Explication du vote lors de l’adoption de la résolution 2360 du Conseil de sécurité de l’ONU sur le régime de sanctions à l’encontre de la république démocratique du Congo et sur le mandat du Groupe d’experts

French translation of “Explanation of Vote at the Adoption of UN Security Council Resolution 2360 on the Democratic Republic of Congo Sanctions Regime and Mandate of the Group of Experts”.

Ambassadrice Michele J. Sison

Représentante permanente adjointe des États-Unis auprès des Nations unies

Mission des États-Unis auprès des Nations unies

New York

Le 21 juin 2017

La résolution que nous avons adoptée aujourd’hui réaffirme l’engagement de ce conseil à poursuivre le travail entamé par Michael Sharp et Zaida Catalan, deux membres du Groupe d’experts sur la république démocratique du Congo, qui ont tragiquement perdu la vie en mars dernier lors d’une mission en RDC.

En renouvelant le mandat du Groupe d’experts, cette résolution adresse un message limpide : le Conseil de sécurité continuera le travail de Michael et Zaida afin de faire avancer la paix et de lutter contre les violations des droits de l’homme et les abus en RDC.

Cette résolution souligne aussi la détermination du Conseil à agir contre ceux qui cherchent à porter atteinte au personnel de l’ONU et notamment au Groupe d’experts. Aux familles de Michael et de Zaida, aux membres des groupes d’experts, au personnel de la MONUSCO et au représentant spécial Sidikou, je voudrais dire ceci : exprimer notre soutien et notre admiration, ce n’est pas assez. Nous le savons, vous méritez que nous nous engagions à découvrir la vérité et à traduire en justice ceux qui s’en prennent aux représentants de l’ONU. Aujourd’hui, nous avons fait un pas modeste, mais important, en ce sens.

De façon tout aussi importante, cette résolution est pour les Congolais, qui ont été témoins de beaucoup trop de violence et de corruption, de beaucoup trop d’abus allant à l’encontre des droits de l’homme. Les rapports effrayants qui nous parviennent de la RDC, et particulièrement des provinces du Kasaï, devraient de fait nous pousser à l’action non seulement via le Conseil de sécurité mais aussi via le Conseil des droits de l’homme. Pas plus tard qu’hier, nous avons lu des rapports relatant que plus de 3 000 personnes avaient été tuées dans la région du Kasaï au cours des huit derniers mois.

Non seulement l’armée de la RDC est impliquée dans des violences contre les civils mais elle a même filmé des exécutions sommaires. Nous avons entendu maintes fois des témoignages selon lesquels des villages avaient été brûlés et pillés, que le viol était utilisé comme arme de guerre et que des enfants étaient ciblés, assassinés dans leurs foyers. Alors qu’environ 20 000 personnes ont fui les provinces du Kasaï depuis début avril, la RDC rejette les offres d’assistance internationale pour enquêter sur les violences.

Zaida et Michael ont perdu la vie en recherchant la vérité sur le Kasaï. Nous ne pouvons pas laisser cette recherche de vérité s’arrêter, surtout au moment où les nouvelles provenant de la région sont de plus en plus alarmantes et où les réfugiés affluent sans discontinuer.

M. le président, il n’y aura jamais de paix ni de sécurité en RDC sans élections et sans passation de pouvoirs démocratiques. Tous les acteurs impliqués, l’opposition comme le gouvernement, doivent rester fidèles à l’accord de la Saint-Sylvestre et agir pour mettre en œuvre les termes de cet accord, en prenant notamment des mesures indispensables pour restaurer la confiance.

Ce conseil et le gouvernement des États-Unis se tiennent prêts à demander des comptes à ceux qui fomentent la violence, compromettent la paix et exacerbent l’instabilité en RDC.

Merci, M. le président.

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.