Le petit Périph’

En 1973, se créait à Paris le Boulevard périphérique, axe routier qui encerclait la capitale. Vingt ans après, Marseille ouvrait le tunnel Prado-Carénage et donnait ainsi naissance au “petit Périph”. Immersion dans l’un des plus beaux lieux de la cité phocéenne.


Whaou !”. C’est l’expression qui vient le plus vite aux lèvres des touristes devant ce chef d’oeuvre architectural. Deux ans de travaux ont été nécessaires pour bâtir cet édifice. “Le but du projet était avant tout pratique, on n’imaginait pas que ça allait autant sublimer le paysage du quartier” admet Pierre Imbert, ingénieur du génie civil employé pendant la construction.

C’est l’une des sept merveilles du monde moderne !” avait lancé un fou qui passait par là, en mars 1997. L’Unesco l’avait alors pris au mot et trois mois plus tard le petit Périph’ était classé au Patrimoine Mondial. Aujourd’hui, le lieu accueille chaque année 12 millions de visiteurs. En provenance majoritairement d’Extrême-Orient, les touristes ne prennent pas seulement des photos. Certains visiteurs malveillants arrachent des bouts de mur en souvenir. “L’édifice est construit en béton banché, c’est une technique quasiment unique au monde, alors forcément ça attire des convoitises” déplore Christiane De Loek, adjointe au maire déléguée à l’entretien des routes.


Mais le petit Périph’ aurait très bien pu ne pas sortir de terre car le but initial était, en 1993, très controversé. Il s’agissait d’un projet de “merroutage”. Il était prévu que les voitures qui arriveraient du Prado transitent jusqu’à la Joliette par bateau. Les bateaux de plaisances que l’on voit encore aujourd’hui auraient été réquisitionnés pour l’opération.

Le projet a avorté devant la levée de boucliers des plaisanciers et des lobbys pétroliers. “Il faut dire qu’à l’époque, se souvient Jean-Claude Gaudin alors président du conseil régional, les préoccupations écologiques n’étaient pas celles que l’on connaît à l’heure actuelle. Je me rappelle de Monsieur Vigouroux (ndlr : maire de Marseille de 1986 à 1995), qui avait crié en plein conseil municipal ‘Merroutage, mes roupettes !’, toute la salle avait rit et l‘idée est tombée dans l‘oubli”.

Toujours est-il que le petit Périph’ a fini par exister et personne aujourd’hui à Marseille n’ose remettre en cause ce lieu emblématique de la ville.

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