Point de non-retour : Le monde prend des mesures pour endiguer le changement climatique

French translation of “There’s No Going Back: The World is Acting on Climate Change

Dr Jonathan Pershing Envoyé spécial des États-Unis pour le changement climatique

Le message que j’adresse à mes collègues étrangers — et celui qu’ils m’adressent — est très simple : les progrès doivent se poursuivre, car le changement climatique est un problème urgent et très grave, et nous avons le vent en poupe.

En tant qu’envoyé spécial du département d’État sur le changement climatique, je représente les États-Unis aux discussions internationales sur le changement climatique — dont les plus récentes ont eu lieu à la réunion mondiale annuelle des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, à Marrakech, au Maroc, du 7 au 18 novembre de cette année.

Cette réunion permet aux gouvernements du monde entier de se réunir et de planifier, avec des membres de la société civile et du monde des affaires, les prochaines étapes de la lutte contre le changement climatique.

L’an dernier, à la réunion de Paris, des dirigeants de nombreux pays ont pris une décision historique en adoptant la convention la plus solide jamais négociée sur le changement climatique, un accord qui est entré en vigueur le mois dernier, plus rapidement que toute autre convention internationale négociée auparavant sur l’environnement mondial, grâce à la coopération de tous et à un sentiment d’urgence partagé.

Après la signature de la Convention de Paris, la réunion de cette année à Marrakech s’est concentrée sur les modalités d’application de celle-ci, pour permettre sa mise en œuvre rapide à l’échelle mondiale.

Évidemment, le deuxième jour de la conférence, les États-Unis ont élu un nouveau président, d’un parti différent. Il n’est donc guère surprenant que les participants à la réunion de Marrakech aient alors prêté attention aux mesures que la prochaine administration américaine pourrait adopter envers le changement climatique.

Je ne peux pas parler au nom de l’équipe du président élu, mais le message que j’adresse à mes collègues étrangers — et celui qu’ils m’adressent — est très simple : les progrès doivent se poursuivre, car le changement climatique est un problème urgent et très grave, et nous avons le vent en poupe.

Grâce à nos progrès récents, le monde s’achemine à présent vers un avenir à faible émission de gaz carbonique.

Qu’est-ce que cela signifie en pratique ? Cela veut d’abord dire qu’un groupe très diversifié de parties prenantes — des entreprises, des gouvernements nationaux, des associations à but non lucratif, des universités et bien d’autres encore — favorisent le passage des technologies fondées en grande partie sur le charbon à une économie basée sur des technologies énergétiques propres.

Les mesures adoptées pour parer au changement climatique sont à présent une réalité mesurable et démontrable partout dans le monde.

Cette dernière année, ce message a été accepté à tous les niveaux des administrations et de la société civile — et réaffirmé explicitement par toutes les nations à Marrakech après les élections américaines.

Les nombres témoignent aussi des mesures au niveau mondial.

Selon Bloomberg New Energy Finance, la meilleure source d’informations commerciales à cet égard, 2015 a marqué un nouveau record pour l’énergie renouvelable, attirant des montants records de 329 milliards de dollars américains en investissements globaux (une croissance de 600 % depuis 2004) — et la plus grande somme jamais investie en installations d’alimentation électrique à énergie renouvelable.

Ces statistiques devraient continuer à augmenter.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, les technologies d’énergie renouvelable devraient attirer un investissement cumulé total de 7,4 billions de dollars américains d’ici à 2040.

Simultanément, la baisse des prix de l’énergie renouvelable dans le monde a été spectaculaire, ce qui signifie que le même niveau d’investissement engendre une plus grande capacité de production installée.

Les coûts de l’énergie solaire aux États-Unis ont diminué de 64 pour cent depuis 2008, et les prix de l’énergie éolienne ont connu des baisses très semblables.

La compétitivité des énergies renouvelables est de plus en plus un fait reconnu dans de nombreuses régions des États-Unis et du reste de monde.

Le secteur privé réagit à cette situation, en voyant une occasion à saisir dans la demande accrue d’infrastructures, de villes et de systèmes énergétiques à l’épreuve du changement climatique.

Nous avons aussi vu la lutte contre le changement climatique prendre de la vitesse et gagner du terrain dans les mois qui ont suivi l’adoption de la Convention de Paris.

C’est en partie imputable au fait que ces changements sont de plus en plus visibles — de la fréquence accrue de terribles tempêtes, inondations, sécheresses et incendies de forêt aux inondations plus fréquentes des régions côtières dues à la montée du niveau de la mer et à la diminution de la production de nourriture.

Rien que cette semaine, par exemple, j’ai assisté à une réunion à Mexico avec des maires de nombreuses villes du monde pour discuter de nouvelles mesures à prendre pour faire face aux répercussions climatiques sur leurs villes.

Le monde a adopté les premières mesures, mais il faudra en faire bien davantage dans les années à venir — dans le cadre international pour la coopération et la responsabilisation créé par la Convention de Paris.

Ce sont les réalités d’une collectivité mondiale qui a clairement décidé d’agir face aux changements climatiques et de créer un avenir plus sûr et plus prospère pour les générations futures et, bien qu’il reste encore beaucoup à faire, ces faits me permettent d’espérer que le monde poursuivra sa recherche d’un avenir à faibles émissions de gaz carbonique.