Allocution de M. Rex Tillerson, secrétaire d’État, et de Mme Susan Coppedge, ambassadrice itinérante pour la surveillance et la lutte contre la traite des êtres humains, à la cérémonie de lancement du Rapport 2017 sur la traite des êtres humains

French translation of “Remarks at the 2017 Trafficking in Persons Report Launch Ceremony”.

Département d’État des États-Unis

Bureau du porte-parole

Pour diffusion immédiate

Le 27 juin 2017

MME L’AMBASSADRICE COPPEDGE : Bonjour.

PUBLIC : Bonjour.

MME L’AMBASSADRICE COPPEDGE : Bienvenue au département d’État. La salle est bien remplie. Je m’appelle Susan Coppedge, je suis l’ambassadrice itinérante du Bureau chargé de surveiller et de combattre la traite des êtres humains. Merci à tous de vous joindre à nous aujourd’hui pour la parution du 17ème Rapport annuel sur la traite des êtres humains. (Applaudissements.) Je cherchais une copie que je pourrais avoir avec moi, car je suis procureur et j’aime avoir mes accessoires à portée de main. (Rires.)

Mais un mot rapide sur notre programme. Tout d’abord, notre hôte, M. le secrétaire d’État Tillerson, prononcera son allocution. Ensuite, après une allocution également de la conseillère du président, Mme Ivanka Trump, nous rendrons hommage à nos huit merveilleux héros qui luttent contre la traite des êtres humains et entendrons un court discours de l’un d’entre eux. Au terme de l’évènement, je vous inviterai à récupérer votre propre copie du Rapport. C’est un honneur d’être ici ce matin avec M. le secrétaire Tillerson et Mme Trump, et je vous remercie tous deux de soulever la question de la traite des êtres humains et pour votre soutien au Bureau chargé de la traite des êtres humains.

Et maintenant, Mesdames et Messieurs, M. le secrétaire d’État Rex Tillerson. (Applaudissements.)

M. Tillerson, Mme Trump, des membres du Congrès et les héros 2017

M. LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, merci beaucoup, Susan, et bienvenue à vous tous au département d’État pour cet événement important. Je suis particulièrement honoré d’accueillir les membres du Congrès et, surtout, je souhaite rendre hommage au leadership du président Corker du Comité des relations extérieures du Sénat, qui est avec nous ce matin. Je vous remercie. (Applaudissements.) Je pense que cet effort commun de l’ensemble de notre gouvernement illustre vraiment le dévouement et l’engagement dont font preuve les États-Unis envers la lutte contre la traite des êtres humains.

Je tiens également à remercier Mme l’ambassadrice Coppedge pour ses 16 ans de carrière consacrée à cette question. (Applaudissements.) Je sais aussi qu’elle n’est pas la seule à s’y être attelée, et nous sommes reconnaissants envers son personnel et envers un grand nombre de collègues du département d’État, dans nos ambassades et nos bureaux consulaires qui aident à préparer ce Rapport et qui, et c’est encore plus important selon moi, encouragent les gouvernements à redoubler d’efforts pour lutter au quotidien contre la traite des êtres humains à nos côtés.

Je tiens également à accueillir les ambassadeurs et les représentants du corps diplomatique étranger. Notre partenariat avec vous est, cela va sans dire, tout aussi essentiel à la lutte contre la traite des êtres humains.

Enfin, je tiens à rendre hommage aux survivants de la traite des êtres humains ainsi qu’aux représentants des nombreuses ONG et organisations internationales qui sont avec nous aujourd’hui ; merci pour votre présence pour le lancement du présent Rapport.

Je pense qu’avant de vous lire certaines de mes observations écrites, comme c’est la première fois que je participe à ce bilan, à la signature et à la rédaction du Rapport, j’ai pensé qu’il serait utile de revenir en arrière et de lire les raisons qui sont à l’origine de celui-ci. C’est avec la loi fédérale de 2000 sur la protection des victimes de la traite et de la violence que tout a commencé. Et je pense qu’il est utile de nous rappeler pourquoi nous sommes ici ce matin, pourquoi nous sommes réunis dans cette salle et ce que le gouvernement américain et le peuple des États-Unis d’Amérique ont vraiment essayé d’exprimer dans ce domaine.

