HISTOIRES DE FEMMES

PNUD Madagascar
Mar 8 · 9 min read

Une série de photographies des quatre coins de Madagascar qui vise à enrichir notre connaissance sur le rôle et la place des femmes dans les programmes du PNUD afin de ne laisser personne de côté.

A Madagascar, les femmes représentent plus de 50% de la population. Pourtant, elles demeurent exclues des cercles de décisions, sont victimes de discriminations, et subissent un accès limité aux ressources qui pourraient accroitre leur potentiel, améliorer leurs vies et booster leur contribution au développement du pays.
António Guterres, Secrétaire général de l’ONU à l’occasion de la Journée Internationale des Femme, 8 mars 2019.

L’égalité des genres est essentiellement une question de pouvoir. Nous vivons dans un monde dominé par les hommes où la culture l’est également. Ce n’est que lorsque nous nous fixons comme objectif commun les droits des femmes, un nouveau cap à prendre au profit de toutes et de tous, que nous commencerons à faire évoluer la situation.

GOUVERNER AVEC LES FEMMES

Seuls 20% des sièges au parlement sont détenus par les femmes. Comment aboutir à une gouvernance inclusive si plus de la moitié de la population n’est pas invitée à la table des décisions? En incluant les femmes dans les cercles de décisions, les stratégies et politiques prendront en compte des dimensions plus larges et inclusives du développement.

Le PNUD soutient la participation des femmes à la vie politique, le droit de participer aux décisions, mais aussi le droit effectif au vote qui doit permettre aux femmes de choisir leurs dirigeants et de leur réclamer des comptes.

Dans le cadre du projet de Soutien au Cycle Électoral à Madagascar (SACEM), le PNUD, en collaboration avec la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et ses partenaires, a mis l’accent sur l’inscription d’un maximum de femmes dans le fichier électoral. L’appui à la Révision Annuelle de la Liste Électorale (RALE) fût l’activité majeure qui a permis de faire de la participation des femmes au processus électoral une réalité. Les campagnes de sensibilisation de proximité déployées dans le cadre de la RALE ont particulièrement visé les femmes, surtout en milieu rural. Une approche qui à donner l’opportunité à plus de 4 500 000 femmes de participer aux élections présidentielles. En 2018, les femmes représentaient 46% du fichier électoral. Il est attendu que cet acquis soit également exploité pour la participation des femmes aux élections législatives prévues en 2019.

Afin de jouer la carte de la proximité avec la population féminine, les campagnes de sensibilisation de la province de Toliara ont été rythmées par les Bloco Malagasy. Ces jeunes filles originaires des quartiers défavorisés sont connues pour être des modèles de lutte contre l’exclusion sociale et les grossesses précoces des jeunes filles. Armées de leurs tambours, elles ont fait des percussions afro-brésiliennes un canal d’expression et de sensibilisation à la participation des femmes aux processus électoral.

FEMMES, PAIX ET SÉCURITÉ

La résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité préconise de faire participer les femmes à l’établissement de la paix, de mieux les protéger contre les violations de leurs droits fondamentaux et de leur donner accès à la justice.

Avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix, le PNUD travaille avec les Forces de défense et de sécurité, l’UNICEF, le FNUAP et le Ministère de la Justice pour lutter contre les violences basées sur le genre, promouvoir une justice de proximité, et réduire les discriminations sexospécifiques dans les Forces de défense et de sécurité.

En somme, il est important que les femme soient des agents de changement avérés et qu’elles aient confiance à la justice et aux services publics de sécurité.

Les cliniques juridiques “Trano Aro Zo” sont des institutions para-juridiques de conseil, d’orientation et de conciliation. Avec l’appui du PNUD, elles sont devenues de véritables structures de proximité pour les règlements de différends et une alternative aux voies judiciaires habituelles, notamment pour les femmes. En 2018, les femmes ont représenté 80% des personnes vulnérables ayant bénéficié des services des cliniques juridiques.

