Dépenser moins pour mieux nourrir son enfant.

La lutte contre la malnutrition chronique dans la commune de Bumbu à Kinshasa.

Kadi allaitant son jeune nourrisson

Kadi, 35 ans et mère de 3 enfants, dont la dernière, Héléna, âgée de 6 mois, est blottie contre son sein, observe les participantes de la démonstration culinaire organisée par le groupe de soutien du quartier Mbandaka I de la commune de Bumbu, à Kinshasa, prendre place une à une au milieu de sa cour. « J’accueille les réunions du groupe chez moi afin que mes voisines puissent bénéficier des mêmes enseignements que moi. J’ai suivi les conseils nutritionnels des relais communautaires sur l’allaitement et l’alimentation de mes enfants, et grâce à ça ils sont tous en bonne santé… et sages », précise-t-elle. « J’ai commencé à préparer la bouillie à l’aide d’aliments locaux avec mon deuxième enfant. Au premier, j’avais donné des Cerelac (une bouillie toute prête à base de céréales — NDLR). Je payais une boite 4000 francs (environ 2,5US$) qui me durait 1 semaine. Maintenant, avec seulement 3000 francs, je peux préparer de la bouillie pour 2 à 3 semaines ! ».

La lutte contre la monotonie alimentaire

Non seulement la bouillie préparée à base de produits locaux est plus économique, mais, si elle contient des ingrédients variés, elle est aussi bien plus équilibrée, et favorise la croissance des enfants en bonne santé. La monotonie alimentaire est en effet un facteur majeur de la malnutrition chronique en République Démocratique du Congo. Contrairement à la malnutrition aiguë, qui se manifeste par une émaciation grave ou un œdème nutritionnel, elle fait des ravages sur une période plus longue. En retardant la croissance physique et intellectuelle de l’enfant, la malnutrition chronique a un impact direct sur le bien-être des enfants, leur croissance, leur développement cognitif et leur scolarité. C’est le message que souhaite faire passer le groupe de soutien en organisant une démonstration culinaire chez Kadi aujourd’hui.

Une bouillie économique

Une réunion pour apprendre la recette de la bouillie menée par un relais communautaire

Réunies sous un arbre, certaines des femmes présentes ont déjà été sensibilisées et appliquent, comme Kadi, les conseils des relais communautaires. Ainsi, Sophie, âgée de 35 ans et mère de 3 enfants témoigne. « Après 6 mois d’allaitement exclusif, je prépare à mes enfants une bouillie à base de soja, maïs, poisson fumé, chenilles, et légumes. Avec un budget de 10US$, je peux nourrir un enfant pendant 3 mois ». D’autres, au contraire, découvrent qu’il est possible de préparer un repas préparé à base de recettes et produits locaux et de mieux nourrir ses enfants tout en dépensant moins d’argent. Ainsi, Tondo, 35 ans également, et mère de 4 enfants, bien qu’ayant reçu des conseils nutritionnels lors des consultations prénatales, nourrit ses enfants de bouillie Cerelac car elle craint que les aliments pour adultes ne constipent ses enfants.

La bouillie en cours de préparation

Elles sont nombreuses comme Tondo, et ses démonstrations culinaires, organisées dans l’ensemble de la République démocratique du Congo par l’UNICEF, permettent d’informer les mères et de vaincre les réticences. À travers le pays, afin de lutter contre la malnutrition chronique, l’UNICEF s’est engagé à faire la promotion de pratiques alimentaires et d’hygiène adéquates, accessibles et adaptées, notamment l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois puis avec une alimentation de complément riche, équilibrée, peu onéreuse et disponible localement jusqu’à 24 mois.

Dégustation de la bouillie 4*
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