Je pense que si vous relisez le préambule de la présente loi, vous y trouverez toutes les réponses. Il est écrit : « Le but de cette loi est de lutter contre la traite des êtres humains, une manifestation contemporaine de l’esclavage, dont les victimes sont principalement des femmes et des enfants, afin de s’assurer que des sanctions justes et efficaces soient prises contre les trafiquants et de protéger les victimes ». Et puis il est écrit… je veux lire une seule ligne de plus : « À l’orée du XXIe siècle, l’institution dégradante qu’est l’esclavage subsiste dans le monde entier ».

C’est la raison pour laquelle nous sommes ici ce matin. Elle stipule ensuite, la loi stipule ensuite que le département d’État est tenu de préparer ce Rapport annuel pour évaluer comment les gouvernements du monde entier prennent des mesures pour remédier à ce fléau. Et je pense que c’est vraiment par le biais d’actions motivées par cette loi et des interventions du département d’État pour répondre à ses obligations que nous pouvons identifier dans un premier temps quels sont les problèmes. Comment les problèmes se manifestent-ils (parce qu’ils continuent à évoluer et à revêtir de nouvelles formes) ? Comment pouvons-nous collaborer avec les gouvernements pour qu’ils mettent en place des lois qui leur permettent de poursuivre ceux qui participent à ces différentes formes de traite des êtres humains ? Comment encourager les gouvernements à appliquer ces lois et à commencer à responsabiliser les gens ? Et enfin, comment créer les conditions permettant aux victimes ou aux victimes potentielles de la traite des êtres humains de dénoncer celle-ci sans se sentir menacées pour nous aider à mieux comprendre comment tout cela se produit ?

Ce sont vraiment les résultats de nos actions qui comptent. Le Rapport est un outil important pour nous permettre de comprendre et d’aider les autres gouvernements à comprendre, mais sa finalité, ce sont les personnes, les victimes, et notre capacité d’empêcher de nouvelles personnes de devenir victimes.

Aussi regrettable que cela puisse être, la traite des êtres humains remonte aux débuts de l’humanité. Elle existe parmi nous depuis la nuit des temps. Mais cette présente loi, dans ces quelques lignes que je viens de vous lire, exprime notre espoir que le XXIe siècle sera le dernier siècle à connaître la traite des êtres humains ; c’est en cela que consiste notre engagement. Malheureusement… (Applaudissements).

Malheureusement, le défi à relever est énorme. Aujourd’hui, à l’échelle mondiale, on estime que 20 millions de personnes sont victimes de la traite des êtres humains. De toute évidence, nous avons donc beaucoup de travail à faire, et il en va de même pour les gouvernements du monde entier.

Permettez-moi à présent de faire quelques observations sur le Rapport et la raison de son importance. Il est clair que les conséquences de notre inaction dans ce domaine ont de nombreuses autres répercussions négatives dans le monde entier : elles permettent à la corruption de se propager ; elles sapent l’Etat de droit ; elles érodent les valeurs fondamentales qui régissent une société civile. Les réseaux criminels transnationaux, qu’ils soient ceux des trafiquants de drogue, du blanchiment d’argent ou des faussaires de documents, doivent aussi leur existence, en partie, à leur participation à des activités liées à la traite des êtres humains.

Lorsque des acteurs étatiques ou non étatiques ont recours à la traite des êtres humains, celle-ci peut devenir une menace pour notre sécurité nationale.

La Corée du Nord, par exemple, dépend de main-d’œuvre forcée pour générer des sources illicites de revenus dans leurs industries, y compris dans les secteurs du bâtiment, des mines et de la transformation alimentaire. Environ cinquante à quatre-vingt mille citoyens nord-coréens travaillent comme ouvriers forcés à l’étranger, principalement en Russie et en Chine, où la plupart d’entre eux travaillent 20 heures par jour. Leurs salaires ne leur sont pas versés directement. Ils sont versés au gouvernement de la Corée, qui en confisque la plus grande partie, évidemment.