Pour aller plus loin, le PNUD a dupliqué les réussites des cliniques juridiques et de l’accès à la justice dans le Sud de Madagascar. Une zone où un sentiment de marginalisation et d’insécurité affecte les populations. Il est attendu que le dispositif des cliniques juridiques soutienne une meilleure protection des droits de l’homme ainsi qu’une désengorgement des services administratifs et judiciaires.

Depuis 2014, Madagascar a entamé son processus de Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) en conformité avec les engagements internationaux et régionaux du pays sur la prise en compte de la dimension genre comme un des axes prioritaires de la RSS. La représentativité et la participation des femmes dans le secteur de la sécurité et particulièrement au niveau des forces de l’ordre est ainsi un thème récurrent dans la Lettre de Politique Générale de la RSS (LPG-RSS). Cette dernière porte une attention particulière à la carrière non discriminatoire des éléments féminins au sein des différents piliers de la RSS, à la prise en compte de leurs aptitudes à la résolution pacifique des conflits, mais également en termes de prévention et de prise en charge des cas de Violence Basée sur le Genre (VBG).

Des séances de plaidoyer et de formation à l’égard des Forces de défense et de sécurité ont permis d’améliorer l’intégration du genre et de renforcer la participation des femmes dans les centre de formations et Grandes Écoles de ces corps de métiers.

Si la norme posée par la Communauté de développement d’Afrique Australe (SADC) est de respecter le ratio de 30% de femmes constituant les forces de l’ordre, à Madagascar moins de 5% des éléments tous confondus de l’armée, de la gendarmerie et de la police sont des femmes. Le PNUD intervient avec les Forces de défenses et de sécurité afin d’accroître le nombre des femmes dans les forces de sécurité et ainsi renforcer l’accessibilité des victimes de femmes et des filles victimes de violences aux services de traitement et de prise en charge. C’est également, augmenter les capacités de ces dernières à briser le silence.

LE PARCOURS DES COMBATTANTES

Dans le monde, les femmes gagnent, en moyenne, à peine plus de 50 % de ce que gagnent les hommes. En plus de ces inégalités de salaire, les femmes doivent faire face à des barrières socio-culturelles qui réduisent leur accès aux ressources essentielles que constituent le crédit, le prêt, ou encore l’héritage.

Avec un travail invisible qui n’est ni reconnu, ni récompensé, les femmes placent généralement les besoins sanitaires et alimentaires de leurs familles avant les leurs. L’accès à l’éducation des filles est peu garanti, et la participation des femmes à la prise de décisions dans le foyer, comme au sein de la communauté, demeurent faibles. Tous ces paramètres créent un cercle dans lequel la pauvreté peut prendre plusieurs facettes mais le résultat est le même : être dans un cycle de pauvreté réduit les chances et les opportunités d’avoir accès à une vie meilleure. Pourtant, la pauvreté n’est pas une fatalité.

Dans cette vidéo Voahangy partage avec le public son parcours pour sortir de la pauvreté malgré les obstacles qu’elle a pu rencontrer, notamment dans son propre foyer.
La région Androy est une zone chroniquement aride et sujette aux sècheresses cycliques qui entrainent presque tous les 5 ans une situation d’urgence humanitaire.

LES DÉFIS DE L’ANDROY

Région aride, enclavée, extrêmement vulnérable aux effets du changement climatique et sujette aux crises cycliques et aux sècheresses à répétition, l’Androy est la zone des principales interventions du PNUD. Objectif : attaquer les racines profondes de la vulnérabilité et construire la résilience des communautés.

Dans ce contexte, le PNUD fournit des efforts considérables pour sortir durablement les plus vulnérables de l’extrême pauvreté, surtout les femmes. Le mécanisme lancé par le PNUD est celui d’ argent contre travail assorti d’épargne qui permet aux plus pauvres d’avoir un revenu immédiat, grâce aux travaux communautaires, tout en se constituant une épargne pour le lancement d’activités génératrices de revenu. L’extrême pauvreté est durablement réduite et la nouvelle vie des infrastructures profitent à la communauté.

