Les phrases à retenir de la conférence Énergie et Territoire

Le 25 septembre dernier, l’UDI organisait avec son Secrétaire national en charge de l’énergie Éric Roux une conférence intitulée “Énergie et Territoire : les nouveaux défis pour les élus” autour d’experts indépendants extérieurs au parti et de grands élus UDI particulièrement mobilisés sur le sujet.

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Oct 1 · 5 min read

1. « Sur l’énergie il existe deux enjeux énormes pour les 30 prochaines années : la transition énergétique et l’adaptation au changement climatique ! »

Pascal Berteaud, Directeur du CEREMA et spécialiste des politiques énergétiques territoriales a rappelé que pour respecter les Accords de Paris en matière d’émissions, il faudra faire dix fois plus que ce que nous faisons actuellement.

A ses yeux, comme la première source d’émissions de gaz à effet de serre en France provient du transport, la question des émissions est essentiellement liée à des sujets d’aménagement du territoire (transport routier, résidentiel, production d’énergie) portées par les collectivités : “ces objectifs ne se réaliseront qu’à condition que les élus locaux prennent le taureau par les cornes”.

En complément, Pascal Berteaud nous invite à ne pas mésestimer l’importance des changements de comportement qui, selon lui, peuvent amener à faire une économie d’énergie l’ordre de 15 à 20% comme ce fût le cas dans les collèges par exemple.

2. « À Amiens, l’objectif est d’alimenter le réseau de chaleur avec au moins 62% d’énergies renouvelables »

Brigitte Fouré, Maire d’Amiens, Vice-présidente de la région Hauts-de-France, a détaillé le grand projet de fonds chaleur mis en place à Amiens.

Ce réseau de chaleur est une boucle qui relie un ensemble de bâtiments entre eux, des bâtiments publics mais également des copropriétés privées ou des cliniques. Le but est d’injecter de l’énergie renouvelable, plus propre et plus économique, à l’intérieur de cette boucle.

Le système est particulièrement ambitieux notamment du point de vue de son alimentation. Celui-ci sera alimenté d’une part grâce à une pompe qui récupère la chaleur qui se dégage de la station d’épuration et qui permet de réinjecter cette énergie qui auparavant s’évaporait dans la nature, mais également grâce à une chaufferie biomasse.

3. « En Mayenne, le développement des chaudières à bois déchiqueté a permis de faire le lien avec notre territoire rural »

Olivier Richefou, Président du Conseil départemental de la Mayenne, a détaillé l’action du département en matière de réseau de chaleur.

Du bois issu des haies bocagères est collecté par les agriculteurs pour alimenter des chaudières à bois déchiqueté. Ce réseau de chaleur permet d’alimenter -entre autres bâtiments publics- cinq collèges du département.

Olivier Richefou, explique qu’il a permis de faire un lien avec la ruralité mais aussi de faire passer un message important auprès des jeunes générations : “pour conserver du bocage il faut que l’on garde de l’élevage et sans nos agriculteurs, c’est impossible”. Tous les intervenants ont insisté sur la nécessité de “bien préparer ces dossiers avec les habitants car il s’agit de travaux qui perturbent beaucoup les villes mais qui sont très efficaces”.

Le bocage Mayennais

4. « Il n’y a pas assez d’investissement dans les systèmes de charge pour la mobilité électrique »

Aujourd’hui, les acteurs privés font massivement le pari de la mobilité électrique mais les investissements dans les systèmes de charge le sont beaucoup moins” a noté Christophe Gégout, spécialiste de l’appui de l’appui aux collectivités pour les développement de la mobilité électrique.

À horizon 2030, l’Agence Internationale de l’Énergie estime que les véhicules électriques occuperont 30% de parts de marché : la transformation va donc être radicale. Pour Christophe Gégout “les décideurs locaux doivent planifier la révolution de la mobilité électrique et le secteur privé devra être capable de structurer sa capacité d’investissements nécessaires” car pour l’heure ce n’est pas encore tout à fait le cas.

Plusieurs problèmes subsistent en matière de mobilités électriques, parmi eux les systèmes de charge ne sont pas encore universels; le manque de points de charge rapides pour les véhicules à usage professionnel… Par exemple, en Norvège où plus de 50% des véhicules vendus sont électriques, il n’existe que 15 à 25% de points de charge rapides publics.

5. « Les collectivités peuvent encourager le développement de la mobilité électrique »

Olivier Richefou a rappelé que la présence d’une desserte TGV ainsi que de lignes de cars structurantes ne sont pas suffisantes pour assurer les mobilités en milieu rural. Pour y remédier et augmenter son maillage territorial, le département de la Mayenne a investi dans des systèmes collectifs et individuels innovants comme le vélo à assistance électrique ou des véhicules électriques…

Le département de la Mayenne a en effet racheté le parc de voitures Autolib dont le contrat avait été résilié par la majorité d’Anne Hidalgo à Paris, avec une flotte de 53 voitures.

Au-delà des politiques publiques déjà mises en place, nos élus ont des pistes de réflexion à long terme pour favoriser l’émergence de ces nouvelles mobilités, le Président du Conseil départemental de la Mayenne estime que : “nos autoroutes devraient être gratuites pour les véhicules électriques”. Brigitte Fouré estime quant à elle qu’il serait bon de “réfléchir à des tarifs de stationnements différents en fonction du véhicule”.

6. « Nous croyons aux territoires autonomes : consommer l’énergie que l’on produit, produire l’énergie que l’on consomme »

Le terme d’autonomie énergétique, qui renvoie à une décentralisation de l’énergie peut a priori effrayer, notamment pour les risques élevés de black-out qu‘il présente, mais nos élus

Pour Brigitte Fouré, le concept d’autonomie énergétique a une portée différente, il ne “s’agit pas d‘être autarcique mais simplement de produire le nécessaire à l’échelle d’un territoire. De la même manière qu’encourager les circuits courts ne signifie pas stopper les échanges entre les territoires. L’idée est de se dire, comment peut-on vivre de manière durable ?”.

Pour Pascal Bertraud “l’énergie produite doit être égale à celle consommée mais en tout état de cause, la meilleure énergie demeure celle que l’on ne consomme pas. En matière de consommation énergétique, les élus locaux ont un rôle central à jouer”.

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    L'UDI, le centre-droit.

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