Le régime nord-coréen reçoit des centaines de millions de dollars par an des fruits de ce travail forcé. Les nations responsables ne peuvent vraiment plus permettre que cela continue, et nous continuons de mettre en demeure chaque nation qui héberge ces travailleurs de Corée du Nord prisonniers d’un arrangement de travail forcé de les renvoyer chez eux. Les nations responsables doivent aussi prendre de nouvelles mesures. La Chine a été rétrogradée au niveau trois dans le Rapport de cette année, en partie parce qu’elle n’a pas pris de mesures sérieuses pour mettre fin à sa propre complicité dans cette traite (y compris en ce qui concerne les travailleurs forcés nord-coréens qui se trouvent en Chine).

Les entreprises et les consommateurs américains doivent aussi comprendre qu’ils peuvent être liés de manière involontaire à la traite des êtres humains. Les chaînes d’approvisionnement créant de nombreux produits dont les Américains profitent peuvent avoir recours au travail forcé. Le département d’État alerte les entreprises de ces situations afin qu’elles puissent prendre des mesures de leur côté pour s’assurer qu’elles ne sont pas en quelque sorte complices.

Plus tragique encore, la traite des êtres humains vise les proies les plus vulnérables, les jeunes enfants, filles et garçons confondus, qui sont séparés de leurs familles, souvent dans le but d’être exploités, contraints à la prostitution ou à l’esclavage sexuel.

Le Rapport du département d’État sur la traite des êtres humains de 2017 expose les réseaux de traite des êtres humains et fait rendre compte à leurs exploitants et à leurs complices.

Le Rapport de cette année se concentre sur la responsabilité des gouvernements au titre du Protocole de Palerme à ériger en infraction pénale la traite des êtres humains sous toutes ses formes et à poursuivre les délinquants. Nous exhortons les 17 pays qui ne font pas partie du ‘Protocole international pour prévenir, réprimer et punir la traite des êtres humains’ à réexaminer leur position et à se joindre aux autres pays qui ont pris cet engagement.

Le Rapport TIP (Trafficking in Persons Report) 2017 fait également valoir que les gouvernements doivent proposer des lois plus sévères de lutte contre la corruption et les faire respecter, afin que les trafiquants ne puissent plus continuer à opérer en toute impunité, là où certains choisissent de fermer les yeux.

Il est aussi important pour les nations qu’elles éduquent leurs partenaires des forces de police sur la façon d’identifier et de répondre à ceux qui jettent le déshonneur sur l’uniforme des forces de l’ordre ou l’uniforme militaire en permettant à la traite de continuer. Les exemples les plus dévastateurs sont les agents de police, ceux sur lesquels nous comptons pour nous protéger, qui deviennent complices par corruption, en travaillant eux-mêmes dans les maisons closes ou en entravant les recherches pour leurs propres profits. La complicité et la corruption qui permettent la traite des êtres humains de la part des forces de l’ordre doivent prendre fin.

Nous savons que la fermeture de ces réseaux présente de réels défis. Mais ces défis ne peuvent servir d’excuse à l’inaction.

Le Rapport TIP de 2017 reconnaît également les gouvernements qui font des progrès. Nous voulons les féliciter pour ce qu’ils font. L’an dernier, les gouvernements ont signalé plus de 9 000 condamnations pour crimes impliquant la traite des êtres humains à travers le monde, un chiffre en hausse par Rapport aux années précédentes.

Pour ne citer que quelques faits saillants :

En juillet dernier, le président de l’Afghanistan a ordonné une enquête sur les abus sexuels institutionnalisés commis par des agents de police sur des enfants, y compris concernant les peines pour leurs auteurs. En janvier, une nouvelle loi a été promulguée afin de criminaliser le bacha bazi, une pratique qui exploite les garçons à des fins de divertissement social et sexuel. Le gouvernement continue à enquêter, à poursuivre et à condamner les trafiquants, y compris les représentants du gouvernement qui sont complices.

