Allocution du président Trump sur la stratégie face à l’Iran

La Maison-Blanche

Bureau du porte-parole

Le 13 octobre 2017

Merci beaucoup. Mes chers compatriotes, en tant que président des États-Unis, ma plus haute responsabilité consiste à assurer la sûreté et la sécurité du peuple américain.

L’Histoire a montré que plus nous ignorons une menace, plus celle-ci devient sérieuse. C’est pourquoi, quand j’ai pris mes fonctions, j’ai ordonné un examen stratégique complet de notre politique vis-à-vis du régime voyou en Iran. Cet examen est à présent terminé.

Aujourd’hui, j’annonce notre stratégie, ainsi que plusieurs grandes mesures que nous prenons pour faire face aux actions hostiles du régime iranien, et pour veiller à ce que l’Iran ne se procure jamais, absolument jamais, d’arme nucléaire.

Notre politique se fonde sur une évaluation lucide de la dictature iranienne, de son parrainage du terrorisme et de son agression continuelle au Moyen-Orient et partout dans le monde.

L’Iran est contrôlé par un régime fanatique qui s’est emparé du pouvoir en 1979 et qui a forcé un peuple fier à se soumettre à son règne extrémiste. Ce régime radical a pillé les richesses de l’une des nations les plus anciennes et les plus dynamiques du monde, et a semé la mort, la destruction et le chaos à travers la planète.

Dès 1979, des agents du régime iranien ont envahi l’ambassade des États-Unis à Téhéran, et ils ont pris en otage plus de 60 Américains pendant les 444 jours qu’a duré la crise. Le groupe terroriste Hezbollah, qui bénéficie du soutien des Iraniens, a bombardé par deux fois notre ambassade au Liban — en 1983 et encore en 1984. Un autre bombardement cautionné par les Iraniens a tué 241 Américains, des militaires qui étaient dans leur caserne, à Beyrouth, en 1983.

En 1996, le régime a ordonné un autre bombardement, celui de quartiers militaires américains en Arabie Saoudite, tuant de sang-froid 19 Américains.

Des mandataires de l’Iran ont dispensé des formations à des agents qui ont ensuite participé aux attentats à la bombe perpétrés par Al-Qaïda contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, et qui, deux ans plus tard, ont assassiné 224 personnes et en ont blessé plus de 4 000 autres.

Après les attentats du 11-Septembre, le régime a accueilli des terroristes de haut niveau, dont le fils d’Oussama ben Laden. En Irak et en Afghanistan, des groupes soutenus par l’Iran ont tué des centaines de militaires américains.

Le comportement agressif de la dictature iranienne continue encore aujourd’hui. Le régime reste le premier État parrain du terrorisme dans le monde, et il fournit de l’aide à Al-Qaïda, aux Talibans, au Hezbollah, au Hamas et à d’autres réseaux terroristes. Il conçoit, déploie et produit en grand nombre des missiles qui mettent en danger les troupes américaines et nos alliés. Il harcèle les navires américains et menace la liberté de navigation dans le Golfe d’Arabie et dans la mer Rouge. Il emprisonne des Américains sous de fausses accusations. Et il lance des cyberattaques contre nos infrastructures essentielles, notre système financier et notre armée.

Les États-Unis sont loin d’être la seule cible de la campagne de longue date de carnage menée par la dictature iranienne. Le régime supprime violemment ses propres citoyens. Il a tiré sur des manifestants étudiants non armés dans la rue pendant la révolution verte.

Ce régime alimente les violences sectaires en Irak, ainsi que des guerres civiles au Yémen et en Syrie. En Syrie, le régime iranien soutient les atrocités commises par le régime de Bachar Al-Assad, et il approuve l’utilisation par Assad des armes chimiques contre des civils sans défense, y compris de très nombreux enfants.

Étant donné le passé et le présent meurtriers du régime, nous ne devrions pas prendre sa vision de l’avenir à la légère. Les deux slogans favoris du régime sont « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël ».

En réalisant la gravité de la situation, les États-Unis et le Conseil de sécurité des Nations unies ont cherché pendant de nombreuses années à stopper l’Iran dans sa course aux armes nucléaires, à l’aide d’une vaste gamme de sanctions économiques sévères.

Mais le gouvernement précédent a levé ces sanctions, juste avant ce qui aurait été l’écroulement total du régime iranien, par le biais du très controversé accord de 2015 sur le nucléaire iranien. Cet accord s’appelle le Plan d’action global conjoint.

Comme je l’ai dit à maintes reprises, l’accord sur le nucléaire iranien est l’un des pires et des plus déséquilibrés dont les États-Unis aient jamais été partie. La même mentalité qui a produit cet accord est responsable des affreux accords commerciaux qui, pendant des années, ont sacrifié des millions d’emplois dans notre pays au profit d’autres États. Nous avons besoin de négociateurs qui représenteront les intérêts américains beaucoup plus fermement.