Pour Fanja, travailler sur le site d’argent contre travail assorti d’épargne lui permet de faire face à la stérilité du sol qui ne permet pas de produire des denrées alimentaires. En même temps, elle contribue à la réhabilitation d’un barrage hydraulique qui sera utile pour sa communauté.

Plus de 2000 femmes de la région Androy ont pu lancer des activités génératrices de revenus grâce aux épargnes et aux sessions d’éducation financière dispensées en partenariat avec l’institution de microfinance OTIV. L’organisation des femmes en Groupement d’Entraide Communautaire Villageois (GVEC) met à leur disposition un outil adapté au financement des leur activités ou encore une alternative à la perte soudaine de revenus. Par ailleurs, trois services financiers adaptés aux femmes (types de prêts, facilités de remboursement, etc.) ont été développé en partenariat avec OTIV avec des taux avantageux.

Pour aller plus loin et tenant compte des facteurs socio-anthropologiques de la région, le PNUD collabore avec le Centre Universitaire Régional de l’Androy (CURA) pour déployer des approches favorables à la participation des femmes aux processus de décisions et à la réduction des comportement anti-économiques qui dilapident le patrimoine des familles les plus pauvres.

EXPLOITATION ET CONSERVATION DES RESSOURCES NATURELLES : LA MAIN VERTE DES FEMMES

Le PNUD s’attache à la transition vers un développement durable qui limite les dommages irréversibles à l’environnement et dans lequel la croissance économique bénéficierait à tous, surtout aux femmes. L’approche équilibriste du PNUD est de concilier une exploitation durable des ressources naturelles aux activités de conservation sur cette île qui abrite 5% de la biodiversité mondiale tout en étant très vulnérable aux effets du changement climatique. Pour les femmes, qui constituent les groupes vulnérables avec les jeunes, l’exploitation des chaînes de valeur et les emplois verts tels que le raphia, le tourisme, ou encore la pisciculture sont des tremplins idoines pour sortir de la pauvreté sans perdre le capital naturel.

Le projet de Réseau d’Aires Protégées de Ressources Gérées (MRPA) 2013–2017 a appuyé la création et la gestion de 1,4 million d’hectares de nouvelles protégées aux fins de développement durable avec l’appui du Fonds pour l’Environnement Mondial. Sur la période, plus de 3000 femmes ont ainsi bénéficié d’emplois verts qui ont amélioré les moyens de subsistance des communautés.

Dans le Complexe de Mahavavy Kinkony, site couvert par le projet, les femmes ont pu améliorer leur revenus grâce à une exploitation proportionnée du raphia. Les forêts de raphia sont gérées par les femmes qui s’assurent que les arbres exploités sont remplacés par de nouveaux plants afin de préserver le noyau dur.
Les sites qui disposent d’un grand potentiel en sources d’eau, tel que le village d’Amberivery dans l’aire protégée de Bémanivaka, ont pu bénéficier d’une PICO Centrale Hydroélectrique construite en partenariat avec la Fondation Tany Meva, l’Agence de Développement et de l’électrification Rurale (ADER) et l’appui des communautés locales.
Cette installation permet de générer de l’énergie renouvelable et non polluante via un réseau long de 4,5 km tout en sécurisant la ressource en eau. Pour les femmes d’Amberivery, cette source d’énergie va leur permettre d’utiliser des équipement pour s’adonner à des activités génératrices de revenus (machine à coudre ou encore congélateur pour la conservation du poisson).

TOURISME

Dans le cadre du projet MRPA, sept sites de tourisme solidaires et équitables ont été appuyés par le PNUD avec la participation active des femmes en tant que membres à part entière des communautés locales.

Aujourd’hui, le projet MRPA continue de porter ses fruits, gage de la durabilité des actions de développement inclusives, adaptées et acceptées par les populations.

Texte : Ramatoulaye Moussa Mazou

Crédits photos : ARSSAM, Carlos Crespo, CENI Madagascar, Josselin Bremaud, MRPA, Raj Hassanaly, Ramananjafy Randrianandrasana, Ramatoulaye Moussa Mazou

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