En Ukraine, un pays qui figurait sur la liste de surveillance depuis des années, le bureau du procureur général a émis des directives afin d’améliorer les enquêtes liées au trafic et d’augmenter les efforts pour éradiquer la complicité, y compris grâce aux condamnations d’agents de police. Un enseignant dans une école gérée par le gouvernement et les responsables d’un internat pour orphelins géré par le gouvernement ont été arrêtés pour avoir tenté de vendre un enfant. Et les agents publics sont maintenant prévenus que toute complicité liée à la traite des êtres humains sera sévèrement punie.

Aux Philippines, des efforts accrus pour combattre la traite ont conduit à une enquête de plus de 500 cas de traite et à l’arrestation de 272 suspects : une augmentation de 80 % par Rapport à 2015.

Compte tenu de l’ampleur du problème, cependant, tous ces pays et bien d’autres ont beaucoup à faire, mais il est important de souligner leurs progrès et d’encourager leur engagement continu.

Comme les autres formes de criminalité illicite, la traite des êtres humains devient plus nuancé et plus difficile à identifier. Ces activités, dans leur majeure partie, sont entrées dans la clandestinité et se font désormais en ligne.

Le département d’État, en collaboration avec d’autres organismes américains ainsi que ses partenaires à l’étranger, s’est engagé à continuer de mettre sur pied de nouvelles approches pour suivre ces activités partout où elles apparaissent et pour former les forces de l’ordre afin de les aider à améliorer leurs technologies pour enquêter et poursuivre ces crimes.

À cette fin, je suis ravi d’attirer votre attention sur une initiative du département d’État annoncée plus tôt cette année.

Le Programme pour mettre fin à l’esclavage moderne augmentera le financement des efforts de prévention, de protection et de poursuites afin de réduire les cas d’esclavage moderne partout où celui-ci est le plus répandu. Le programme est le fruit de l’appui essentiel du Congrès, en particulier de la part du président Corker et des autres dirigeants qui se sont engagés à libérer les victimes de ce qui constitue un crime contre les droits humains fondamentaux.

Le Programme pour mettre fin à l’esclavage moderne financera des programmes de transformation mais prévoit également de prendre des engagements à hauteur de 1,5 milliard de dollars pour aider d’autres gouvernements et donateurs privés, tout en développant la capacité des gouvernements étrangers et de la société civile à œuvrer pour mettre fin à l’esclavage moderne dans leur propre pays.

Alors que nous réfléchissons aux rapports de cette année et à l’état de la traite des êtres humains dans le monde entier, nous rendons hommage aux personnes dévouées qui ont dédié leur vie, et dans certains cas, l’ont mise en danger, pour mettre fin à l’esclavage moderne. Pour de nombreuses victimes, le visage de ces héros est le premier signe d’espoir qu’ils voient après des semaines ou même des années de peur et de douleur.

Les héros du Rapport TIP 2017 seront félicités officiellement dans quelques instants, mais je souhaitais les remercier et exprimer mon admiration pour leur courage, leur leadership, leurs sacrifices et leur dévouement envers l’élimination de la traite des êtres humains. (Applaudissements).

Alors que nous rendons hommage à ces héros, n’oublions pas que tout le monde, tout le monde, a un rôle à jouer. Les gouvernements, les ONG, le secteur privé, les survivants et, avant tout, le peuple américain, doivent tous continuer à collaborer pour mettre fin à la traite des êtres humains au 21e siècle.

Et maintenant, veuillez vous joindre à moi pour accueillir une grande militante pour l’élimination de la traite des êtres humains, une personne qui travaille inlassablement pour une plus grande visibilité de ce problème, une conseillère du président des États-Unis, Mme Ivanka Trump. (Applaudissements).

