse bien.

Au bout de 10 bornes, j’attaque l’enfer de ce goudron abandonné transformé en large bande piégeuse de nids de poules monstrueux. Séance de zig zag enveloppés pour éviter de taper les roues sur les arrêtes de goudron saillants, vitesse maîtrisée en fonction de cette piste de mierda et casque fermé pour la poussière et les rafales de vent. Une vraie expérience de motard cette traversée du Chaco sous un cagnard très sec désormais affiché à 44 °C… Au bout de 50 bornes, je retrouve notre jeune Esteban déprimé avec son Pick up Isuzu Dmax en rade. L’électronique embarquée n’accepte pas le gazoil de basse qualité et décide de bloquer le moteur à 30 km/h… En plein désert du Chaco. On perd notre ouvreur, il doit faire demi tour et trouver un informaticien pour régler cette panne débile.

75 km de cet enfer délicieux pour qui aime l’Aventure, et je tombe sur un regroupement de motards au loin. J’aime pas ça… Une moto couchée sur le bas côté, je me rapproche, elle est explosée. Des motards sous un arbre à gauche, Philippe Barthélémy allongé, le bras bandé. Rien de cassé, une gamelle, orgueil blessé. Ils sont en train de rigoler. Sauf la moto T3… Trop vite sur cette route défoncée, pas assez de précautions sur la négociation des nids de poules et une fourche explosée… Voyage cassé.

Au pueblo de La Patria, on fait une pause pour récupérer de cette canicule et de cette poussière. Il reste 100 bornes pour la frontière Bolivienne. Je file devant pour vérifier les formalités et le rythme des tampons pour faire passer nos équipages rapidement. Je suis obligé de rester à ce poste de frontière jusqu’à ce que le dernier véhicule passe.

Mauro m’est d’une grande aide et négocie avec moi les différentes étapes de cette paperasserie. Les problèmes concernent surtout les pilotes qui roulent sur des motos qui ne sont pas à leur nom, soient les location T3, soit les motos au nom de société. C’est là où tous nos poders et pouvoir notariaux produits à Montevideo sont utiles ; Popeye et Scoubidou sont assimilés à des véhicules industriels commerciaux par le chef douaniers Bolivien qui nous demandent des papiers qui n’existent pas. Il faudra 2 heures de jeu d’échec avec lui pour obtenir notre sésame. A 22H30, on franchit le poste d’immigration, il faut encore se farcir 20 bornes de pistes gravillonneuse dans le noir et à minuit, on arrive au campement… On est passé. Plus que 2 frontières pour Antofagasta.

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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J6 : LE VOYAGE COMMENCE A SAN ANTONIO !

10 Octobre 2015

Ce matin, nos Roots sont revenus avec une incroyable expression de bonheur sur leur visage, mais personne ne m’a filé de photos de leur virée aux chutes d’Iguazu, pendant que je surveillais leurs affaires à l’hotel.. Donc il faudra trouver ces images sur leurs facebook perso and co !

Les GRINGO ROOTS PREMIUM ont pris de belles photos des chutes d’Iguazu, à avoir ici : http://bit.ly/GSGRINGO2015PREMIUM

Ils me racontent leur émerveillement lors d’un déjeuner express ensemble puis on prend la route du Paraguay . En 20 minutes on arrive à la frontière, un coup de tampon sur le passeport, aucune question sur les véhicules, une bise et on passe. De l’autre côté du pont, même chose côté Paraguay, formalités express et quasiment pas de queue sur le pont, du bonheur. Par contre le bon Dieu est toujours aussi pleurnicheur et nous balance ses chaudes et lourdes larmes de chagrin de ne pouvoir rouler à moto avec nous. Tant pis mon pote, pleure ce que tu veux, tu ne laveras jamais nos expressions béates de bonheur sur nos visages. Le Saint s’apitoie et la caravane passe..

Après un petit 100 bornes de goudron, puis de pavés puis de piste argileuse rouge sur les derniers 6 km, nous retrouvons nos Gringos hilares à la ferme de San Antonio 60 km plus au sud de la nationale principale, à l’écart de la vie linéaire, dans une explosion de joie.