L’accord sur le nucléaire a lancé à la dictature iranienne une bouée de sauvetage politique et économique, lui fournissant l’issue de secours cruciale face aux intenses pressions internes créées par les sanctions. Il a aussi donné au régime un coup de pouce financier immédiat et plus de 100 milliards de dollars qui auraient pu servir à financer le terrorisme.

Le régime a également reçu un énorme versement de 1,7 milliards de dollars de la part des États-Unis, dont une grande partie a été littéralement chargée à bord d’un avion à destination de l’Iran. Imaginez ces immenses piles de billets de banque emportées par les Iraniens qui attendaient à l’aéroport. Je me demande où est passé tout cet argent.

Mais le pire est que l’accord permet à l’Iran de continuer à développer certains éléments de son programme nucléaire. Plus important encore, dans seulement quelques années, et au fur et à mesure que les principales restrictions sur son programme disparaitront, l’Iran pourra se précipiter vers la mise au point d’armes nucléaires. Autrement dit, nous avons obtenu des inspections anémiques en échange, sans plus, d’un délai purement à court terme et temporaire de la marche de l’Iran vers des armes nucléaires.

Quel est le but d’un accord qui, dans le meilleur des cas, ne fait que retarder la capacité nucléaire de l’Iran pour une petite période de temps ? Cela pour moi, en tant que président des États-Unis, est inacceptable. Dans d’autres pays, on compte en intervalles de 100 ans, pas seulement de quelques années à la fois.

Le plus triste dans cet accord, pour les États-Unis, est tout l’argent qui a été versé d’avance, ce qui est complètement inhabituel, plutôt qu’à la fin de l’accord après que les Iraniens ont prouvé qu’ils respectaient les règles. Mais ce qui est fait est fait, c’est pour cette raison qu’on en est rendu là aujourd’hui.

Le régime iranien a commis de multiples violations de l’accord. Par exemple, en deux occasions séparées, ils ont dépassé la limite des 130 tonnes d’eau lourde. Ce n’est que récemment que le régime iranien a commencé à répondre à nos attentes en matière du fonctionnement de ses centrifugeuses avancées.

Le régime iranien a également intimidé les inspecteurs internationaux, les poussant à ne pas faire usage de leur entière autorité en vertu des termes de l’accord sur les inspections.

Les responsables et les chefs militaires iraniens ont affirmé à maintes reprises qu’ils n’autoriseront pas les inspecteurs à visiter des sites militaires, bien que la communauté internationale soupçonne que certains de ces sites aient fait partie du programme clandestin d’armes nucléaires de l’Iran.

Par ailleurs, beaucoup pensent aussi que l’Iran effectue des transactions avec la Corée du Nord. Je vais donner l’ordre à nos agences du renseignement de mener un examen approfondi à ce sujet et de me soumettre un rapport avec leurs conclusions qui va au-delà des études déjà menées.

D’après les termes même de l’accord sur le nucléaire iranien, celui-ci était censé contribuer « à la paix et à la sécurité régionales et internationales ». Toutefois, tandis que les États-Unis adhèrent à leurs engagements en vertu de l’accord, le régime iranien continue d’alimenter le conflit, la terreur et le désordre dans tout le Moyen-Orient et ailleurs. Ce qui est important, c’est que l’Iran ne respecte pas l’esprit de l’accord.

Aujourd’hui, par conséquent, reconnaissant le danger accru que pose l’Iran, et suite à des consultations approfondies avec nos alliés, j’annonce une nouvelle stratégie pour répondre à l’ensemble des actes destructeurs de l’Iran.

Premièrement, nous œuvrerons avec nos alliés pour contrer l’activité déstabilisatrice du régime et son soutien pour ses mandataires terroristes dans la région.

Deuxièmement, nous imposerons des sanctions supplémentaires contre le régime pour entraver ses moyens de financement du terrorisme.

Troisièmement, nous affronterons la question de la prolifération de missiles et d’armes par le régime, lesquels menacent nos voisins, le commerce mondial et la liberté de navigation.

Et enfin, nous couperons au régime tous les chemins qu’il pourrait emprunter pour se doter d’une arme nucléaire.

Aujourd’hui, j’annonce également plusieurs mesures importantes que mon gouvernement adopte dans le cadre de cette stratégie.

L’exécution de notre stratégie commence par la prise d’une mesure, nécessaire depuis bien longtemps, qui imposera des sanctions sévères contre le Corps des gardiens de la révolution islamique de l’Iran. Le Corps révolutionnaire est la force et la milice personnelle, corrompue et terroriste du leader suprême de l’Iran. Elle a détourné de grandes sommes de l’économie iranienne et a mis la main sur des dotations religieuses massives pour financer la guerre et le terrorisme à l’étranger. Ce qui inclut fournir des armes au dictateur syrien, acheminer des missiles et des armes à ses mandataires et à ses partenaires pour attaquer la population civile de la région et ourdir même un complot visant à faire exploser une bombe ici même, dans un restaurant populaire de Washington.