Mme TRUMP : Merci, monsieur le secrétaire Tillerson, pour cet accueil chaleureux et merci de représenter les États-Unis aussi bien. C’est un honneur pour moi de me joindre aujourd’hui à vous, madame l’ambassadrice Coppedge, et à l’équipe du département d’État dans son entièreté, qui travaille sans relâche pour faire disparaître cette affreuse tâche que constitue la traite des êtres humains sur notre civilisation. Nous vous sommes reconnaissants pour votre dévouement continu. Le sénateur Corker est également des nôtres. Monsieur le sénateur, je souhaite vous remercier pour votre engagement inébranlable envers cette question d’importance critique. (Applaudissements).

C’est un honneur d’être ici aujourd’hui pour la publication du Rapport annuel sur la traite des êtres humains et pour féliciter les héros de cette année. Leur travail remarquable nous inspire à agir. Merci de nous donner la possibilité de tirer des enseignements de vos exemples impressionnants.

La traite des êtres humains est un problème répandu de non-respect des droits humains qui touche des millions de personnes, hommes et femmes, de tous âges et de toutes nationalités. Il s’agit bien souvent d’un crime commis dans le plus grand secret. La simple identification des personnes piégées dans des situations d’esclavage moderne présente l’un des plus grands défis. Même les estimations les plus prudentes font état de quelque 20 millions de personnes de par le monde, y compris ici-même aux États-Unis, piégées dans des situations de traite des êtres humains, dans des circonstances d’exploitation terribles, y compris tant de jeunes filles et garçons victimes du drame impensable de la traite des enfants à des fins sexuelles.

L’histoire de ceux que l’on honore aujourd’hui démontre la raison pour laquelle la lutte contre ce crime ici-même aux États-Unis, ainsi que partout dans le monde, est dans notre intérêt moral et stratégique. Comme le secrétaire Tillerson l’a mentionné auparavant, l’élimination de la traite des êtres humains est une grande priorité en politique étrangère du gouvernement Trump. Au cours des derniers mois, la Maison-Blanche a organisé des tables rondes et des rencontres pour écouter les victimes, avec des ONG, des membres du Congrès et d’autres encore pour déterminer les mesures à adopter pour mieux mettre en place une stratégie qui ferait enfin disparaître la traite des êtres humains. Le président a signé un décret présidentiel visant à renforcer l’application de la loi fédérale à l’égard des organisations criminelles transnationales, y compris des trafiquants. En outre, il a adopté des mesures pour veiller à ce que le personnel du département de la Sécurité intérieure soit formé de manière adéquate pour lutter contre la traite des enfants aux points d’entrée sur le territoire américain.

Le rapport de cette année met l’accent sur la responsabilité qu’ont tous les pays de poursuivre en justice les trafiquants de personnes. Il offre également la possibilité aux pays de voir comment les autres luttent contre la traite des êtres humains et d’adopter les stratégies et tactiques les plus efficaces tout en réaffirmant leur propre détermination à combattre ce fléau.

Sur le plan personnel, en tant que mère, cela représente bien plus qu’une priorité politique. C’est un appel à l’action pour défendre les personnes vulnérables, victimes d’abus et exploitées. Le mois dernier, lors d’un séjour à Rome, j’ai eu l’occasion de m’entretenir directement avec des survivants de la traite des êtres humains. Elles m’ont raconté leurs terribles histoires, la manière dont elles se sont retrouvées prises au piège dans cette affreuse toile sombre et la manière dont elles ont survécu, se sont échappées et reconstruisent lentement leur vie.

Ici, aux États-Unis, nous disposons de notre propre Conseil consultatif sur la traite des êtres humains, composé uniquement de survivants. Il est impossible d’aborder efficacement ce problème très répandu sans l’opinion et la participation courageuses des survivants. Ils peuvent nous permettre de comprendre ce qu’ils ont vécu et ils joueront un rôle essentiel dans la résolution de cette crise urgente.