On plante les tentes, on hume l’air pur, on regarde les oiseaux, on rencontre et on discute avec nos hôtes, on se fait des blagues, on observe la cuisson spectaculaire de 2 morceaux monumentaux de bœuf, on se regroupe autour de notre musicien local et sa guitare, puis je sors mon harmonica, notre baby doc se met à la guitare, Pedro a la percussion et tous les Gringos chantent ensemble, en souriant, les mains dans les mains des chansons universelles, sous des étoiles illuminées par notre bonheur communicatif qu’on n’arrive à atténuer musicalement que tard dans la nuit afin d’aller reposer cette effervescence sous nos paupières paisiblement lourdes…

Grâce à ce premier campement du Gringo Roots, notre voyage commence aujourd’hui, le groupe est définitivement soudé, fort et prêt pour la grande Aventure qui commence à partir d’Asuncion via le Chaco, puis l’Altiplano avec tous ses beaux et ses maux.

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

Vous voulez faire parti du voyage? Il reste encore des places et on s’occupe de tout (vol, moto, hôtels, transports) !
Fiche Voyage T3

J4 : Sauver la vie d’un pote inconnu, en faire un ami à vie… Dois Vizihnos, Brésil

Encore mille mercis a Paulo, ce proprio d’une collection et détenteur d’une passion phénoménale, moteur d’une vie à construire l’histoire de la course automobile Brésilienne depuis les années 20. Avec Emmanuel Cueff, on lui a promis de l’amener visiter le musée de Michel Hommel à Lohéac… Ils vont adorer ce rencontrer ces deux là… Une dernière embrassade et on prend la route avec Mauro et jean Pierre Mincel qui est sorti trop tard du garage, son groupe est parti sans lui.

Les Gringos sont partis sous un déluge il y a 30 minutes, on a attendu un peu pour ne partir que sous une averse. Tout va bien, rien de mazo ni de bozo, juste contents de rouler ensemble entre potes voyageurs, sur nos bourricots teutons bouffeurs de bornes. On plante l’aiguille sur le 100 km pour pas trop chercher la poisse et on traverse ces écrans de pluie gâchant un paysage supposé superbe.

Au bout d’une heure on retrouve les Gringos au petit café au bord du lac comme proposé sur le roadbook. L’esprit est à la rigolade, la flotte on s’en tape le coquillard et on partage ses moments rares et précieux de connivence, complicité, et convergence d’idées sur ce Monde futur qu’on aimerait voir grandir avec moins d’imbéciles au pouvoir, moins d’avidité, plus d’humanisme et de respect. Nos origines et horizons sont différents mais à force de barouder notre belle planète ensemble depuis quelques années, on réalise tous l’importance de la préserver et d’y partager une existence plus équilibrée. Parmi nos discussions aujourd’hui, une question un peu philo s’installe parmi nos interrogations : pourquoi, lorsque des hommes d’affaire atteignent une fortune perso nette disons de 100 millions d’Euros, il faut qu’ils aillent en chiper plus pour en laisser moins ? Est ce qu’à un certain niveau on ne pourrait pas se contenter d’une aisance assurée de plusieurs générations au lieu d’aller user sa santé, celle des autres et celle de notre planète pour juste gonfler des chiffres ?.. Au final, le problème central du Monde c’est qu’un billet de 100 dollars vaut 100 fois plus qu’un billet de 1 dollar, mais qu’en réalité ils ont le même coût de fabrication. Tout est faussé par une simple convention graphique, le Monde est con parfois. Et forcément, un jour cette différence brûlera quelque part…

