Discours prononcé lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Soudan du Sud

French translation of “Remarks at a UN Security Council Briefing on South Sudan”.

Mission des États-Unis auprès des Nations unies

Mme Nikki Haley, représentante permanente des Etats-Unis aux Nations unies

New York

Le 26 septembre 2017

Merci, Monsieur le Président. Merci, Monsieur Shearer, de votre présentation. Nous remercions également le président Mogae de son exposé et de ses efforts inlassables pour tenter de ramener la paix au Soudan du Sud.

Le peuple du Soudan du Sud souffre, et la promesse de l’indépendance pour laquelle ils luttent si âprement se dérobe. Nous sommes tellement préoccupés, en fait, par la détérioration de la situation au Soudan du Sud — et ailleurs en Afrique centrale et orientale — que le président Trump a annoncé la semaine dernière m’avoir demandé de me rendre en Afrique en octobre. Une fois sur place, je me rendrai à Juba en tant que représentante de mon gouvernement, mais aussi en tant que représentante du Conseil de sécurité.

Six mois se sont écoulés depuis que le Conseil de sécurité a demandé aux parties belligérantes du Soudan du Sud de cesser les combats et de revenir à la table des négociations. Chaque mois, nous nous sommes réunis ici pour déplorer la terrible situation au Soudan du Sud. Chaque mois, nous avons exhorté les parties à cesser les combats. Nous les avons appelées à empêcher l’obstruction de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud. Nous avons regardé avec effarement comment des centaines de personnes étaient chaque jour obligées de fuir leurs foyers, et comment la famine s’était installée. Chaque mois, nous avons observé la situation au Soudan du Sud s’empirer, et non s’améliorer, et nous émettons encore plus d’appels à l’action.

Nous sommes déçus que ce Conseil refuse d’endiguer le flux d’armes vers le Soudan du Sud ou de punir ceux qui martyrisent leur propre peuple. Pourtant, nous savons que la responsabilité réelle et le pouvoir de changer appartiennent aux dirigeants du Soudan du Sud. Mais jusqu’à présent, le gouvernement du Soudan du Sud n’a pas répondu aux demandes de ce Conseil de créer un gouvernement inclusif et de mettre un terme aux combats. Il reste encore beaucoup à faire.

Les violences et les destructions ont laissé 6 millions de personnes dans des conditions proches de la famine et ont fait déplacer 2 millions de Sud-Soudanais, 2 millions de réfugiés en plus, et d’innombrables morts.

L’impact sur les enfants a été particulièrement sévère. Dix-sept mille enfants ont été enlevés ou recrutés par des groupes armés. Plus de 15 000 enfants ont été séparés de leur famille ou de leurs proches. Plus de 1,1 million d’enfants font face à une malnutrition aiguë, et à peine la moitié des enfants en âge d’être scolarisés sont dans des salles de classe. Ce sont des statistiques qui donnent à réfléchir, avec des conséquences désastreuses pour la sécurité, le bien-être et l’avenir de toute une génération.

La Mission des Nations unies intervient au Soudan du Sud pour répondre à cette crise, et aider à protéger les civils et à soulager leurs souffrances. La MINUSS abrite plus de 200 000 civils sur des sites à travers le pays. Elle essaie d’en accueillir davantage, mais ses opérations sont continuellement frustrées. Nous appelons le gouvernement du Soudan du Sud à accueillir l’assistance apportée par la Mission des Nations Unies et à coopérer avec elle pour la laisser remplir son mandat auprès des Sud-Soudanais.

Les États-Unis ont agi sans attendre. Au début du mois, nous avons imposé des sanctions économiques et financières à des personnes qui avaient entravé le processus de paix, refusé l’accès à l’aide humanitaire et interféré avec la mission de maintien de la paix.

Les États-Unis feront tout ce qui est en leur pouvoir pour réduire les souffrances au Soudan du Sud, et le Conseil de sécurité et les acteurs régionaux doivent en faire davantage. Mais notre principal message aux dirigeants Sud-Soudanais sera de leur demander de saisir cette occasion et de prendre l’initiative. Ils ont les moyens d’arrêter cette violence. L’Autorité intergouvernementale pour le développement leur a présenté un moyen de réanimer l’accord de paix et de le faire rapidement. Mais le temps presse.

Il s’agit de la dernière chance de sauver l’accord de paix au Soudan du Sud. Les différentes parties impliquées dans le conflit doivent mettre les prochaines semaines à profit pour s’engager dans ce processus et le conclure.

Nous espérons que les dirigeants du Soudan du Sud se saisiront de cette opportunité. Sinon, nous devrons nous résoudre dès maintenant — à titre individuel et collectif — à en faire davantage pour mettre fin à ce conflit.

En ce qui concerne le peuple du Soudan du Sud, nous attendons avec impatience de pouvoir très bientôt lui transmettre le message en personne que nous n’avons pas renoncé à lui et que nous ne l’avons pas oublié. Le peuple du Soudan du Sud peut compter sur les États-Unis d’Amérique comme ami et défenseur de leur cause.

Merci.

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.