Ces survivants ne sont pas uniquement des victimes, ce sont des héros, tout comme les militants courageux qui s’engagent à lutter contre la traite des êtres humains où qu’elle ait lieu. Dans le cadre du Rapport TIP 2017, le département d’État félicite les personnes qui ont travaillé sans relâche pour lutter contre la traite des êtres humains. Aujourd’hui, nous rendons hommage aux personnes suivantes : un agent de police dont les efforts ont permis d’identifier 350 enfants en situation de travail forcé ; un responsable syndicaliste qui protège les employés du secteur de la pêche ; un juge qui a joué un rôle essentiel dans la rédaction de la première loi contre la traite de son pays ; un journaliste qui lève le voile sur le travail forcé ; un chef religieux qui s’efforce de protéger les migrants vulnérables ; un sociologue dont les études pionnières examinent les problèmes structurels touchant les populations vulnérables ; un militant qui a fondé une ONG pour s’occuper des victimes de la traite d’enfants à des fins sexuelles ; et une survivante, la première de son pays à obtenir des dommages et intérêts dans une affaire de traite de personnes à des fins sexuelles. Chacun de ces héros est une source d’inspiration. Ils ont tous un passé différent, mais ils sont unis par cette cause commune. Nous félicitons chacun d’entre eux et nous sommes là pour les soutenir. (Applaudissements).

Alors que nous marquons la publication du rapport de cette année, souvenons-nous des victimes sauvées des horreurs inimaginables de la traite des êtres humains. Réaffirmons notre engagement à trouver celles qui se trouvent encore dans l’obscurité de l’exploitation. Et célébrons les héros qui continuent à jeter la lumière sur la pénombre de la traite des êtres humains.

Veuillez maintenant vous joindre à moi pour accueillir l’illustre ambassadrice Susan Coppedge, pour la remise des prix. Merci pour votre incroyable travail. (Applaudissements).

MME L’AMBASSADRICE COPPEDGE : Merci, Mme Trump, pour ces paroles sincères. Nous avons hâte de poursuivre notre partenariat avec la Maison-Blanche. Je souhaiterais demander à chaque héros du Rapport TIP de se lever lorsque son nom et son pays seront annoncés et de venir recevoir son prix.

Tout d’abord, Alika Kinan, qui vient d’Argentine. (Applaudissements). En reconnaissance du courage extraordinaire dont elle a fait preuve en poursuivant en justice ses trafiquants, de ses efforts altruistes pour aider l’État dans les affaires de poursuite et de prévention de la traite des êtres humains, en partageant ses expériences et connaissances, ainsi que de sa ténacité en tant que militante pour de plus grandes protections pour les groupes vulnérables et les victimes de la traite des êtres humains en Argentine. Ils ne m’ont pas laissé lire, ils applaudissent trop fort, donc… (rires)… merci.

Ensuite, Leonardo Sakamoto, du Brésil. (Applaudissements). En reconnaissance de sa détermination inébranlable pour trouver et exposer les situations de travail forcé, de son engagement envers la sensibilisation des communautés vulnérables et au sein du secteur privé, ainsi que du rôle vital qu’il joue pour faire progresser les efforts de l’État en matière de prévention de la traite des êtres humains au Brésil. (Applaudissements).

Et sœur Vanaja Jasphine, du Cameroun. (Applaudissements). En reconnaissance de ses efforts inlassables pour lutter contre l’esclavage moderne, de son travail innovant dans l’identification d’une tendance migratoire clé pour prévenir la traite de Camerounais vers le Moyen-Orient, ainsi que de son dévouement pour s’assurer que les survivants obtiennent un soutien juridique et aient accès à une aide de réintégration complète. (Applaudissements).

Et Viktoria Sebhelyi, de Hongrie. (Applaudissements). En reconnaissance de ses contributions pionnières en tant que chercheuse qui ont révélé la prévalence de la traite des enfants à des fins sexuelles en Hongrie, de sa capacité à associer autorités publiques et organisations de la société civile pour améliorer l’identification des victimes et les services qui leur sont offerts, ainsi que de son dévouement envers une plus grande sensibilisation et une meilleure compréhension de la traite des êtres humains. (Applaudissements).

