Faire progresser les droits de l’homme en Mauritanie

French translation of “Advancing Human Rights in Mauritania”.

Département d’État des États-Unis

Bureau chargé de la Démocratie, des Droits de l’homme et du Travail

Par Marissa Brescia et Cara Vileno, le 13 septembre 2017

La Mauritanie, un pays grand et situé exactement en face de Washington, de l’autre côté de l’Atlantique, est riche d’histoire et de traditions. Environ quatre millions de personnes vivent sur ce territoire au paysage désertique, trois fois plus grand que l’État du Nouveau-Mexique. Dès que nous avons atterri dans la capitale, Nouakchott, pour une visite auprès de deux programmes d’aide étrangers soutenus par nos services du bureau chargé de la Démocratie, des Droits de l’homme et du Travail (DRL), nous avons vite compris qu’en Mauritanie, le passé était très présent dans la façon dont les gens vivent. Nous avons passé la semaine qui a suivi à en apprendre davantage sur l’histoire du pays et la structure de sa société, extrêmement complexe sur le plan ethnique, ainsi que sur le travail de groupes issus de la société civile, qui plaident courageusement pour les droits des personnes réduites en esclavage et d’autres populations marginalisées.

Des habitants d’un quartier pauvre de Nouakchott, à l’extérieur de leur maison.

La mission du Bureau DRL est d’observer et d’encourager le respect des droits de l’homme et la démocratie dans le monde. En Mauritanie, cela passe par le soutien à ceux qui se battent contre l’esclavage héréditaire. D’après le Rapport 2017 du département d’État sur la traite des personnes, « des adultes et des enfants issus des castes traditionnelles d’esclaves dans les communautés noire, maure et afro-mauritanienne sont victimes de pratiques d’esclavage héréditaire qui trouvent leurs racines dans les relations ancestrales entre maître et esclave et qui font qu’ils sont souvent forcés de travailler sans salaire, comme bergers et domestiques. » Les programmes financés par le bureau DRL soutiennent les efforts de la société civile locale pour combattre ces pratiques en aidant des groupes apatrides et marginalisés à obtenir des documents d’identité, en offrant compétences et opportunités aux personnes sortant de la servitude afin d’atteindre une indépendance socioéconomique et en renforçant les capacités des journalistes locaux pour qu’ils soient en mesure de sensibiliser les gens à cette question.

À Nouakchott, nous avons rencontré des partenaires du bureau DRL qui se consacrent depuis des dizaines d’années à prendre contact avec ces personnes réduites en esclavage, les soutenir, et plaider auprès du gouvernement mauritanien pour qu’il fournisse des services complets de protection aux victimes et poursuive les responsables en justice. Nous avons également pu rencontrer des bénéficiaires de ces projets, qui ont laissé derrière eux des années de servitude et d’exploitation et sont désormais indépendants, capables de gagner de quoi subvenir aux besoins de toute leur famille.

Pendant notre séjour, nous nous sommes également rendues à Rosso, une petite ville à trois heures de la capitale, près de la frontière avec le Sénégal. On ne peut l’atteindre que par une route en mauvais état qui serpente à travers le désert. À Rosso, nous avons pu entendre de la bouche de personnes apatrides et de leurs défenseurs le récit des nombreuses difficultés qu’elles rencontrent — notamment sur les questions de propriété foncière et des obstacles rencontrés lorsqu’elles demandent des documents d’identité au gouvernement. Tant qu’elles n’ont pas ces papiers, elles ont l’interdiction de faire enregistrer leurs naissances, décès ou mariages, et ne peuvent voyager en dehors de leurs villages natals ni accéder aux programmes d’aide nationaux. En outre, leurs enfants n’ont pas le droit de passer les examens nationaux, indispensables pour avancer dans leur scolarité.

Depuis son indépendance en 1960, la Mauritanie et les États-Unis ont établi un solide partenariat fondé sur leurs intérêts communs et leur respect mutuel. Grâce à cette relation fiable et durable, le bureau DRL a pu soutenir en Mauritanie des programmes qui font progresser le respect des droits de l’homme et les bonnes pratiques de gouvernance. Nous nous réjouissons de continuer à nous impliquer aux côtés de la dynamique société civile de Mauritanie, avec l’objectif ultime d’éradiquer l’esclavage et de favoriser l’égalité des droits et des opportunités économiques à travers le pays.

À propos des auteures : Marissa Brescia et Cara Vileno travaillent au service des programmes mondiaux du bureau chargé de la Démocratie, des Droits de l’homme et du Travail (Bureau of Democracy, Human Rights and Labor)au sein du département d’État des États-Unis.

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.