Plaidoyer pour un Etat-actionnaire enfin efficace

Par Olivier Saez #outsider

FIGAROVOX/TRIBUNE — François Fillon a annoncĂ© qu’il plaidait pour une relance des privatisations. Pour François-Joseph FĂŒrry et Olivier Saez, il faut surtout crĂ©er un vĂ©ritable fonds souverain français rĂ©pondant Ă  des objectifs clarifiĂ©s.

«L’État est un mauvais actionnaire» dĂ©clarait avec fracas il y a peu Alain JuppĂ©. Le thĂšme, pourtant, est restĂ© cruellement absent des dĂ©bats, au-delĂ  de la dĂ©nonciation consensuelle des tragĂ©dies industrielles qui en rĂ©sultent. On peut espĂ©rer que les candidats dĂ©clarĂ©s Ă  la magistrature suprĂȘme ne laisseront pas en jachĂšre un champ trop longtemps dĂ©laissĂ©, et s’attaqueront rapidement aux causes profondes d’une telle impĂ©ritie. Si Arnaud Montebourg avait annoncĂ© en 2014 vouloir Ă©tablir une doctrine rigoureuse d’investissement, le projet est restĂ© lettre morte. Coupable abandon, tant on dĂ©nombre aujourd’hui les consĂ©quences dommageables du vide que l’inadĂ©quation des structures et le manque de courage politique ont laissĂ© se crĂ©er. Dommageables pour les intĂ©rĂȘts des sociĂ©tĂ©s bien sĂ»r. Mais au-delĂ , pour les intĂ©rĂȘts des contribuables français qui sont les ultimes bailleurs de fonds, les actionnaires de ce qui devrait ĂȘtre un Fonds Souverain Ă  la française, aux objectifs clarifiĂ©s, Ă  la doctrine rigoureusement prĂ©cisĂ©e, et au portefeuille resserrĂ©.