Adam Sakhr nous parle de Nowall, solution de traduction pour les réfugiés

Il y a un peu moins de deux ans, en risque dans son pays, Adam Sakhr est venu chercher l’asile en France, sans connaître le pays, sans connaître la langue. Aujourd’hui, entre autres projets, il développe une solution pour aider les demandeurs d’asile à dépasser la barrière de la langue.

Portrait: Adam Sakhr Crédit photo: Benjamin Loyseau

Nous avons rencontré ce jeune homme en mars dernier lors du premier hackathon Techfugees France, branche française de Techfugees, association fondée par le journaliste britannique Mike Butcher en octobre 2015 et qui a pour but de soutenir l’aide apportée aux réfugiés via la technologie et l’innovation.

Ce jeune développeur et blogueur soudanais a fui son pays et demandé l’asile en France en novembre 2014. “Je risque la peine de mort dans mon pays à cause de mes croyances politiques et religieuses, qui sont en désaccord avec le régime actuel”, explique-t-il. “J’ai eu la chance d’avoir pu quitter le territoire avec l’aide d’organisations humanitaires.”

Lorsque Adam est arrivé en France, l’un des obstacles majeurs que lui et les autres demandeurs d’asile ont rencontré était la langue.

“Les démarches administratives, les rendez-vous et les nombreuses procédures requièrent une bonne connaissance de la langue, et cet obstacle est la raison pour laquelle beaucoup de réfugiés se sentent perdus,” explique-t-il.

Adam le sait, la technologie peut aider ceux qui viennent d’arriver dans un nouveau pays à se sortir de situations difficiles. C’est la raison pour laquelle il soutient “toutes les innovations technologiques qui pourraient aider ces personnes.”

Aujourd’hui en formation chez Simplon — école numérique parisienne — Adam a participé à la création de Nowall, l’un des 11 projets développés lors du hackathon.

Nowall a pour but de traduire automatiquement les échanges avec l’administration par SMS, dans plusieurs langues, afin de faciliter les démarches des demandeurs d’asile.

Parce que l’accès à un smartphone peut être compliqué pour un réfugié durant les premiers mois, Nowall a choisi d’utiliser des SMS comme moyen d’échanges.

« Ayant été moi même dans cette situation, je sais combien il est difficile d’avoir un smartphone ou internet, et je peux vous assurer que nous souhaitions tous qu’une telle solution existe », raconte Adam.

D’ici peu, les demandeurs d’asile pourront envoyer un SMS au numéro gratuit de Nowall. Ils recevront un message de bienvenu leur demandant de choisir une langue et le type de traduction : traduction simultané pour des textes courts, traduction à distance par téléphone, service d’interprétariat en cas de rendez-vous où cela serait nécessaire. Selon l’option choisie, l’utilisateur recevra une traduction directement via SMS, un rendez-vous téléphonique ou pourra bénéficier d’une aide en personne par un bénévole s’il a besoin d’un interprète.

Actuellement en phase de construction, le projet menée par une équipe de six personnes passera bientôt en phase de test. Les étapes suivantes consisteront à trouver des financements et des partenaires de type opérateur mobile pour développer le projet.

Plus d’informations sur le hackathon:

Le hackathon a été co-organisé, avec Singa et Action Emploi Réfugiés, du 12 au 13 mars, et a réuni quelques 150 personnes issues de la communauté tech, associative, entrepreneuriat social, ainsi que des réfugiés, et porteurs de projets, autour d’un objectif : utiliser les nouvelles technologies au service des réfugiés.

Pendant 48 heures, des équipes se sont formées pour travailler sur 11 projets, chacun présenté devant un jury à la fin du hackathon.

Nowall était l’un de ces projets.

Article écrit par Joanna Kirk @joakirk

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