À propos de l’amitié

Celle que l’on expérimente au quotidien, et celle qui est lointaine

Ulysse Lubin
Nov 19 · 5 min read
Check bro

Ce matin, j’ai reçu ce message de la part d’un ami qui est parti vivre au Canada il y a un an (déjà!).

Bonne idée, c’est parti !

Pas facile d’écrire à ce sujet. L’amitié fait partie de ces coins de mon puzzle auxquels j’ai le moins réfléchi.

Cette histoire risque d’être très personnelle et décousue. Après tout, vous commencez à avoir l’habitude de me voir digresser d’article en article !


J’ai toujours été très entouré. J’ai tendance à réfléchir plus en profondeur sur les problèmes et les choses que je souhaite voir évoluer plutôt que sur les choses qui me paraissent rouler naturellement.

Pourtant, rien n’est acquis.

Je considère l’amitié comme quelque chose de très important. Paradoxalement, je n’y mets pas beaucoup d’efforts. En soit, c’est simple de se sentir bien avec ses amis lorsque l’on est proche.

Le problème, c’est que lorsque l’on s’éloigne, si les efforts ne suivent pas… Alors que deviennent les amitiés ?

Il est difficile d’entretenir de nombreuses relations. Je n’aime pas ce mot : “Entretenir”. Une amitié ne s’entretient pas, elle se vit.

La plupart de mes bons amis habitent à Lyon. L’un d’entre eux, qui a déménagé vers Toulouse, m’expliquait dernièrement qu’il souffrait vraiment de l’éloignement. Je suis à Paris depuis bientôt 6 mois. Si je me fais assez naturellement de nouveaux amis, je commence à mieux comprendre ce qu’il voulait dire.

Faut-il sans cesse se faire de nouveaux amis, quitte à en perdre, ou bien se focaliser sur ceux que l’on a déjà ?

Je sais que je suis en train de négliger certaines relations. Je ne suis pas du genre à donner beaucoup de nouvelles, mais plutôt à entreprendre passionnément des choses en laissant le reste de côté pendant quelque temps. Pour autant, je n’oublie personne.

Si j’apprécie être entouré par beaucoup de monde, je n’ai pas besoin de tant d’amis. Si j’aime rencontrer de nouvelles personnes, je sais que je peux compter sur la fidélité de certaines pour le reste de mes jours.

La fidélité de certains Hommes vis-à-vis d’autres Hommes, ça, ça m’émeut aux larmes. Ça m’émeut aux larmes ! Je trouve ça beau, je trouve ça noble, je trouve ça très supérieur à tous les autres sentiments.
- Jacques Brel

Je suis quelqu’un de profondément fidèle en amitié.

J’ai un ami d’enfance que je vois très peu, peut-être tous les 6 mois. Pourtant, rien ne change. Notre complicité ne diminue pas avec l’âge. À chaque fois que je le revois, je me fais la réflexion suivante : Que c’est bon de ne pas se sentir contraint vis-à-vis d’une personne, en sachant qu’elle sera toujours là.

Je suis profondément attaché à ma liberté. Je veux pouvoir être heureux, seul ou accompagné. Je ne souhaite pas faire porter le poids de mon bonheur sur les épaules des autres.

Cette émancipation passe par la confiance. En premier lieu, la confiance en soi, mais aussi la confiance mutuelle avec les autres. Que ce soient mes amis, ma famille ou ma copine, je peux compter sur eux, et ils peuvent compter sur moi. Pour autant, je ne ressens pas d’obligation particulière.

C’est essentiel de ne pas se sentir contraint. Cela permet de construire des relations saines et durables.

L’éloignement nous fait expérimenter la fidélité.

Je me souviens d’un ami lyonnais disant à propos de Valou qu’il était en train de perdre des amis depuis qu’il était parti au Canada.

Des potes oui, mais je ne pense pas que l’on puisse perdre des amis ainsi.

Ah oui, Valou c’est celui qui m’a envoyé le message de l’introduction. C’est aussi celui avec qui j’ai fait le tour de l’Islande en 2016.

Et voilà, j’ai envie d’y retourner…

Je l’ai rencontré en école d’ingénieur. Suite au diplôme, il est parti vivre à Toulouse avant de déménager à Montréal.

J’ai vécu avec lui l’un de mes plus beaux, si ce n’est le plus beau, souvenir de ma vie. C’était un fameux coucher de soleil à Dyrholaey.

Là c’est moi, et c’est Valou qui se gèle les doigts pour prendre la photo :-)

Depuis qu’il est parti, on s’appelle tous les 3 mois environ. Il partage ma passion pour le voyage, et à chaque appel, je finis généralement par acheter un billet d’avion. C’était d’ailleurs son idée de partir en solo en Amérique du Sud.

Lorsque l’on décroche le téléphone, on se parle de nos vies, de nos rencontres amoureuses, de ce qui va bien et de ce qui ne va pas. Cela dure parfois des heures, parfois 15 minutes, et puis c’est reparti pour 3 mois.

On imagine souvent des projets un peu farfelus. Comme nous le sommes tous deux, parfois, ils se concrétisent.

Exemple typique de déclencheur

Les conversations que j’ai avec mes amis sont assez typées en fonction du socle qui a bâti l’amitié. Certains sont des voyageurs, d’autres des entrepreneurs ou encore des gamers. Je n’ai par exemple pas le besoin ni l’envie de parler de mes histoires de cœurs avec tous mes amis. Il en va de même pour mes projets.

Ce n’est pas parce que nous nous ne disons pas tout que nous ne sommes pas amis. (Alliteration en -npq)

L’amitié est souvent implicite. Elle n’est pas une science exacte.

Elle ne se définit pas par le temps passé avec une personne ou bien le nombre de messages envoyés.

Elle se définit par la qualité du temps passé, par la fidélité, par la confiance, et par cette faculté de traverser le temps.


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Ulysse Lubin

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