Première leçon d’entreprenariat: Nicolas Boileau (1636, 1711)

“Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, 
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, 
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, 
Polissez-le sans cesse, et le repolissez, 
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.”

IL EST TEMPS DE PASSER À L’ACTION

Ce poème de Nicolas Boileau c’est un peu le pitch de l’histoire entreprenariale que je souhaite vous raconter.

“Avant donc que d’écrire apprenez à penser.”

Les trois mois suivants les attentats du bataclan, je savais que le monde avait changé radicalement, du moins, avoir conscience qu’être aujourd’hui et demain ne plus être serait une éventualité qu’il faudra prendre en compte.

Après le traumatisme il va falloir être résiliant, se réinventer et réinventer ce monde qui est devenu imprévisible.

Je n’ai qu’une certitude, OK je vais partir, mais je ne souhaite pas avoir de regrets.

OK, je suis infirmier, au quotidien j’ai la chance de faire comme les gens me disent “quelque chose d’utile”, OK, je ne partage pas ce point de vue, parce que parfois les prise en charge n’ont aucun sens et plus le temps passe, plus je me rends compte que la vie est absurde… ou bien je ne suis pas assez intelligent pour la comprendre. Et donc il me faut apprendre encore à progresser, apprendre à penser. Dans tous les cas le seul avantage de ce métier c’est que personne ne peut s’attribuer le mérite de ton travail.

Ce métier d’infirmier est difficile, quand tu travailles à domicile c’est du travail isolé, là tu ne peux pas mentir, ces deux années que j’ai passé au chevet du patient, seul face à la maladie, face à la mort, pas d’équipe pour te soutenir, pas de médecins sous la main, toi, le patient, la maladie et la mort qui rode.

Ces années en Hospitalisation à Domicile m’ont permis de me forger et de me préparer à l’entrepreneuriat. L’optimisme, le recul, l’enthousiasme, la résilience, accepter d’être seul et avoir le goût de résoudre des problèmes.

Et donc avoir appris à panser m’a appris à penser.

Ces expériences m’ont permis de réaliser à quel point le métier d’infirmier était difficile, à quel point le métier d’infirmier libéral, c’est-à-dire Infirmier et chef d’entreprise pouvait être anxiogène pouvait générer des problèmes.

Ce que j’ai appris c’est que les problèmes ne s’ajoutent pas ils se multiplient entre eux.

Le monde change et gendre des problèmes, la profession absorbe le problème jusqu’à un point de rupture. Pourquoi? Les raisons que les infirmiers invoquent “c’est dur pour tout le monde, c’est comme ça partout” alors ajoutez à cela l’héritage culturel de cette profession qui était d’abord exercé par des nones… C’est-à-dire qu’être infirmier(e) c’est rentrer dans les ordres, quelque part c’ets faire veux de silence et de prendre sur soi. Vous n’avez pas idée du formatage et du mode de sélection dans les écoles d’infirmières, c’est effrayant.

Pour ma part je n’ai jamais pu entrer dans le moule, alors penser outside the box ça a été plus facile alors je me suis mis à penser que je pouvais “panser” les problèmes de ma profession sans vouloir faire de jeux de mots…

Mais bon avoir des idées c’est facile, il faut exécuter car une idée n’a pas de valeur sans exécution.

Bref il est temps de passer à l’action, et comme dirait ma mère “avant de plonger il faut savoir nager” et donc dans le cas de l’entrepreneuriat d’apprendre à penser comme un entrepreneur. Et plus j’avance, plus je prends conscience que j’ai toujours eu une structure mentale et une personnalité pour entreprendre. Plus j’avance sur ce chemin là et plus je me rends compte que ce que je fais est évident.

“Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, 
Et les mots pour le dire arrivent aisément.”

Et pendant un an donc je me suis posé les questions suivantes:

  • Qui suis-je? Qu’est-ce que je veux faire? Comment je vais le faire?
  • Quel état d’esprit adopter? Comment définir son idée? Comment construire une équipe?
  • Comment créer un produit extraordinaire?
  • Comment vendre et financer son projet?

En règle général il faut faire une école de commerce pour apprendre à répondre à ces questions…

Aujourd’hui le monde a tellement changé que la barrière à l’entrée n’existe plus, tu peux chopper pour rien du tout l’enseignement des meilleures écoles de commerce et contacter les personnes les plus influentes pour te donner du feed-back.

Alors l’dée de devenir entrepreneur quand on n’a pas fait d’école de commerce paraît folle parce que dans la tête des gens c’est quelque chose de réservé à une espèce d’aristocratie et de bourgeoisie.

Idéologiquement et politiquement une fois que l’on a résolu ce problème français de résignation ambiante, l’entrepreneuriat est le nouveau champ de bataille de la lutte des classes. Et c’est ce qui me plaît, entreprendre pour le bien commun face à des personnes qui veulent entreprendre pour leurs biens communs. Ce que j’aime ce sont ces entrepreneurs qui veulent changer le monde…

Pour ma part, cet accès au savoir m’a permis de trouver des sources fiables en rapport avec les questions que je me posais et les problèmes que je souhaitais résoudre.

En l’occurrence je souhaite résoudre les problèmes quotidiens des infirmiers, je souhaite que le travail soit moins isolé, que l’on puisse prendre le temps nécessaire pour les patients et comme on travail sur de l’humain pouvoir souffler quand on le veut.

Ma première idée était de faire un site de mis en relation Patient-infirmier, je souhaitais faire adhérer les infirmières à un répertoire à partir duquel elles pourraient recruter des patients à partir d’une plateforme unique de mis en relation.

Bon le problème c’est que les infirmières s’exposent à des problèmes de concurrence déloyale et que les règles de la profession l’interdisent, car assimilées à une forme de publicité ou de démarchage…

Bon il a fallu trouver un autre problème à résoudre et c’est là qu’est né UCARE: le remplacement des infirmiers libéraux.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, 
vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, 
polissez-le sans cesse, et le repolissez, 
ajoutez quelquefois, et souvent effacez.”

Et c’est cette dernière partie du poème qui résume parfaitement ce que je fais depuis une année.

FROM BOTTOM TO THE TOP

Vous raconter l’histoire de ma boîte de 0 à 1 où à l’instant je vous écris je suis quelque part entre 0 et 1.

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