Nous tenons Pyongyang pour responsable de ses actes

French translation of “We’re Holding Pyongyang to Account”.

Rubrique d’opinion du Wall Street Journal

Par Jim Mattis et Rex Tillerson

Le 13 août 2017

M. Mattis est le secrétaire à la Défense des Etats-Unis ; M. Tillerson est le secrétaire d’État des Etats-Unis.

Les États-Unis, leurs alliés et le monde sont tous unis dans leur poursuite d’une péninsule coréenne dénucléarisée.

Ces derniers mois, plusieurs tests illégaux de missiles balistiques et de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) nord-coréens, auxquels est dernièrement venue s’ajouter la rhétorique belliqueuse de Pyongyang concernant des attaques contre les États-Unis, Guam, leurs alliés et leurs intérêts dans la région Asie-Pacifique, ont conduit à une escalade des tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis, qui ont atteint des niveaux sans précédents depuis la guerre de Corée.

En réponse, l’administration Trump, avec le soutien de la communauté internationale, a mis en place une pression diplomatique et économique sur la Corée du Nord pour parvenir à la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne et au démantèlement des programmes de missiles balistiques du régime. Nous remplaçons la politique ratée de « patience stratégique », qui a permis à la menace nord-coréenne de se développer, par une nouvelle politique stratégique de reddition de comptes.

L’objectif de notre campagne de pression pacifique est la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Les États-Unis ne s’intéressent pas à un quelconque changement de régime ou à une réunification accélérée de la Corée. Nous ne cherchons pas de prétexte pour envoyer des troupes américaines au nord de la zone démilitarisée. Nous n’avons aucune intention de causer du tort au peuple nord-coréen qui souffre depuis longtemps et qui doit être envisagé indépendamment du régime hostile de Pyongyang.

Notre approche diplomatique est partagée par beaucoup de nations soutenant nos objectifs, y compris la Chine, qui exerce la plus grande influence économique sur Pyongyang. La Chine est un pays voisin de la Corée du Nord, son unique allié par traité et son principal partenaire commercial. Les entités chinoises participent, d’une manière ou d’une autre, à environ 90 % des échanges commerciaux avec la Corée du Nord. Cela offre à la Chine l’occasion unique de faire valoir son influence auprès du régime. Les déclarations récentes de membres de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est, ainsi que d’autres voix sur les scènes régionale et mondiale, ont mis en évidence le point de vue uniformisé de la communauté internationale face aux actions provocatrices et dangereuses de la Corée du Nord : elles doivent prendre fin. Pyongyang doit renoncer à ces actions.

La Chine a d’excellentes raisons de poursuivre les mêmes objectifs que les États-Unis. Les actions du régime nord-coréen et la perspective d’une prolifération nucléaire ou d’un conflit menacent la sécurité économique, politique et militaire que la Chine s’est efforcée de construire au fil des décennies. Le comportement de la Corée du Nord menace également les intérêts à long terme de la Chine en termes de paix et de stabilité dans la région. Si la Chine souhaite jouer un rôle plus actif pour assurer la paix et la stabilité (dont chacun d’entre nous, en particulier la Chine, pourrait bénéficier), elle doit prendre la décision d’exercer son influence diplomatique et économique décisive sur la Corée du Nord.

Notre approche diplomatique a également lieu sous l’égide de l’ONU. Un récent vote unanime du Conseil de sécurité impose de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord et met en évidence l’étendue de la manière dont le régime a choisi de s’isoler de la communauté internationale. Ce vote, qui a aussi remporté l’appui de la Russie, reflète la volonté internationale de faire face à la menace que pose le régime nord-coréen pour la sécurité et la stabilité mondiales.

Nous demandons instamment à toutes les nations d’honorer leurs engagements et d’appliquer les sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU contre la Corée du Nord pour accroître la pression diplomatique, économique et politique sur le régime, notamment par le biais de toute cessation d’activités commerciales qui financent le développement de ses armes balistique et nucléaires. Les États-Unis continuent à consolider l’unité internationale sur la question nord-coréenne par une participation accrue à l’ONU, à des forums diplomatiques régionaux et dans les capitales du monde entier.

La diplomatie demeure notre moyen de prédilection pour changer la conduite de la Corée du Nord, mais des options militaires viennent s’y ajouter. Les alliances des États-Unis avec la Corée du Sud et le Japon sont fortes. Mais Pyongyang a constamment repoussé les tentatives de Séoul de créer les conditions favorables à un dialogue pacifique, choisissant plutôt de poursuivre sa conduite irresponsable de menace et de provocation. En réponse à ces dangers, le nouveau gouvernement de la Corée du Sud a décidé d’adopter le déploiement du système de défense de zone de théâtre à haute altitude (THAAD) des États-Unis contre la menace. Nous saluons la décision de la Corée du Sud de déployer cette capacité purement défensive.

L’installation de lanceurs THAAD dans la péninsule coréenne et la réalisation de manœuvres militaires conjointes sont autant de préparatifs défensifs contre la menace aiguë d’actions militaires dirigées contre les États-Unis, nos alliés et d’autres nations. La demande de la Chine envers les États-Unis et la Corée du Sud de ne pas déployer le THAAD est irréaliste. Les militaires de l’armée chinoise qui s’y connaissent en technologie savent que le système ne comporte aucun danger pour leur patrie.

En l’absence d’une Chine utilisant son influence pour montrer au monde la manière dont une grande puissance devrait agir pour résoudre un problème aussi bien défini que celui de la poursuite par la Corée du Nord d’armes nucléaires et de capacités antimissiles à longue distance, d’autres dans la région sont tenus de mettre en place des mesures défensives par prudence, pour assurer la protection de leur population. Le vote du Conseil de sécurité de la Chine a été un pas dans la bonne direction. La région et le monde ont besoin et attendent de la Chine qu’elle en fasse davantage.

Les États-Unis sont disposés à négocier avec Pyongyang. Mais au vu des antécédents de malhonnêteté dans les négociations et les violations répétées d’accords internationaux par la Corée du Nord, il incombe au régime de signaler sa volonté de négocier de bonne foi. Une indication sincère serait la cessation immédiate de ses menaces provocatrices, de ses essais nucléaires, de ses tirs de missiles et de ses autres tests d’armement.

Les États-Unis continueront à travailler avec leurs alliés et partenaires pour approfondir la coopération diplomatique et militaire et pour veiller à ce que les nations s’en tiennent à leurs engagements d’isoler le régime. Cela inclura une application rigoureuse des sanctions, ne laissant aucune source de revenu nord-coréenne intacte. Les États-Unis continueront notamment à demander à la Chine et à la Russie de s’engager à ne pas fournir au régime de planches de salut économiques et à le persuader d’abandonner la voie dangereuse qu’il a empruntée.

Comme toujours, nous embrasserons une préparation militaire pour défendre notre patrie, nos citoyens et nos alliés et pour assurer la préservation de la stabilité et de la sécurité en Asie du Nord-Est. Et nous le répétons ici : toute attaque mènera à une défaite, et toute utilisation d’armes nucléaires sera suivie d’une réponse efficace et écrasante.

La Corée du Nord est maintenant confrontée à un choix. Emprunter une nouvelle voie vers la paix, la prospérité et l’acceptation internationale, ou s’avancer davantage dans la voie sans issue de la belligérance, de la pauvreté et de l’isolement. Les États-Unis aspireront et travailleront à la réalisation de cette première solution, et resteront vigilants face à la deuxième.

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.