On parle rarement de moto entre nous, mais on parle de notre planète, des relations humaines, sans préjugés ni positions. On relativise en tant que nomade observateurs, sur ce qui nous entoure en étant parfaitement conscients de notre bonheur et privilège de galoper à tous vents. D’autant plus que la faucheuse ne vole jamais très loin de nos trajectoires. En sortant de Chapeco, Jean Pierre et Mauro sont en approche d’un rond point fréquenté. Alors que Mauro s’engage prioritairement, son compagnon lui hurle « STOP !!!“.. Mauro pile brusquement et laisse passer à 50 cm devant lui un camion fou qui force le passage. Jean Pierre ne devait pas être avec nous aujourd’hui. Mais il l’a été et il a évité à Mauro de se faire écrabouiller en quelques secondes par ce foutu camion. Pas de hasard. On avait besoin de lui avec nous. Mauro qui a déjà flirter avec la Faucheuse de nombreuse fois dans son métier , remercie son copain patrouilleur : “on est frères maintenant“…

La journée se déroule entre ondées et éclaircies qui nous faire passer de motards imbibés à motards secs par séances de 30 à 60 minutes. Ce Brésil est vallonné, vert, développé et coloré. Nous consommons cette étape de liaison avec bonheur, en retrouvant parfois des groupes de Gringos en fonction des pauses et routes .

Ce soir on fête l’anniversaire de Christian Fresse, dit la Mouche, l’esprit de famille est très fort ici, plus que ça, on peut évoquer une sorte de TRIBU, qui unit le temps d’une longue escapade, hommes et femmes à la conquête de leurs rêves les plus profonds.

On avance..


Parenthèse : Une belle histoire de voyageurs

24 ans plus tard, Eric retrouve Pedro sur la route. Découverte d’une histoire de voyageurs:

En 1992, après un premier tour du Monde en Traction Avant, je décide de repartir pour une nouvelle circonvolution, mais cette fois-ci, avec pour objectif de promouvoir la Convention du Droit des Enfants établie par l’ONU en 1989. Avec mes partenaires on décide alors de mettre en place l’expédition TROPHILEAS : un “Jules Vernien“ Tour du Monde en 80 Jours avec une spectaculaire Stanley à vapeur de 1922. Un voyage de fous avec 11 équipiers au départ, dont deux jeunes enfants sélectionnés sur des centaines de candidatures reçues à travers un casting Européen : la petite Caroline 14 ans de Nantes et le petit Pedro, 13 ans de Lisbonne.

Ils ont un rôle d’ambassadeurs de cette Convention, lors des 5 conférences de presse organisées sur ce Tour du Monde, et en échange, vivent le voyage de leur vie. En fait, pour chacun d’entre eux, c’est leur PREMIER voyage.

Ce sont ces deux enfants qui permettent le succès de ce voyage au final car à Vladivostok, alors que je voulais abandonner et renvoyer tout le Monde par avion, Pedro et Caroline savent trouver les mots pour me redonner des forces face à ces innombrables problèmes et obstacles.

Je suis resté en contact avec ces deux gamins depuis 1992, mais n’ai jamais revu Pedro. Ce voyage a été pour lui une référence, un tremplin et un déclic pour sa passion de l’image et la production de films. Aujourd’hui Pedro a 37 ans, je l’ai sélectionné une deuxième fois et c’est lui le cameraman officiel du GS GRINGO 2015. Je suis allé le chercher à l’aéroport de Montevidéo le 2 octobre, on s’est tombés dans les bras l’un de l’autre. Il n’a pas changé, j’ai l’impression de l’avoir quitté quelques jours plus tôt. Mais on ne s’était pas revus depuis 23 ans ! Une de mes plus belles et fidèles amitiés !.. Je suis fier et heureux de partager cette aventure avec lui.

Le récit des “80 Jours à Vapeur “ est disponible sur notre eboutique :

http://www.t3boutique.com/livres-et-guides-de-voyage/76-80-jours.html

Pedro est le réalisateur des vidéos publiées en ce moment sur le voyage, pour les revoir :

Préparation des motos pour le départ :
https://www.youtube.com/watch?v=ptUHPHd2QBs

Départ de Montévideo:
https://www.youtube.com/watch?v=QU4GFdTCzWE


Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

Vous voulez faire parti du voyage? Il reste encore des places et on s’occupe de tout (vol, moto, hôtels, transports) !
Fiche Voyage T3

J3 : Traverser les averses pour sourire au soleil de Paulo. Passo Fundo / Brésil

Dès le départ on ne pouvait que s’y préparer. Elle était lourde, bruyante et agressive. Nous, nous étions joyeux, l’esprit léger et décontracté. Ce n’étaient surement pas ces seaux de flottes qui allaient nous miner le moral, même si certaines personnes suivant notre blog en France nous comparaient à des Teletubbies… Il pleut dru mais au final, ce n’est que de l’eau. Et comme dirait un de nos Gringos :

Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin .

