Construire des ponts invisibles

Rencontre avec les habitants de la région du Lac Tchad où les communautés hôtes ont ouvert leurs portes à ceux qui ont fui le conflit.

Les communautés du bassin du Lac Tchad font partie des plus pauvres du monde. Pourtant, 8 personnes sur 10 déplacées par le conflit avec Boko Haram vivent parmi les communautés hôtes, et non pas dans des camps. Les habitants du village de Tagal, dans la région du Lac au Tchad ont fait tout leur possible pour accueillir leurs voisins venus se réfugier chez eux.

“Nous vivons ensemble malgré le manque de place. Il y a beaucoup de monde et nous partageons le peu que nous avons : nos nattes, nos terres, nos récoltes et nos maisons. Moi-même, j’héberge deux familles.” Boulama Mahamat, chef du village de Tagal.

“J’étais sous le choc quand ils m’ont raconté que leur village a été brulé. Ils restaient au bord de l’eau, sous les arbres. Je n’ai même pas réfléchi et je leur ai laissé cette maison.” Al Hadji Hassan (centre) accueille Ismael Adam et sa famille dans son foyer.

“Je suis né sur mon île et tout ce que je connais, c’est la pêche. Quand je suis arrivé ici, les voisins m’ont aidé. Ils me prêtent leur pirogue et maintenant, je peux aller pêcher pour nourrir ma famille. Je viens de m’acheter ce nouveau filet.” Mamadou Koroundo déplacé de l’île de Boulargi au village de Tagal.

“Nous ne voulons pas être un fardeau pour les personnes qui nous hébergent. Ils nous ont déjà laissé cette maison, nous avons un toit et c’est le plus important.” Artou, et sa fille Halime ont fui leur île pour se réfugier à Tagal.

“Est-ce que je peux fermer la porte à une famille qui arrive ici avec des enfants et qui a tout perdu ? Nous sommes une communauté, ça veut dire qu’on doit aider ceux qui sont dans le besoin.” Zara, originaire de Tagal contribue à construire des ponts entre les personnes affectées par le conflit.

“Regardez le nombre de bouches que nous avons à nourrir, ce n’est pas facile avec autant d’enfants. Mais un jour, on pourrait aussi nous chasser de nos maisons. C’est pour ça qu’on doit partager.” Fatime, originaire de Tagal, cuisine pour tous les enfants qui vivent avec elle.

“On n’a pas trop le temps de s’amuser, mais on est toujours ensemble. On va à l’école, on va pêcher et on cherche des petits travaux pour se faire un peu d’argent.” Des jeunes de Tagal et des déplacés vivent ensemble dans une maison du village.

“Maintenant, nous - les déplacés et les gens de Tagal - allons pêcher tous les jours. Nous sommes trop nombreux et parfois il n’y a pas assez de poisson. Repartir ? On ne peut pas repartir, ils pourraient revenir à tout moment”. Barkai et Mahamat ont fui leur île pour s’installer à Tagal.

“ Nous sommes meilleurs pêcheurs, mais ils sont meilleurs agriculteurs. On se complète. C’est comme ça qu’on arrive à vivre ensemble en paix.” Mahamat vient d’une île du Lac Tchad, il vit maintenant à Tagal.

“Amina et moi, on s’est rencontrées au point d’eau, c’est comme ça qu’on est devenus amies. Maintenant, on joue et on va à l’école ensemble. Elle m’a aussi donné une belle robe comme cadeau.” Koukou (en rose, de Tagal) et Amina (en bleu, déplacée du Lac).

Les histoires de ces enfants ne sont pas des cas isolés. Plus de 1,4 million d’enfants ont été forcés de quitter leur foyer à cause de la violence dans la région. Suivez la campagne #BringBackOurChildhood pour en savoir plus.

Ensuring that Child Rights are realized in #Chad. Blog: http://www.yalna.org

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