Internet, Culture et Pouvoir d’achat en Afrique [1/2]

9 défis qui ouvrent la voie à l’innovation et à un nouveau mode de conception vers des services et produits numériques mieux adaptés au contexte africain.

Fabrice Thilaw
Jul 25, 2017 · 4 min read

L’Afrique a un énorme potentiel numérique. Fin 2016, l’Afrique de l’Ouest comptait 172 millions d’abonnés uniques, représentant 320 millions de connexions mobiles. Sur le continent , des centaines de millions d’internautes se connectent chaque jour sur leur téléphones portables.

Je vis en Afrique (au Bénin) depuis toujours, où je suis témoin des particularités des internautes Africains et du contexte socio-économique dans lequel ils vivent. Cet article (et le prochain), posent les défis auxquels les promoteurs d’applications et de services numériques doivent faire face pour pénétrer ce marché prometteur.

L’Afrique a ses réalités, bien différentes de l’Occident. Et elles influencent les choix de plus de 500 millions d’internautes !

L’accès Internet n’est pas stable

De Dakar, à Nairobi, en passant par Cotonou et Lagos, les villes d’Afrique affichent des débits Internet faibles. Le phénomène s’observe d’un quartier à l’autre, d’une rue à l’autre, et selon le moment de la journée. Les applications mobiles et les services proposés pour le marché africain doivent garantir une expérience de navigation fluide même si la connexion de l’utilisateur passe du Wifi, à 3G, puis à 2G. L’utilisateur s’attendra également à accéder à certains contenus lorsqu’il est déconnecté.

Défi No 1 : Votre produit (ou service) reste-il opérationnel lorsque l’utilisateur n’est pas connecté ? L’utilisateur peut-il avoir un aperçu de vos contenus multimédias, avant de choisir s’il va les télécharger ?

Des écrans moyens ou petits, et des capacités limitées

Ce qui prolifère en Afrique, ce sont des téléphones à prix abordable et bas-de gamme. On utilise bien sûr aussi des téléphones Android, capables d’accéder à Internet, dotés de Bluetooth, Wifi et 3G. Mais généralement, ces téléphones ont des écrans à faible résolution, une capacité de stockage inférieure à 20 Go, une RAM inférieure à 1Go, et une faible autonomie. On est loin des fonctionnalités de ouf, qu’on retrouve par exemple chez le tout nouveau Pixel de Google, ou le iPhone 7 de Apple.

Les développeurs et entreprises spécialisés dans les logiciels doivent également tenir compte de ces contraintes techniques, pour choisir l’organisation des éléments visuels de leurs interfaces et la présentation du contenu. Et surtout, ils doivent éviter de proposer des applications énergivores.

Défi No 2: Votre produit est-il conçu pour fonctionner sur les appareils bas de gamme, à faible autonomie ? Est-il optimisé pour des téléphones à faible capacité et sur lesquels tournent des systèmes pas à jour ?

Internet coûte très cher

Plus de 95% des utilisateurs en Afrique, accèdent à Internet en achetant des forfaits de données facturés au volume, par les opérateurs mobile de télécommunications. Ces forfaits volumes coûtent chers et c’est le plus grand facteur qui influence, le comportement des internautes africains en ligne.

En moyenne, un internaute d’Afrique fera un forfait de données mensuel qui ne dépassera pas 250 Mo sur 30 jours. Par ailleurs, lorsqu’une application mobile sur Google Play Store coûte $0.99, soit le prix moyen d’un déjeuner à Cotonou, on comprend bien que le consommateur sera très strict sur son budget Internet.

Il faut donc le savoir : l’internaute Africain n’adoptera pas un service ou un produit, qui va impacter négativement sur son budget et son train de vie.

Défi No 3 : Votre produit peut-il apporter de la valeur à l’utilisateur, tout en respectant son budget Internet ?

Oubliez les cartes de crédit

Environs 38% de la population mondiale n’a pas accès aux services bancaires, et seulement 7% des résidents adultes des pays en développement possèdent une carte de crédit. Il est donc important pour les promoteurs de services numériques, de choisir quels moyens de paiement locaux, ils devront intégrés pour asseoir un modèle économique stable en Afrique.

Sur le contient, le contre-remboursement est l’un des moyens de paiements les plus répandus. C’est un système de paiement où l’encaissement est effectué à la livraison de la marchandise. L’avantage est qu’il permet à l’utilisateur de vérifier la qualité et la conformité de la livraison avant de payer le fournisseur.

Par ailleurs, le Mobile Money (un portefeuille électronique qui est rattaché à un numéro de téléphone) est tout aussi répandu en Afrique comparé au reste du monde. À titre de statistiques, en 2015, dans la zone UEMOA, la valeur journalière des transactions financières effectuées via le téléphone mobile s’est élevée à 18,96 milliards de francs CFA.

Défi No 4: Comment votre application intègre-t-elle les solutions locales de paiement ?

Fabrice Thilaw

Written by

Mobile Apps Developer. In Figma-africa community

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