Nos sacs T3 sont chargés à l’arrière de SCOUBIDOU et les équipages partent en croisade uns à uns contre ces averses. Personne ne se plaint, et encore moins après la rencontre du vieux Joaqim et ses 2 bœufs trainant une charrette pleine de ferrailles et matériaux de récupération en tout genre.

Il a récemment perdu sa femme, sa maison a brûlé et il cherche de quoi se reconstruite un toit. Il rigole, il nous salue, il nous inspire.

On se retrouve par petits groupes de temps en temps sur l’itinéraire au gré des pauses cafés et visites, jusqu’au lac de Salto do Jaqui ou les Gringos ROOTS partagent un déjeuner plutôt rigoleur.

Christian Fresse qui s’est fait voler son casque hier soir (faut dire qu’il l’avait laissé en “offrande“ sur son guidon), entre telle une star avec son nouveau casque Brésilien aux couleurs de Rossi et de la nation. 100 balles pour un beau casque collector. Du coup ca en fait réfléchir certains.

En quittant le village, je fais une pause surprise chez le garagiste qui avait “sauvé“ notre reco en Février dernier en réparant de façon express un axe de roue avant cassé. On se tombe dans les bras, un petit selfie, quelques échanges communicatifs mais incompréhensible entre Français et Brésilien et je reprends la route avec Mauro à qui j’ai prêté ma GS “Cirrus“. En formation patrouille-des-grenouilles, nous gardons un œil sur les petits groupes de Gringos pour être sûr que tout va bien, avec ce rôle d’ange gardien qui nous plait tant.

En fin d’après midi, c’est l’arrivée au PRIX Hotel de Passo Fundo, où le propriétaire Paulo m’attend pour de nouvelles embrassades et retrouvailles. Il attend notre visite depuis notre rencontre à la reco de Février. Il a fait acheminer 90 de ses plus belles voitures dans son futur musée privé pour nous offrir une visite guidée de cette collection la plus fabuleuses d’Amérique du Sud de voitures de courses ; Des années 20 à aujourd’hui, il a regroupé en 50 ans un véritable patrimoine de la nation Brésil sur son histoire automobile.

Les Gringos écarquillent yeux et oreilles à la vue de cette collection et au récit de l’histoire de cet homme assidument passionné ; Pour ma part, celle qui m’impressionne le plus est cette Maserati GP qui a gagné en 1948 le premier grand Prix de Silverstone. Les gars roulaient à plus de 250 km avec ces bolides rouges et il fallait en avoir dans le falzar à l’époque pour débouler ainsi.

Quand il m’est arrivé parfois de jouer à 200 kmh sur ma GS, déjà je faisais quelques litres d’huile avec les fesses malgré un confort moderne et sécurisant. Avec de tels bolides a de telles vitesses, c’est sur, j’en aurais fait des tonneaux !..

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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Fiche Voyage T3

J2 : Journée commando vers le Brésil, Cachoeiras

Il y a des jours, voire des nuits, où il faut prendre des décisions. Dimanche les 24 motos des GRINGOS Roots ont quitté Montevideo vers Minas. Et hier Lundi, le groupe a roulé vers Mélo, avec une belle piste de 150 km sur laquelle un “rookie“ a inauguré sa première gamelle et abimé notre GS… Ca commence fort… A part ça, tout le monde se régale.

