Allocution de M. Peter Barlerin, haut responsable du bureau des Affaires africaines du département d’Etat des Etats-Unis
Forum AGOA sur la coopération commerciale et économique entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne, Lomé (Togo)
Allocution prononcée lors de la session conjointe d’ouverture du Forum de la société civile et du secteur privé de l’AGOA, le 8 août 2017
Bonjour à tous. C’est un véritable plaisir de me joindre à vous ici aujourd’hui sous le soleil du Togo pour l’ouverture du Forum de la société civile et du secteur privé de l’AGOA.
Tout d’abord, je tiens à remercier le gouvernement du Togo d’avoir accueilli le Forum AGOA. C’est une responsabilité considérable, et je tiens à saluer les énormes efforts et le leadership du gouvernement, qui nous ont permis d’être ici tous rassemblés en ce jour.
Nous réunir ici, à Lomé, pour discuter des questions commerciales et d’investissement, est aussi une excellente occasion pour beaucoup d’entre vous de découvrir le Togo, un pays qui émerge comme important centre économique en Afrique de l’Ouest, jouissant d’un port en eau profonde, d’un nouvel aéroport, d’une position géographique centrale dans le marché en expansion de l’Afrique de l’Ouest et pays nouvellement élu président de la CEDEAO.
Lorsque le Congrès des États-Unis a promulgué en 2000 la Loi AGOA sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, ses membres étaient conscients que la société civile et le secteur privé jouaient un rôle essentiel dans nos relations économiques avec l’Afrique.
Comme l’a déclaré Flori Liser, l’AGOA est un tabouret à trois pieds : le gouvernement, la société civile et le secteur privé ; tous travaillant ensemble pour assurer une base stable pour une croissance inclusive. Depuis 2000, ces événements de la société civile constituent une partie importante du Forum annuel de l’AGOA. Ces dernières années, davantage de femmes entrepreneurs ont été encouragées à y participer afin de promouvoir le rôle des femmes dans le développement social, politique et économique en Afrique subsaharienne.
Le rôle du secteur privé dans l’AGOA
Le secteur privé joue un rôle central en aidant les pays africains à élargir les avantages dont ils bénéficient au titre de l’AGOA. Bien que le gouvernement des États-Unis travaille avec les partenaires africains pour discuter des politiques et des plans d’expansion du commerce et de l’investissement dans le cadre de l’AGOA, c’est dans le secteur privé que le vrai travail s’opère. C’est aux entreprises américaines et africaines, dans le sang, la sueur et les larmes, qu’il revient de développer des plans business, d’assurer le financement et de mettre sur pied des entreprises capables de développer des exportations vers les États-Unis au titre de l’AGOA.
De ce fait, vous êtes les plus intimement familiers avec tous les défis pratiques liés à l’expansion du commerce et de l’investissement en Afrique. Lorsque le gouvernement du Togo convoquera demain sa réunion ministérielle pour discuter de la manière de tirer le meilleur parti de l’AGOA, nous aurons tous à apprendre des idées qui surgiront de vos discussions.
Pourquoi la société civile est-elle importante pour l’AGOA ?
De l’autre côté de la médaille, mais tout aussi important, se trouve la partie de la société civile du Forum AGOA.
Comme vous le savez, la législation de l’AGOA exige un examen annuel du respect des critères d’admissibilité pour chaque pays d’Afrique subsaharienne. Ces critères de l’AGOA exigent des pays qu’ils ne commettent pas de violations flagrantes des droits de l’homme internationalement reconnus, qu’ils respectent la démocratie et qu’ils organisent des élections libres, justes et crédibles. À cet égard, j’aimerais mentionner tout particulièrement le succès du peuple gambien lors de ses premières élections démocratiques et dire qu’aujourd’hui, tous les regards se portent vers le Kenya.
La société civile joue un rôle essentiel dans l’avancement des progrès accomplis dans tous ces domaines, notamment par sa contribution aux droits politiques et à la manière de gouverner, ainsi qu’aux questions économiques et commerciales.
Les acteurs de la société civile s’assurent que l’AGOA favorise une croissance inclusive pour tous les membres de la société. C’est pourquoi la législation de l’AGOA elle-même encourage la participation de la société civile et du secteur privé dans les discussions du Forum, reconnaissant le rôle important que les deux secteurs jouent dans la promotion du commerce, de la croissance économique, de l’emploi et des revenus.
La société civile et l’AWEP
Nous sommes également ravis que la société civile continue de s’associer avec des femmes entrepreneurs, dont beaucoup font partie du réseau du Programme pour l’entreprenariat féminin en Afrique, pour représenter les besoins uniques des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) en relation avec l’AGOA.
Les MPME sont des moteurs importants de la croissance des économies en Afrique subsaharienne, représentant jusqu’à 90% de toutes les entreprises et environ 80% des emplois.
Aider les MPME africaines à s’épanouir est crucial, non seulement pour l’Afrique, mais aussi pour l’économie mondiale, car elles contribuent à créer une classe moyenne croissante avec un revenu disponible, en parallèle des opportunités de marché pour les nouveaux investisseurs.
Nous savons également que les femmes sont la clé de la croissance économique en Afrique, tout comme elles constituent la clé de la croissance économique à travers le monde.
Investir dans les femmes entrepreneurs ne consiste pas seulement à cocher une case pour l’égalité entre les sexes. Cela contribue également à générer des gains économiques mondiaux importants. Les recherches montrent que lorsque les femmes entrepreneurs réussissent, elles stimulent la croissance économique et investissent davantage dans leurs familles et leurs communautés.
En conclusion
C’est un plaisir de vous voir ici tous réunis aujourd’hui pour le Forum de cette année. D’expérience, les Forums AGOA ont été les plus productifs lorsqu’ils ont permis de favoriser une discussion fluide entre le gouvernement, la société civile et les dirigeants du secteur privé.
Je vous encourage à profiter de cette occasion pour parler librement des défis auxquels nous sommes confrontés dans l’élargissement de nos relations commerciales et d’investissement avec l’Afrique, de l’importance d’encourager le respect des critères d’admissibilité de l’AGOA et des opportunités de créer une relation économique plus forte entre les États-Unis et l’Afrique.
Pour terminer, j’aimerais de nouveau remercier notre hôte, le gouvernement du Togo. Merci à vous tous pour votre participation cette semaine.
Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
