Un salut salutaire

Voilà, ménage fait, bureau rangé…j’ai faim… quoique, j’ai mangé il y a 1 heure… juste un fruit pour les vitamines…pourquoi suis-je si fatigué ?… j’aurais du recharger en kiwis. Bon allez un thème, Twitter: “transformation”, “innovation”… ça va aller tout seul… C’est mauvais. Un thème de société sur lequel embrayer…Redondant. Café!… 18h…il n’y avait pas concert ce soir?… “Allo Louis? Hernandez à 20h? t’as raison faut décrocher, on passe!... ça va être plié le mec n’a qu’un morceau, …je bosse 1h et on se rejoint. Dernière ligne droite, j’ouvre une mousse et Spotify …Fatlip… “Writer”s block”… c’est un peu moi là!…19h00 h je vais être à la bourre… Born to be alive!

Edmond Jabès disait, qu’écrire, c’est affronter un visage inconnu, ce que je partage, mais c’est aussi parfois rencontrer quelqu’un à qui tu n’as rien à dire… ou presque

Au delà de quelques chroniques musicales ma dernière prose est un carnet de bord onirique, oeuvre hautement confidentielle tant l’absurde se mêle à l’inquiétant. Une écriture de l’émotion, sans filtres ni figures de styles où l’analyse dialectique et graphique valent mieux que la sémantique; où l’importance portée par un autre que moi traduirait du voyeurisme…ou du masochisme, au choix. Et le drame se pointe, the writer’s block, le syndrome de la page blanche. Je n’aurais donc rien à vous raconter? Je ne puis le croire, je m’accroche, à tort? laissez moi donc vous convaincre.

“Ecrire c’est rendre compte d‘un vécu et qui mérite de sortir du cadre personnel” — Tahar Ben Jelloun

Pour partager avec vous je troque donc aujourd’hui le papier contre le clavier et chasse le mystique pour le sensé (…finger crossed). Mais troquer la spontanéité pour un discours digéré? Je me souhaite de ne pas en arriver là et voilà qui n’est point aisé... Dans l’idée, refermer mon Moleskine sur des pensées crayonnées reste plus rassurant (et peu courageux) que d’ouvertement les ordonner puis les mettre en ligne. Mais quand l’aptitude doit prendre le relais de la volonté, on se rend parfois compte que le bâton pèse un peu lourd pour terminer l’épreuve.

Il faut écrire pour soi, c’est ainsi que l’on peut arriver aux autres — Eugène Ionesco

Ce que j’apprends dans cette entreprise est que le lâcher prise est salutaire, par pans entiers pour un partage sincère qui puisse si possible être utile à vous comme à moi. Rien de mieux que de s’affranchir de la critique, proposer un peu de soi en distillant ligne à ligne ce qui nous fait réagir. L’objectif, oser se confronter au regard de l’exégète qui se laissera embarquer dans les sillons que notre réflexion aura tracé.

Ecrire serait si triste si l’on ne déviait jamais de son plan — Giorgio Agamben

Digression et j’ose le parallèle avec nos partenaires / clients avec qui l’on échange, construit et partage. Je m’interroge quant à la matérialisation de cette oeuvre onirique dont je vous parlais au début, écrite dans un instant de total lâcher prise. Devons nous aspirer à rédiger ces carnets dans lequel s’épanchent leur “sur-moi” et autant s’immerger, sur l’autel de la pertinence? “Le lâcher prise est salutaire” disais-je. Voici qu’un thème émerge. Je reviendrai dessus une prochaine fois. Parenthèse close.

La poutre qui est dans l’œil de chaque critique lui sert de longue-vue pour apercevoir la faille qui est dans l’œuvre de chaque auteur — Erik Satie

Qu’apprendra t-on aujourd’hui? Peut être très peu… Mais j’ai tenté en ces quelques lignes de vous proposer une sorte de préface, la verbalisation d’un vécu, celui d’entamer un travail de partage d’idées pour s’améliorer mutuellement dans la franchise et la bienveillance. Et quant à la peur de se livrer, je me dis en m’enfonçant dans mon billet que le coeur d’un écrit reste intime car ceux qui en dévalent les tréfonds ne le font qu’en toute conscience, libre à chacun donc de faire demi-tour si ça se passait mal . Ce fut en tout cas un plaisir de vous avoir jusque là et je dois vous confier une chose, je n’ai aucune idée de ce que je viens de vous raconter… Ah si: “le lâcher prise est salutaire”.

Salut¡

TD