Pendant ce temps, je suis resté à Montevideo avec Mauro pour récupérer nos derniers documents originaux dont les assurances RC du Mercosur. Nous recevons ces documents trop tard Lundi pour prendre la route. Alors ce matin à 4H00, on quitte la place Independencia au guidon de BOB , ma GSA LC, et une GS T3. Gaz sous la pluie direction nord Est.

On avale les 450 km et à 9H00 je peux faire mon briefing du Gringo Roots. Aujourd’hui, nous avons 420 bornes au programme avec deux belles pistes, dont la piste “Clochette“ que les Gringos vont adorer. Vallonnée, relief géo-illogiques surprenants.

Isa et Phil Larivière passent la frontière les doigts dans le nez comme tout le Monde et entrent au Brésil avec leur GS en chantant. Malgré une petite file d’attente pour faire viser les passeports, tout se passe à merveille.

Un peu de change pour acheter des Reals et nous entrons au Brésil pour filer vers Bagé où les Gringos se dispersent pour déjeuner.

En début d’après midi, nous croisons quatre vachers dans une propriété, super délicat et avenants. Chacun observe et apprécie la monture de l’autre..

Pascal joue toujours Le Nanab a bord de Scoubidou et ce dernier avance tant bien que mal vers sa destinée. Le soir, tout le monde s’accorde pour le plaisir d’avoir vécu encore une belle journée de rêve. Quant à moi, tout comme Mauro, avec mes 15 heures de moto et 880 km, je ne demande qu’une chose, de vivre une belle nuit de sommeil…

On avance

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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J1 : Le grand départ du GS GRINGO 2015

Pour certains, ca fait presque 2 ans qu’ils s’y préparent. Pour nous aussi. Un grand raid aventure comme ce 3eme GS GRINGO à travers l’Amérique du Sud, est un gros challenge en logistique, voyage et communication.

Hier, cela fut un grand moment d’émotion avec les retrouvailles pour certains, et les premières rencontres pour d’autres ; Chaleureuses embrassades quoi qu’il arrive, la Tribu se forme et se prépare à vivre une aventure difficile mais passionnante. Le voyage d’une vie pour plusieurs. Nombreux même. Peut être même pour moi aussi qui pourrait vivre ici mon dernier Gringo puisque T3 a vocation a grandir avec de nouveaux guides, group leaders et bases techniques sur les 5 continents. Quoi qu’il arrive on est tous motivés pour faire en sorte que ce soit le plus beau des voyages.

Le parcours 2015 est un combiné du meilleur des deux premiers GRINGO. Et l’équipe du staff T3 est déjà au top. Des heures à préparer les motos pour les uns, à régler les derniers détails techniques pour les autres ou a surligner au stabilo le parcours sur les cartes des 7 pays que chaque équipage reçoit.

Après le grand briefing du matin et le déjeuner en famille, les premières motos sortent du sous sol du Radisson de Montevideo et s’installent devant l’hotel sur la Plaza Independencia, près de la statue de Artigas el Liberator. Il fait beau et la pression monte.

Mon copain Emiliano, concessionnaire BMW de Montevideo, le seul du pays (et donc aussi importateur) arrive avec une quinzaine de clients motards BMW. Ils vont nous accompagner sur la première étape. Ils sont aussi excités que nous .

Mauro est au top de sa forme, tout comme Rodolphe, Klaus, Pascal et les autres..

Dehors on commence à charger les sacs de nos Gringos dans SCOUBIDOU, véhicule qui portent nos espoirs et nos valeurs de voyage.

Les sourirent s’affichent, la foule de badauds nous interpelle, les appareils photos crépitent, les palpitants palpitent…


Les motos sont alignées et vrombissent. Je sors ma voix de ténor fébrile…
“Vous êtes prêts ?… Vamos a Antofagasta amigos !…. Et viva la vida !…“

C’est parti pour 15.000 km, 2 mois, 7 pays…

Eric Massiet du Biest / T3 Aventure

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Fiche Voyage T3

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Découvrez comment nous avons préparé ce voyage :
https://medium.com/@T3aventure/gs-gringo-roots-2015-ebe4f8a3de0d