J’autorise le département du Trésor à censurer davantage l’ensemble du Corps des gardiens de la révolution islamique en raison de son soutien au terrorisme et d’appliquer des sanctions contre ses responsables, ses agents et ses associés. J’exhorte nos alliés à se joindre à nous pour prendre des mesures fermes visant à circonscrire le comportement dangereux et déstabilisateur dont continue à faire montre l’Iran, et de s’y prendre, entre autres, par le biais de sanctions qui seraient externes à l’accord sur le nucléaire iranien et qui cibleraient le programme de missiles balistiques du régime, son soutien au terrorisme et toutes ses autres activités destructrices dont existent bon nombre.

Enfin, en ce qui concerne le problème grave du programme nucléaire iranien : depuis la signature de l’accord sur le nucléaire, le comportement agressif et dangereux du régime n’a fait que croître. En même temps, il a bénéficié d’un allègement massif des sanctions contre lui tout en continuant à développer son programme de missiles. L’Iran a également signé des contrats d’affaires lucratifs avec d’autres parties à l’accord.

Lorsque l’accord a été finalisé en 2015, le Congrès a adopté la loi sur l’examen de l’accord nucléaire iranien pour faire en sorte que l’opinion du Congrès soit prise en compte. Parmi d’autres conditions, cette loi exige que le président, ou son représentant, certifie que la suspension des sanctions en vertu de l’accord est « appropriée et proportionnelle » à la mesure — et à d’autres mesures prises par l’Iran pour mettre un terme à son programme nucléaire illicite. Sur la base des faits que j’ai présentés, j’annonce aujourd’hui que nous ne pouvons pas certifier cet accord et nous ne le ferons pas.

Nous ne continuerons pas sur une voie dont l’issue prévisible est une augmentation de la violence et de la terreur, et la menace bien réelle du franchissement du seuil nucléaire de l’Iran.

C’est la raison pour laquelle j’ordonne à mon gouvernement de collaborer étroitement avec le Congrès et nos alliés pour remédier aux failles nombreuses et importantes de l’accord de sorte que le régime iranien ne puisse jamais menacer le monde avec des armes nucléaires. Il s’agit notamment des clauses de caducité de l’accord qui, dans seulement quelques années, élimineront les principales restrictions au programme nucléaire iranien.

Les failles de l’accord incluent également un manque de mise en application de ses termes et un silence quasi total sur les programmes de missiles iraniens. Le Congrès a déjà commencé à s’attaquer à ces problèmes. Les principaux dirigeants de la Chambre des représentants et du Sénat élaborent actuellement un projet de loi qui modifierait la loi sur l’examen de l’accord nucléaire iranien afin de renforcer sa mise en application, d’empêcher l’Iran — ceci est extrêmement important — de mettre au point un missile balistique intercontinental et afin aussi de rendre permanentes toutes les restrictions sur les activités nucléaires iraniennes en vertu de la législation américaine. C’est très important. Je soutiens ces initiatives.

Toutefois, si nous ne parvenons pas à trouver une solution en collaboration avec le Congrès et nos alliés, l’accord sera abrogé. Il fait l’objet d’un examen continu, et je peux annuler notre participation, en ma qualité de président, à n’importe quel moment.

Comme nous l’avons constaté avec la Corée du Nord, plus nous ignorons une menace, plus elle s’aggrave. C’est la raison pour laquelle nous sommes déterminés à faire en sorte que le principal commanditaire du terrorisme dans le monde ne puisse pas obtenir d’armes nucléaires.

Dans cette optique, nous sommes complètement solidaires des victimes les plus anciennes du régime iranien : son propre peuple. Les citoyens iraniens ont payé un lourd tribut pour la violence et l’extrémisme de leurs dirigeants. Le peuple iranien désire ardemment, c’est son seul désir, retrouver la fière histoire de son pays, sa culture, sa civilisation, sa coopération avec ses voisins.

Nous avons l’espoir qu’avec ces nouvelles mesures dirigées vers la dictature iranienne, le gouvernement se verra contraint de réévaluer sa poursuite de la terreur au détriment de son peuple.

Nous avons l’espoir que nos actions d’aujourd’hui contribueront à établir un avenir de paix, de stabilité et de prospérité au Moyen-Orient, un avenir où les nations souveraines se respectent mutuellement et respectent leurs propres citoyens.

Nous prions pour un avenir où les jeunes enfants, américains et iraniens, musulmans, chrétiens et juifs, peuvent grandir dans un monde sans violence, sans haine et sans terreur.

Et jusqu’à ce jour béni, nous ferons ce qu’il faut pour préserver la sécurité de l’Amérique.

Merci, que Dieu vous bénisse et que Dieu bénisse l’Amérique. Merci.

French translation of “Remarks by President Trump on Iran Strategy”.

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.