Les VTC, futur de la mobilité bruxelloise ?

Thomas Modave
Aug 9, 2017 · 4 min read

NDLR : Cet article et le questionnement qui lui est lié découle d’un partenariat avec Ubeeqo, une “ plateforme en ligne proposant divers services de partage de voiture”, comme me l’a présenté mon contact.

Ça n’est un secret pour aucun de ses habitants : Bruxelles est une des pires villes belge où se rendre en voiture. Embouteillages, rues pas toujours adaptées, piétonnier, tunnels en travaux: ça devient vite l’enfer. Quant à son métro, il est mal agencé et trop peu entretenu en termes d’infrastructure que pour être idéal. Alors, les VTC (ou Voitures de Transports avec Chauffeurs) sont elles la solution ?

Crédits : Solidaire.org

Suite au suivi du TEDx de Bruxelles, on m’a donné accès pendant une semaine (plus dans les faits) aux services d’Ubeeqo. Kézako? C’est un site, et à fortiori une application, qui met à disposition une série de service de VTC ainsi que des voitures en location. En somme, soit vous vous faites conduire, soit vous conduisez. La première solution a été utilisée pour cet article, par non envie de finir écraser entre un bus de De Lijn et un tram de la STIB. Et puis parce que j’avais pas mon permis depuis assez longtemps que pour m’aventurer dans la jungle bruxelloise. Oui, c’est la lose.

J’avais un mauvais sentiment.

La location, bien qu’elle permette de régler le souci du nombre de voiture, n’est pas aussi utilisée ni aussi pratique que le service de chauffeur. Et puis les VTC me permettaient de discuter directement avec les conducteurs. Ça reste la base même quand on prend un taxi, malotru

Utilisation très simple pour les VTC : on ouvre l’appli, on choisi son endroit de départ ainsi que l’arrivée, on décide d’une heure et en avant ! Les taxis ont toujours été à l’heure, voire en avance, en ce qui me concerne. Mais, et là le bas blesse plus, c’est quand on voit les prix. Sans comparer ceux-ci aux tarifs mis en place par les taxis bruxellois, on se rend vite compte qu’Ubeeqo est un service assez haut de gamme étant donné qu’un trajet de 20 minutes grimpe vite jusqu’à 40€. De quoi restreindre drastiquement la clientèle qui cherche un taxi moins cher. Néanmoins, il faut le reconnaître : cela reste un excellent rapport qualité/prix.

Quelques illustrations du fonctionnement de l’application (oui, j’avais mon téléphone en allemand)

“Depuis les attentats, c’est vraiment vide de chez vide”. C’est ce que m’annonce d’emblée mon chauffeur du jour lorsque je lui demande comment les affaires marchent. Il m’explique ensuite qu’il est heureux d’avoir d’autres clients, comme des politiciens de la commission européenne, pour arrondir les fins de mois. Il me montre son badge d’accès comme preuve. “S’ils (les politiciens) veulent échanger leur salaire avec le mien, j’hésite pas une seconde !” dit-il, mi-figue mi-raisin. Impossible de savoir combien il touche. Mais si son salaire et celui de ses collègues fonctionnent sur le même système de rémunération que celui des taximen traditionnels, il peut espérer toucher près de 1650€ net par mois. Pas un salaire si mauvais que ça, bien que la vie à Bruxelles soit plus chère qu’ailleurs en Belgique.

Voici comment les bruxellois paient leur loyer.

Mais au-delà des chauffeurs, et si l’on tient compte des nombreuses critiques que la mobilité bruxelloise reçoit, Ubeeqo et les autres VTC peuvent ils être une alternative viable pour la capitale ? Comme souvent, la réponse est en demi-teinte : oui et non.

Oui, car le service proposé est très bon (je rappelle que je n’ai utilisé que le service de taxi) et assez haut de gamme. De plus, vu les bouchons sur lesquels ont peut tomber assez souvent dans la capitale, l’application permet, en choisissant un service quelques euros plus cher, de ne pas avoir de supplément malgré l’attente dans les embouteillages. Une option assez magique quand on habite dans la 37ème ville la plus engorgée du monde.

Bon d’accord, ici c’est Los Angeles mais vous voyez le principe d’un bouchon.

Non, car au-delà du service assez peu accessible pour le plus grand nombre, Ubeeqo ne résout pas le plus gros problème : la mobilité dans Bruxelles. En effet, si cette dernière était bien meilleure qu’en l’état actuel, à savoir une meilleure distribution du réseaux tram/bus ainsi qu’une infrastructure routière plus développée, on ne se poserait pas la question du sauvetage de la capitale bruxelloise par les VTC. Et la problématique de la pollution n’est également pas plus réglée.

Alors les VTC, sauveurs de la mobilité bruxelloise ? Pas vraiment. Il faudra trouver une autre solution pour que la capitale belge ne soit plus un cauchemar pour automobiliste, et pour n’importe quel navetteur. En attendant, j’ai réussi à toujours faire Bruxelles centre — Périphérie en 20 grosses minutes. Comme quoi, Ubeeqo sauve peut-être pas la mise de la ville. Mais la mienne oui.

De quoi me rapprocher doucement de la classe de Will Smith.

Belgian journalist student without a cause.

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