Madame le juge Amina Oufroukhi, du Maroc. (Applaudissements). En reconnaissance de son leadership en tant qu’instigatrice de la nouvelle loi exhaustive du Maroc contre la traite des êtres humains, de sa persévérance pour élaborer un plan de mise en œuvre axé sur les victimes, ainsi que de son engagement infaillible envers la formation des représentants du système judiciaire et des forces de l’ordre susceptibles d’entrer en contact avec des victimes de la traite des êtres humains. (Applaudissements).

Allison Lee, de Taïwan. (Applaudissements). En reconnaissance de son incessant au nom des pêcheurs étrangers travaillant à bord de bateaux battant pavillon taïwanais, du rôle central qu’elle a joué dans la formation du premier syndicat composé de travailleurs étrangers et dirigé par ceux-ci, ainsi que du courage dont elle a fait preuve en exigeant des protections plus fortes pour les travailleurs vulnérables par le biais d’un engagement durable de la part des autorités et du public. (Applaudissements).

Et Boom Mosby, de Thaïlande. (Applaudissements). En reconnaissance de son engagement constant dans la lutte contre la traite des enfants à des fins sexuelles en Thaïlande, de son dévouement envers l’amélioration de soins complets pour les victimes et de son engagement persistant auprès de responsables gouvernementaux, de travailleurs sociaux et de prestataires de services pour améliorer la protection et la réintégration des survivants de la traite des êtres humains au sein de leur communauté. (Applaudissements).

M. Mahesh Muralidhar Bhagwat, d’Inde. Nous sommes navrés que M. Bhagwat n’ait pas pu se joindre à nous aujourd’hui, mais nous souhaiterions le féliciter de son leadership dynamique dans la lutte contre l’esclavage moderne en Inde, du rôle essentiel qu’il a joué pour faire de la traite des êtres humains une priorité du gouvernement, ainsi que de son approche innovante envers les enquêtes et le démantèlement des opérations de traite. (Applaudissements).

J’ai maintenant le plaisir de vous présenter un des héros du Rapport TIP, Boom Mosby, fondatrice et directrice du HUG Project en Thaïlande. Mme Mosby est une défenseuse passionnée des enfants victimes d’abus sexuels en Thaïlande et a joué un rôle crucial dans l’avancée d’une approche axée sur les victimes dans les efforts de lutte contre la traite des êtres humains en Thaïlande. (Applaudissements).

MME MOSBY : Merci. Monsieur le secrétaire Tillerson, c’est un grand honneur de me trouver ici pour représenter les héros 2017 du TIP, et particulièrement au nom des victimes de la traite des êtres humains partout dans le monde. (Applaudissements).

Je souhaiterais vous parler de l’une de ces victimes, une jeune fille que nous appellerons Jane. C’est la première victime de traite avec qui j’ai travaillé. Il y a six ans, Jane a été exploitée dans le cadre de la traite à des fins sexuelles lorsqu’elle n’avait que 13 ans. Comme des millions d’autres hommes, femmes et enfants partout dans le monde, elle s’est trouvée piégée dans l’obscurité de l’esclavage moderne par des manipulations et de fausses promesses. Les trafiquants de Jane ont utilisé l’argent comme appât pour l’attirer et la contrôler. Avec le recul, Jane vous dirait qu’elle a pris une mauvaise décision et qu’elle a commis une erreur, mais en réalité, c’est est une victime.

Quel que soit le niveau de son rétablissement, ses cicatrices physiques et émotionnelles la marqueront le restant de ses jours. C’est pourquoi la traite des êtres humains, à des fins sexuelles ou de travail forcé, n’est pas seulement un crime à l’encontre d’une personne, c’est un crime contre la dignité humaine. Toutefois, grâce à des personnes dévouées comme les héros d’aujourd’hui, il est possible d’être libre. Jane vous dirait que les ingrédients clés de son rétablissement ont été la patience et un amour inconditionnel. Ce dont elle a besoin est qu’on soit à ses côtés dans les moments les plus difficiles. Aujourd’hui, Jane est sur le point de terminer le lycée et est déterminée à poursuivre ses études d’assistante sociale et à avoir un impact sur la vie d’autres victimes comme elle.

