Saison 1, épisode 5 : The Dead Planet
ou : Docteur, mon Docteur
“Chante, déesse, du Péléiade Achille la colère désastreuse, qui de maux infinis accabla les Achéens, et précipita chez Hadès tant de fortes âmes de héros, livrés eux-mêmes en pâture aux chiens et à tous les oiseaux carnassiers.” “L’Illiade” chant 1
Ils apparaissent sur une nouvelle planète. Inconnue, déserte apparemment. Au-dehors, une jungle. Toute d’arbres pétrifiés, plus rien ne bouge. Quelque chose s’est produit, quelque chose a tout figé. Ils ne savent pas quoi. Ni Barbara, ni Susan, ni Ian, ni même le Docteur. Mais justement. Le Docteur veut savoir. Le Docteur veut explorer cette forêt et la grande ville de métal qui s’étend de l’autre côté de la forêt.

Il a changé le Docteur, il est différent. Ou peut-être que c’est parce qu’on ne faisait pas assez attention à lui. Faut dire qu’entre les hommes préhistoriques, les courses dans la jungle et les hurlements de Susan, on avait pas trop le temps. Mais voilà. Le Docteur a récupéré de ses péripéties préhistoriques. Et s’impose. On marchera jusqu’à la Cité d’Airain. Il est inquiétant ce vieux bonhomme sortit d’on ne sait où. D’autant plus inquiétant que nous on sait. On a vu. C’est lui qui a saboté le Tardis. Barbara, Ian, il faut nous croire. C’est à cause de lui que vous êtes coincés. Il est pas bien, c’est un malade, il faut pas lui faire confiance. Pour une fois c’est Susan qu’il faudrait écouter. Celle qui hurle qu’on lui a touché l’épaule. Qu’il y a quelqu’un parmi ces arbres pétrifiés.
Ils ne nous entendent pas, ils lui font confiance.

“L’enfer” (Jérome Bosch)
La ville est vide. Morte, silencieuse. Les personnages errent dans les couloirs, les acteurs parcourent sans fin le même décor dans des angles différents. Et comme on est en 1963, comme Internet et reddit, ça n’existe pas encore, ils se séparent, ces imbéciles. Dans l’espoir de trouver plus vite de quoi faire repartir ce foutu Tardis.
Et c’est la rencontre, la première rencontre. Une scène à la Julien Sorel et Madame de Rénal en quelque sorte. Alors qu’elle tourne un coin, Barbara va découvrir le Monstre.
Non.
Non, c’est pire. La caméra avance maladroitement en vue subjective, elle oscille. Il y a ce bruit de voiture téléguidé. Et ce que nous voyons, nous à l’écran, c’est Barbara, c’est une terrienne apeurée qui hurle de désespoir. Parce qu’elle nous a vu.
Nous le Dalek.
