Groupe de Mandela Washington Fellows de la promotion 2016 lors du sommet présidentiel YALI, le 3 août 2016. (photo IREX)

Rendre la jeunesse africaine autonome

Par Linda Thomas-Greenfield, secrétaire d’État adjointe aux Affaires africaines

Lors de ma visite à Nairobi cette semaine avec le secrétaire Kerry, nous avons rencontré un groupe extraordinaire de jeunes Africains participant à l’Initiative du président Obama pour les jeunes leaders africains (YALI). A chaque fois que je me rends en Afrique, je rencontre des YALI Fellows. Ils sont pour moi une source d’inspiration et la raison pour laquelle je crois tant en l’avenir du continent.

Le secrétaire d’État John Kerry, Catherine Russell, ambassadrice itinérante chargée des questions relatives aux femmes dans le monde, et la secrétaire d’État adjointe Linda Thomas-Greenfield ont rencontré à Abuja un groupe de jeunes femmes devenues autonomes ou ayant encouragé d’autres femmes à l’autonomie grâce à l’instruction. (photo : département d’État)

Dans son discours devant l’Union africaine en Éthiopie l’an dernier, le président Obama a déclaré : « L’entreprise la plus urgente pour l’Afrique aujourd’hui et dans les décennies à venir est la création de débouchés pour la génération qui arrive. » Soixante-dix pour cent des Africains ont moins de 25 ans et la population du continent devrait doubler pour atteindre 2 milliards d’habitants d’ici à 2050. Ces réalités démographiques expliquent en partie pourquoi nous devons faire en sorte que la jeunesse africaine soit engagée au sein de la collectivité et investie dans le futur de son pays — il s’agit d’un objectif primordial de YALI.

Cet été, mille jeunes leaders africains se sont rendus aux États-Unis dans le cadre du Mandela Washington Fellowship, le programme phare de YALI qui vise à donner aux jeunes plus de moyens grâce à des cours universitaires, une formation sur le leadership et la création de réseaux. Ces Fellows ont amené des innovations et des modifications positives au sein de leurs entreprises, institutions, collectivités et pays. Ce sont déjà des leaders. Le but de YALI est de leur fournir les outils leur permettant de devenir encore meilleurs dans ce domaine.

Linda Thomas-Greenfield s’adresse aux YALI Fellows lors du sommet présidentiel qui s’est tenu à Washington le 3 août 2016. (Photo IREX)

En début de mois, nous avons réuni les Fellows à Washington lors d’un sommet présidentiel durant lequel ils ont pu rencontrer Barack Obama. L’énergie renvoyée par ces jeunes gens était incroyable. J’ai eu le plaisir de leur parler à tous et voici une partie de ce que je leur ai dit.

On me demande souvent quel est le projet le plus important du gouvernement américain en Afrique sous le mandat du président Obama et quel héritage Barack Obama laissera en Afrique. Les réponses à cette question divergent selon les interlocuteurs, mais je n’ai qu’une réponse : YALI. Ce choix tient à plusieurs raisons. Mais la principale, c’est vous tous et ce que vous apportez à ce programme : vos talents, votre passion et votre potentiel.
On vous l’a déjà dit, mais je vous le répète : vous êtes l’avenir de l’Afrique et vous nous inspirez tous au quotidien par votre enthousiasme, vos ambitions et votre créativité. Vous constituez la raison pour laquelle, en dépit de tant de difficultés, nous poursuivons tous la lutte pour l’amélioration de l’Afrique.
L’autonomie des jeunes est au cœur des relations entre les États-Unis et l’Afrique. Notre mission consiste à nous associer à l’Afrique afin de promouvoir la démocratie, la paix, la prospérité et les débouchés. Et nous croyons que ces objectifs sont inextricablement liés à tout ce que nous entreprenons.
Nous devons également faire en sorte que les femmes soient pleinement engagées dans la collectivité et contribuent à la croissance de leur pays dans tous les domaines. Je suis ravie de constater que la moitié des Mandela Washington Fellows présents dans cette salle sont des femmes. L’une d’entre vous a dit le premier jour que les femmes devaient s’imposer, qu’elles devaient s’imposer sans réserve. Le moment est venu, a-t-elle annoncé, emparons-nous en. Nous savons que les pays africains ne peuvent réussir s’ils laissent à l’écart la moitié de leur population.
Surtout, je ne saurais trop vous conseiller de nourrir de grands rêves. Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia, a déclaré un jour lors d’une cérémonie de remise des diplômes à l’université Harvard : « La taille de vos rêves doit toujours dépasser votre capacité actuelle de les réaliser. Si vos rêves ne vous font pas peur, c’est qu’ils ne sont pas assez grands. » Vous avez tous un potentiel incroyable — ne vous imposez pas de limites.
Chacun d’entre vous, dans cette salle, va changer des vies. Vous allez changer la trajectoire de l’Afrique et du monde. J’en suis convaincue, aussi vrai que je me tiens aujourd’hui parmi vous.
Je sais que j’aurais du mal à continuer à m’occuper de toutes les crises que nous devons régler, des difficultés quotidiennes, à m’occuper de la guerre et de la paix sur le continent africain s’il n’y avait l’élan que vous nous fournissez chaque jour, à mes collègues et à moi-même.

Mon voyage au Kenya et au Nigeria s’achève, et c’est l’énergie que j’ai constatée chez tant de vos Fellows, membres des réseaux de YALI, et chez des millions de jeunes Africains travaillant au service de la collectivité qui me revient à l’esprit. Ils ont les moyens de changer les choses, bien sûr, mais aussi ils donnent aux autres les moyens de faire comme eux.

Ce billet a été publié le 25 août 2016 en anglais sur DipNote, le blog officiel du département d’État. Il s’agit pour partie de l’adaptation d’une allocution prononcée le 3 août 2016 lors du sommet présidentiel 2016 du Mandela Washington Fellowship. L’intégralité du discours ainsi que la vidéo sont disponibles ici. Ce billet a également été publié sur Medium.com.