Les histoires qui se terminent bien comme celle de Jane ne seraient pas possibles sans collaboration. Le groupe de travail thaïlandais sur les cybercrimes à l’encontre d’enfants (TICAC) en est un exemple. Le TICAC représente un nouveau modèle de coopération entre les forces de l’ordre et les ONG. Nous mettons de côté nos objectifs personnels et nous rassemblons des personnes dévouées et passionnées cherchant à atteindre les mêmes buts. Nous nous concentrons sur une approche axée sur les victimes, en nous demandant toujours ce qui est le mieux pour l’enfant. La victime est toujours notre priorité principale.

Aujourd’hui, nous recevons le titre de héros, mais nous n’avons pas de pouvoirs surnaturels. (Rires.) Nous sommes ici en raison du dur labeur et du travail d’équipe de nombreux héros. En fin de compte, lorsque nous faisons face au fléau qu’est la traite des êtres humains, nous sommes tous appelés à faire un choix : ne rien faire ou faire quelque chose.

Lorsque je pense à ce choix, je me rappelle notre roi, feu Sa Majesté le roi Rama IX qui nous a quittés il y a moins d’un an. Il a régné plus longtemps que tout autre monarque thaïlandais et, de ce fait, on l’appelle souvent le « père de notre nation ». Il considérait véritablement les Thaïlandais comme ses enfants, il faisait preuve de compassion pour ceux qui souffraient et travaillaient dur pour améliorer leur vie. Aujourd’hui, je lance un appel au gouvernement, aux responsables et aux simples citoyens de chaque pays en leur demandant de suivre l’exemple de feu le roi de Thaïlande et de s’occuper de leur peuple comme de leurs enfants.

Merci. (Applaudissements).

MME L’AMBASSADRICE COPPEDGE : Merci, Mme Mosby. Nous vous sommes très reconnaissants pour votre travail et nous sommes véritablement inspirés par tous nos héros présents ici aujourd’hui. Je souhaiterais également remercier nos collègues du Bureau de l’éducation et des affaires culturelles d’avoir parrainé le séjour des héros aux États-Unis. Après l’événement d’aujourd’hui, ils se rendront à Boston et à Miami pour rencontrer des organisations de lutte contre la traite des êtres humains, échanger des idées et partager des pratiques prometteuses.

Je travaille sur cette question depuis le début de ma carrière. D’abord, comme procureur fédéral et maintenant à la tête du bureau TIP du département d’État. Dans ces deux rôles, j’ai été témoin des conséquences des pires formes de cruauté et d’avidité humaines… des personnes, aussi bien des enfants que des adultes, forcés à subir des souffrances inimaginables. Et pourtant j’ai toujours dit que, pour travailler dans ce domaine, il fallait garder espoir et j’ai de l’espoir, un espoir inspiré par les personnes formidables que j’ai rencontrées au fil du temps : des survivants, des responsables d’ONG, des représentants des forces de l’ordre et des autorités publiques dévoués, des experts et des membres de la communauté qui refusent que ce problème soit ignoré. La lutte contre la traite des êtres humains nous unit tous, et avec détermination, optimisme et collaboration, nous pouvons mettre fin à l’esclavage moderne.

Dans son discours, Mme Mosby a dit que nous étions tous confrontés à un choix : ne rien faire ou faire quelque chose. Toutes les personnes ici présentes qui travaillent dans ce domaine et ceux qui, partout dans le monde, luttent contre la traite des êtres humains font quelque chose. Mais pour le reste du monde, je me joins à Mme Mosby pour lancer un appel à l’action. En ce qui concerne la traite des êtres humains, tout le monde à un rôle à jouer et l’obligation d’agir. Nous devons choisir de faire quelque chose pour mettre fin à l’esclavage moderne.

Merci à tous de vous être joints à nous aujourd’hui. (Applaudissements)

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.